Budget 2026 : les propriétaires (enfin) avantagés, sauf si…

Laurent Lamielle
Publié par Laurent Lamielle
le 11 janvier 2026
Juriste chez PAP.fr

Le budget 2026 doit répondre aux besoins urgents du secteur du logement et de l'immobilier. Baisse d'impôt sur les plus-values et les revenus fonciers, création du « statut du bailleur privé », amélioration du prêt à taux zéro : enfin des mesures pour lutter contre la crise du logement ?

Le budget 2026 doit contenir des mesures favorables aux propriétaires comme la baisse de l'impôt sur la plus-value.
Le budget 2026 doit contenir des mesures favorables aux propriétaires comme la baisse de l'impôt sur la plus-value. © Victor Velter/Shutterstock

📌 En résumé

Le budget 2026 en discussion doit contenir des mesures en faveur des propriétaires qui vendent, achètent ou louent un logement.

Plus-valuesBaisse d'impôt sur les plus-values pour inciter à vendre.
AchatAmélioration du PTZ pour soutenir l'accession à la propriété.
LocationStatut du bailleur privé et micro-foncier amélioré pour encourager la location vide.
DPESuperdéficit foncier pour faciliter la rénovation thermique des locations.
CSG18,6 % de CSG et autres prélèvements sociaux pour le LMNP en 2026 (17,2 % en 2025).

La discussion sur le projet de loi de finances reprend cette semaine pour donner à la France un budget pour 2026. En matière de logement et d’immobilier, le budget doit idéalement répondre à trois défis majeurs : construire, loger et s’adapter au dérèglement climatique. Même si un big bang législatif n’est pas en vue, déficit budgétaire oblige, des petits pas sont (très) attendus.

Sujets Budget 2026
Construire Relancer l'investissement locatif dans le neuf : statut du bailleur privé
Construire Inciter à la vente de terrains : alléger l'impôt sur la plus-value
Construire Favoriser l'achat : améliorer le prêt à taux 0 %
Loger dans le privé Soutenir les bailleurs : baisse d'impôt sur les revenus fonciers
Écologie Aider à améliorer le DPE
Écologie Encourager l'achat dans l'ancien réhabilité

Urgence ! Le budget 2026 doit impérativement s'attaquer à la violente crise du logement : parc locatif privé en chute libre, propriétaires moroses, construction neuve anémique, etc.

💰Favoriser les vendeurs : baisse d’impôt sur la plus-value

Cela fait maintenant plus de 12 ans qu'a eu lieu la dernière baisse de la taxation des plus-values immobilières des particuliers. Depuis lors, l'imposition globale n'a fait qu'augmenter pour atteindre, en janvier 2026, 36,2 % (19 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de CSG, CRDS et autres prélèvements sociaux). Par ailleurs, il faut atteindre aujourd'hui 30 ans de détention pour être exonérée de toute imposition.

Résultat : le mécanisme actuel incite à repousser une vente pour payer moins d'impôts ce qui pénalise le marché immobilier et surtout la construction car des terrains à bâtir restent inutilisés.

Pour remédier deux types de réformes alternatives sont envisagées

1️⃣Réduire un peu l'imposition en augmentant les abattements pour durée de détention

L'idée est d'accélérer les abattements pour :

  • Être exonéré d'impôt plus tôt, au bout de 17 ans contre 22 ans aujourd'hui ; 
  • Payer un impôt moindre qu'aujourd'hui en cas de vente pendant les 17 premières années de détention.

🚨Cette réforme ne concernerait que la part d'impôt de la taxation de la plus-value (19 %) ; les prélèvements sociaux, au taux de 17,2 %, resteraient dus pendant 30 ans. Cette réforme aboutirait néanmoins à diminuer l'impôt de plusieurs milliers d'euros pour chaque vente ! 

2️⃣Réduire beaucoup l'imposition des plus-values en changeant les règles

L'idée est de supprimer tout abattement pour durée de détention, ce qui permettrait de taxer un bien détenu depuis 50 ans, mais de baisser fortement la taxation à la ramenant à 15 % contre 36,2 % à ce jour. Par ailleurs, le coefficient d'érosion monétaire serait utilisé pour tenir compte de l'inflation, permettant ainsi de limiter l'ampleur de la plus-value à taxer.

👉Si cette réforme aurait le mérite de fluidifier le marché en dissuadant les propriétaires d'attendre le plus possible pour vendre, elle semble trop favorable aux vendeurs pour être adoptée, alors que le déficit budgétaire est abyssal et le Gouvernement cherche un compromis avec la gauche parlementaire.

Résidence principale : pas d'impôt ! Chacun peut être rassuré : la plus-value réalisée lors de la vente d'une résidence principale restera totalement exonérée en 2026 ! 

Combien vaut votre logement ?

Adresse du bien :

Type de bien :

Soutenir les propriétaires bailleurs : micro-foncier plus avantageux

Aujourd'hui, les propriétaires se détournent de la location vide. Si les raisons de cette désaffection sont multiples, la fiscalité moins attractive que celle des locations meublées en est une.

🆕 Pour atténuer le différentiel entre les deux types de location, il est question d'augmenter le taux d'abattement du micro-foncier, aujourd'hui de 30 %, pour le porter à 50 %, à l'identique du micro-BIC. 

Régime fiscal 2025 2026
Micro-foncier 30 % jusqu'à 15 000 €/an 50 % jusqu'à 15 000 €/an
Micro-BIC 50 % jusqu'à 77 000 €/an 50 % jusqu'à 77 000 €/an

Bémol : le seuil d'éligibilité du micro-foncier pourrait rester de seulement 15 000 €/an et ce régime continuerait de ne concerner que les « petits bailleurs ».

Relancer l'investissement locatif dans le neuf : le « statut du bailleur privé »

Aujourd'hui, la production de logements neufs est au plus bas, la rénovation énergétique patine et le parc locatif privé est exsangue. 

🆕 Pour remédier à cette situation, il va être créé un « statut du bailleur privé ». Attention : derrière ce terme un peu pompeux, c'est beaucoup plus un nouvel investissement locatif dans le neuf et l'ancien réhabilité qu'un dispositif fiscal bénéficiant à tous les bailleurs !

👉L'avantage fiscal : l'amortissement du prix du logement 

L'idée est de permettre aux propriétaires bailleurs de déduire de leurs loyers une partie de la valeur du logement, jusqu'à 4 %/an pour les logements acquis neufs et 3,5 %/an pour les logements anciens, avec un maximum de déduction de 10 000 €/an.

Le taux d'amortissement serait majoré pour les bailleurs qui s'engagent dans de la location intermédiaire, sociale ou très sociale, donc à louer moins cher que le marché. 

👉Les conditions pour bénéficier de l'amortissement

Le « statut du bailleur privé » vise à soutenir le neuf et l'ancien avec travaux, la location vide et incite à la location à des loyers modérés (sans y obliger). 

Paramètres de l'investissement Règles du « statut du bailleur privé » 2026
Type d'investissement Neuf ou ancien avec au moins 20 % de travaux
Type de logement Appartement ou maison
Type de location Location vide uniquement
Durée de l'engagement de location 9 ans minimum
Plafonds de loyer dans le neuf Non sauf si location intermédiaire/sociale
Plafonds de loyer dans l'ancien Oui
Plafonds de ressources du locataire Non mais cela reste incertain
Sort des amortissements Réintégration dans le calcul de la plus-value

Sont donc notamment exclus tous les investissements réalisés avant 2026, tous ceux qui louent en meublé (LMNP et LMP) ainsi que l'ancien sans gros travaux d'amélioration.

Ce statut du bailleur privé sera optionnel et rien n'obligera à s'y engager !  

Améliorer le DPE : un « superdéficit foncier » pour réaliser des travaux

Aujourd'hui, un propriétaire bailleur qui réalise beaucoup de travaux dans ses locations peut imputer son déficit foncier sur son revenu global, et donc réduire son impôt sur le revenu, à hauteur de 10 700 €/an. Or, ce seuil a été au cours de ces trois dernières années rehaussé à 21 400 € en cas de travaux de rénovation énergétique qui améliorent le diagnostic de performance énergétique (DPE) ; une baisse d'impôt pour les propriétaires vertueux en résumé.

🆕 En 2026, il est envisagé de prolonger ce coup de pouce fiscal qui a pris fin pour aider à la rénovation des « passoires thermiques ». C'est indispensable si l'on considère l'inquiétant calendrier des interdictions de louer, les DPE G depuis 2025, le F en 2028, et ce même si des assouplissements, notamment pour les locations en copropriété, sont attendus en 2026. 

Cette baisse d'impôt n'est possible que dans le cadre de la location vide.

🏠Pour une France de propriétaires : améliorer le prêt à taux 0 %

Le prêt à taux zéro (PTZ) aide les primo-accédants à financer une partie de leur résidence principale. Il s’applique aux acquisitions de logements neufs sur tout le territoire, y compris la construction de maison individuelle. Dans l'ancien, le PTZ finance l'achat d'un logement sous condition de travaux dans les villes petites et moyennes.

🆕Pour 2026, afin de poursuivre la relance de l’accession à la propriété, et ainsi réduire la pression sur le marché locatif, il est envisagé :

  • D'augmenter le montant du PTZ pour que plus de particuliers puissent acheter ;
  • D'ouvrir le PTZ aux acquéreurs successifs d’un bail réel solidaire (BRS) ; 
  • D'étendre l’éligibilité au prêt à taux zéro (PTZ) dans l'ancien avec travaux à la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et La Réunion, territoires où le parc immobilier privé est souvent dégradé et où la vacance est importante. 

Punir le LMNP : hausse de la CSG et menace sur l'amortissement

Après la loi Le Meur de 2024 qui a alourdi la fiscalité des meublés de tourisme et la loi de finances pour 2025 qui a imposé la réintégration des amortissements déduits dans le calcul de la plus-value du LMNP, la tendance à pénaliser la location meublée se poursuit en 2026. L'idée est toujours la même : orienter les particuliers et investisseurs vers la location vide.

👉Hausse de la CSG pour le LMNP : + 1,4 %

🆕Il s'agit de la seule disposition fiscale définitivement actée : le taux de la CSG passe en 2026 de 9,2 à 10,6 % pour le loueur en meublé non professionnel (LMNP) qui est imposé dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) alors que le taux reste inchangé pour la location vide (revenus fonciers). Cela correspond à une hausse de plus de 8 % de l'imposition des loyers et charges !

2026 : taux global des prélèvements sociaux (CSG, CRDS et prélèvement solidarité) selon le type de location 

Types de location Prélèvements sociaux
Location vide 17,2 %
Location meublée (LMNP) 18,6 %*
Location meublée (LMP) Cotisations URSSAF

*Ce taux s'applique sur les revenus 2025 à déclarer au printemps 2026.

👉Amortissement : coup de frein en 2026 ?

Aujourd'hui, le régime fiscal du LMNP au réel est prisé car très avantageux fiscalement. En effet, en plus des frais et charges habituellement déductibles (travaux, taxe foncière, etc.), le propriétaire peut déduire des loyers et charges une partie de la valeur du logement (c'est l'amortissement). Or, les taux d'amortissement actuels, souvent supérieurs à 4 % les premières années, sont jugés trop élevés/avantageux par certains parlementaires.

🆕En 2026, la remise en cause du principe de l'amortissement n'est pas d'actualité mais celle de son taux est envisageable. L'objectif est toujours le même : « résorber le déséquilibre existant entre les régimes fiscaux applicables à la location nue et à la location meublée non professionnelle ».

Il a été question un temps de fixer l'amortissement à un montant de 2 % par an de la valeur du bâti, ce qui diminuerait énormément l'attrait du LMNP. Plus probablement il est possible que le taux d'amortissement soit aligné sur celui qui sera fixé dans le cadre du « statut du bailleur privé » (3 ou 4 %). 

Sources : 

💬 Restez informés

Pour suivre les tendances immobilières et recevoir des invitations exclusives à nos événements, indiquez votre adresse e-mail ci-dessous.

C'est noté, parfait ! Gardez un œil sur votre boîte mail.

🗓️ Participez gratuitement aux ateliers de l'immobilier !

PAP - Particulier à Particulier organise toutes les semaines des ateliers gratuits réservés aux particuliers.

14 juillet 2026 à 12h30 -
Vendre son bien immobilier

Participez à notre atelier en ligne Vendre son bien immobilier

- Préparer la vente : estimation, photos
- Trouver un acheteur : annonce, contacts
- Conclure la vente : offre et signature

Je m'inscris

14 juillet 2026 à 18h00 -
Signer un contrat de location

Participez à notre atelier Signer un contrat de location

- Le loyer et les charges : règles de fixation du loyer et fonctionnement des charges
- Les conditions : clauses indispensables et clauses interdites
- Les annexes au contrat : état des lieux et diagnostics immobiliers

Je m'inscris

16 juillet 2026 à 12h30 -
Bien estimer le prix de votre logement

Participez à notre atelier Bien estimer le prix de son logement

- Analysez le marché local : connaître les prix pratiqués dans votre secteur
- Prenez en compte les caractéristiques du bien : atouts & défauts
- Évitez les erreurs : surestimer ou sous-évaluer votre logement

Je m'inscris

16 juillet 2026 à 18h00 -
Location vacances : comment s'y prendre ?

Participez à notre atelier en ligne Location vacances : comment s'y prendre ?

- Trouver des vacanciers : fixer ses tarifs, publier une offre
- Signer le contrat de location : quelles règles s'appliquent ?
- Gérer les entrées-sorties

Je m'inscris
Thème :
Date :

Vous serez notifié par SMS du début de l'atelier

En validant, j'autorise PAP.fr à collecter, traiter et transmettre ces données à WebinarJam, plateforme de webinaire sans installation. En savoir plus

Cliquez sur l'email que nous venons de vous envoyer pour confirmer votre inscription !


La rédaction vous conseille