La révision du loyer en cours de bail

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Comment, quand et pourquoi votre loyer peut évoluer en cours de bail?

L'indexation du loyer

Le loyer indiqué dans le contrat est susceptible d'évoluer au cours de la location, si vous conservez le logement plus d'un an.  Le contrat de location doit préciser le montant du loyer, et indiquer l'indice de référence des loyers (IRL) selon lequel la révision annuelle de loyer sera faite. L'indice indiqué dans le contrat est le dernier connu à la date de la signature du contrat. Pour réviser le loyer il faut toujours utilisé le même indice.

Les indices de référence des loyers sont publiés par trimestre. Il y a quatre trimestres par an, vous pouvez consulter les indices nécessaires à l'indexation annuelle des loyers. Attention ils ne sont pas alignés sur les trimestres civils. Ils paraissent respectivement en:
- avril pour le 1er trimestre
- juillet pour le 2e trimestre
- octobre pour le 3e trimestre
- janvier pour le 4e trimestre
Vous pouvez consulter les indices ici

La révision du loyer est la procédure qui permet, lorsqu'une clause d'indexation du loyer est prévue au contrat, de réviser annuellement le loyer. Chaque année, à la date convenue entre les parties ou à défaut à la date d'anniversaire du contrat, une indexation peut être faite. L'augmentation du loyer ne peut excéder la variation de l'indice de référence des loyers (IRL) que publie l'INSEE.

 Une fois l'indice connu pour calculer la variation de votre loyer vous devez appliquer cette formule: Ancien loyer X nouvel indice / ancien indice

Exemple de calcul d'indexation
Bail signé 1er novembre 2016 avec un loyer de 700 €
L'IRL indiqué était celui du 3e trimestre 2016, soit 125,33
Le 1er novembre 2017, le loyer est révisé pour la première fois. Le nouvel indice du 3e trimestre est de 126,46

Le calcul
700 €  (ancien loyer) X 126,46 (nouvel indice) / 125,33 (ancien indice) = 706, 31 € (nouveau loyer)

Plus simple vous pouvez utiliser notre calculette pour simuler l'indexation de votre loyer.

Calculez l'évolution de votre loyer

 

L'indexation du loyer reste une possibilité. Le bailleur peut faire le choix de ne pas la prévoir dans le contrat de location. Et, lorsqu'elle est prévue, le propriétaire peut ne pas la demander au locataire d'une année sur l'autre ou pendant toute la durée de location.

Attention! La loi Alur encadre désormais les délais le l'indexation. Le bailleur doit expressément manifester sa volonté d'indexer le loyer par courrier, mail, etc.

A défaut de manifester sa volonté de réviser le loyer dans un délai d'un an suivant la date de prise d'effet, on considère qu'il a renoncé au bénéfice de la révision pour l'année écoulée. Une fois la notification reçue, vous devez ajuster le loyer pour la prochaine échéance. Les indexations ne peuvent plus être rétroactives depuis la loi Alur. Si l'indexation aurait dû être faite en septembre et que le propriétaire ne vous la notifie qu'en décembre, elle s'appliquera pour l'échéance de janvier.

Vous restez redevables jusque 3 ans après leur notification des indexations qui vous ont été notifiées et que vous n'avez pas honorées

 Réévaluation du loyer pour travaux

Les travaux d'amélioration

Hormis l'indexation du loyer en cours de bail, le loyer ne peut être augmenté qu'à une exception: lorsque des travaux sont réalisés pendant la location. Pour que cela soit possible, le contrat doit l'avoir prévu dès sa signature dans une clause de travaux d'amélioration.

La clause doit préciser la nature des travaux, leurs modalités de réalisation, le délai de réalisation ainsi que le montant de la majoration du loyer qui va en résulter.

Il ne peut s'agir de travaux de mise aux normes. En effet ce type de travaux ne peuvent jamais être mis à la charge du locataire.

Les travaux d'amélioration peuvent être réalisés par le propriétaire ou la copropriété (installation d'éléments de confort ou d'équipements nouveaux comme le remplacement de fenêtres par du double-vitrage, installation d'ascenseur, etc.). La majoration s'applique dès que les travaux sont réalisés.

Les travaux d'économie d'énergie

La loi permet aux propriétaires de faire supporter au locataire une partie du coût des travaux d'économie d'énergie qu'ils réalisent dans le logement.

Ce partage ne concerne que les logements loués vides et achevés avant le 1er janvier 1990

Le propriétaire doit avoir mis en œuvre un bouquet de travaux ou fais atteindre au logement un niveau de "performance énergétique globale minimale".

Le bouquet de travaux doit combiner au moins deux des actions suivantes:
- travaux d'isolation thermique des toitures,
- travaux d'isolation thermique des murs donnant sur l'extérieur,
- travaux d'isolation thermique des fenêtres,
- travaux de remplacement des équipements de chauffage ou de production d'eau chaude,
- travaux d'installation d'équipements de chauffage utilisant une source d'énergie renouvelable,
- travaux d'installation d'équipements de production d'eau chaude sanitaire utilisant une source d'énergie renouvelable.

La contribution mensuelle du locataire se calcule selon une contribution forfaitaire ou réelle

Contribution forfaitaire

La somme est fixe et non révisable. Elle est de :
- 10 € pour les studios,
- 15 € pour les 2 et 3 pièces,
- 20 € pour 4 pièces et plus.

Contribution réelle

La contribution peut être calculée pour son montant réel, c'est à dire en fonction de l'économie réelle obtenue. Cette somme fixe et non révisable, ne peut excéder la moitié de l'économie d'énergie estimée du logement. Pour savoir quelle économie a été réalisée, une étude thermique doit avoir été réalisée par un professionnel avant les travaux.

Pour que la contribution aux travaux d'économie d'énergie soit exigible, les travaux doivent avoir été envisagés en concertation avec le locataire qui doit en pratique donner son accord.

Cette contribution doit être limitée dans le temps.

La réévaluation d'un loyer manifestement sous-évalué

Les conditions de la location (notamment le loyer) fixées lors de la signature du contrat ne doivent pas être modifiées en cours de bail. Une exception toutefois: le propriétaire qui juge son loyer sous-évalué peut à l'occasion d'un renouvellement demandé l'augmentation du loyer.

Le propriétaire doit respecter un formalisme strict: au moins 6 mois avant l'échéance du bail (délai identique en location vide et meublée), il doit vous proposer de signer un nouveau contrat avec un nouveau loyer. Le loyer proposé doit être déterminé par référence aux loyers habituellement constatés dans le voisinage pour des logements comparables.

Le propriétaire doit fournir des 6 références au minimum dans les communes faisant partie d'une agglomération de plus d'un million d'habitants et 3 références dans les autres zones géographiques. Les 2/3 des références doivent concerner des logements loués depuis plus de 3 ans.

En zone tendue, l'augmentation de loyer est plafonnée à la moitié de la différence entre la moyenne des loyers de référence fournis et le loyer du locataire en place.

Si les 2 parties sont d'accord, elles signent un nouveau contrat ou simplement un avenant qui prend en compte le nouveau loyer.

En cas de désaccord entre les parties 2 options:

  • le juge est saisi, il fixe alors judiciairement le loyer qui s'impose aux partie,
  • le juge n'est pas saisi, le contrat est reconduit aux même conditions.

Calcul de la révision de loyer

Chaque année, à la date anniversaire du contrat, le propriétaire peut demander la révision du loyer en fonction de l'évolution de l'IRL. Mais de combien ?

Calculez votre nouveau loyer

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