Copropriété : ces travaux que vous ne pouvez pas faire sans autorisation

Cécile Nlend
Publié par Cécile Nlend
le 29 août 2025
Juriste chez PAP.fr

Changer ses fenêtres, abattre une cloison, installer une clim… Beaucoup de copropriétaires pensent pouvoir faire ce qu’ils veulent chez eux. Mais en copropriété, même des travaux réalisés à l’intérieur peuvent nécessiter une autorisation, dès lors qu’ils touchent aux parties communes ou modifient l’apparence de l’immeuble. Une règle que 8 propriétaires sur 10 ignorent… à leurs risques et périls.

En copropriété, mieux vaut s’informer avant d’agir pour éviter les litiges.
En copropriété, mieux vaut s’informer avant d’agir pour éviter les litiges. © hanohiki/shutterstock

📌 En résumé

Une autorisation est souvent requise même si les travaux sont invisibles, dès qu’ils touchent une partie commune (mur, canalisation, façade, etc.).

✅ Travaux libresRepeindre, changer le sol ou la cuisine, abattre une cloison non porteuse (sauf clause).
⚠️ Travaux soumis à autorisationMur porteur, clim avec unité extérieure, fenêtres, transformation de cave.
Règles de vote en AGArticle 25 : majorité absolue pour façade ou structure. Article 26 : double majorité pour changement d’usage.
🚫 Risques en cas de non-respectTravaux à démonter, amendes, frais d’huissier, procédures judiciaires.

Travaux : ce qu’on peut faire... et ce qui nécessite un vote

Le principe de base est simple : les travaux purement intérieurs, sans conséquence sur la structure du bâtiment ou les parties communes, peuvent être réalisés sans autorisation. Mais dès qu’il y a une modification de structure, d’aspect ou d’usage, l’accord préalable de la copropriété est indispensable.

Travaux dans un lot privatif Autorisation nécessaire ?
Refaire sa cuisine, changer le sol, repeindre ❌ Non
Abattre une cloison non porteuse ❌ Non (sauf clause spécifique)
Abattre une cloison porteuse ou mur porteur ✅ Oui, avec étude d’ingénieur
Changer les fenêtres à l’identique ✅ Oui (aspect extérieur concerné)
Installer une climatisation avec unité extérieure ✅ Oui (impact sur façade)
Créer une ouverture dans un mur porteur ✅ Oui, et parfois permis de construire
Poser une antenne ou une pergola sur terrasse ✅ Oui, car visible de l’extérieur
Transformer une cave en studio ✅ Oui, changement d’usage

📌 Exemple : la climatisation qui a fâché tout l’immeuble

À Marseille, dans une résidence des années 70, un propriétaire du dernier étage a fait installer une climatisation avec unité extérieure fixée sur le pignon. Pensant qu’il était « chez lui », il n’a pas soumis la demande à l’assemblée générale.

🙋‍♀️ Résultat : mise en demeure du syndic, demande de remise en état, frais d’huissier à sa charge… et convocation au tribunal. Car en modifiant l’aspect extérieur de l’immeuble sans autorisation, il a enfreint le règlement de copropriété et l’article 9 de la loi de 1965.

Pourquoi une autorisation est obligatoire ?

Ce que beaucoup de propriétaires ignorent, c’est que les façades, planchers, toitures, murs porteurs, canalisations collectives... restent des parties communes, même s’ils traversent un lot privatif. Toucher ces éléments sans autorisation constitue une infraction à la loi. Même lorsqu'aucune modification n'est apparente, certains travaux peuvent affecter la structure ou avoir des conséquences sur les autres copropriétaires.

⚠️ Abattre un mur porteur peut affaiblir l’immeuble, ou mal gérer les évacuations d’eau peut provoquer des fuites chez les voisins.

💬 Restez informés

Pour suivre les tendances immobilières et recevoir des invitations exclusives à nos événements, indiquez votre adresse e-mail ci-dessous.

C'est noté, parfait ! Gardez un œil sur votre boîte mail.

⚖️ Ce que dit la loi (et ce que l’on oublie souvent)

Les articles 25 et 26 de la loi du 10 juillet 1965 encadrent les décisions de l’assemblée générale. Les travaux privatifs nécessitant une autorisation doivent être votés selon les majorités (voir tableau). Le dossier soumis à l’assemblée doit être complet : description précise des travaux, plans, parfois une étude de faisabilité ou un rapport d’ingénieur structure. Sans cela, le vote peut être annulé.

Type d’intervention Majorité nécessaire à l’AG
Travaux affectant l’aspect extérieur Majorité absolue (art. 25)
Travaux sur structures communes (murs porteurs) Majorité absolue (art. 25)
Changement d’usage (ex. local transformé en logement) Double majorité (art. 26)

👉 C'est quoi la majorité absolue de l'article 25 ?

C’est la majorité de tous les copropriétaires, pas seulement de ceux présents ou représentés à l’assemblée. Par exemple, dans un immeuble de 20 copropriétaires. Pour obtenir la majorité absolue, il est nécessaire de recueillir au minimum 11 votes favorables, et ce même si seulement 15 copropriétaires sont présents lors de l'assemblée générale.

Si la majorité absolue n’est pas atteinte, mais qu’au moins un tiers des copropriétaires sont présents, on peut faire un second vote à la majorité simple dans la même assemblée (article 25-1).

👉 C'est quoi la majorité double de l'article 26 ?

Elle cumule : 

  • La majorité des copropriétaires (en nombre)
  • La majorité des tantièmes (en valeur de voix, selon la quote-part de chacun)

🙋‍♀️ Dans un immeuble comprenant 10 copropriétaires, une décision requiert l'approbation d'au moins 6 copropriétaires votant « pour ». De plus, ces 6 copropriétaires doivent représenter plus de 500 tantièmes sur les 1 000 tantièmes totaux.

L’erreur courante : « je le fais, et on verra plus tard »

Beaucoup de copropriétaires pensent qu’il vaut mieux faire les travaux « discrètement », et régler ensuite si besoin. Mais cette stratégie est risquée. Car si l’assemblée refuse a posteriori ou si un voisin saisit le tribunal, le propriétaire peut être contraint de tout démonter à ses frais, même plusieurs mois plus tard.

📌 Cas classique : À Paris : un copropriétaire pose un velux dans sa chambre mansardée, sans autorisation. L’AG le découvre deux ans plus tard. Le voisin du dessus se plaint d’un vis-à-vis. Résultat : obligation de remettre la toiture dans son état d’origine.

🔎 Questions fréquentes et idées reçues

« Je suis chez moi, je fais ce que je veux »

Faux. Le règlement de copropriété et les règles d’urbanisme s’appliquent à tous, même dans un lot privatif.

« Changer mes fenêtres ne regarde personne »

Faux. Même à l’identique, il faut une autorisation si l’aspect extérieur est concerné.

« Les travaux sont à mes frais, donc je ne dois rien à la copropriété »

Faux. Peu importe qui paie. Dès qu’une partie commune est concernée, la copropriété doit autoriser.

« Personne ne regarde ce qu’on fait dans les appartements »

Parfois vrai, mais... le jour où un voisin s’en plaint ou un incident survient, les conséquences peuvent être lourdes.

Comment faire les choses dans les règles ?

Avant tout projet de travaux privatifs en copropriété, il faut respecter trois étapes :

  1. Vérifier le règlement de copropriété : certains règlements interdisent certaines transformations ou imposent des normes précises.
  2. Préparer un dossier clair : descriptif des travaux, photos, plans, et si besoin une étude technique (surtout pour les murs porteurs).
  3. Demander l’inscription à l’ordre du jour de l’assemblée générale : la demande doit être envoyée au syndic plusieurs semaines avant la convocation de l’AG.

En conclusion : mieux vaut prévenir que corriger

En copropriété, ce n’est pas la nature des travaux qui compte, mais leurs conséquences sur le bâti, la collectivité, et les règles de vie. Ce que beaucoup de propriétaires considèrent comme de « simples aménagements privés » peut se transformer en litige long et coûteux.

S’informer avant de faire, c’est éviter les erreurs. Et prendre le temps d’obtenir l’autorisation de la copropriété, c’est aussi protéger la valeur de son bien à long terme.


🗓️ Participez gratuitement aux ateliers de l'immobilier !

PAP - Particulier à Particulier organise toutes les semaines des ateliers gratuits réservés aux particuliers.

7 juillet 2026 à 12h30 -
Vendre ou acheter d'abord ?

Participez à notre atelier Vendre ou acheter d'abord ?

- Stratégie 1 vs Stratégie 2 : on décortique les deux approches
- Financer sans stress : prêt relais, achat-revente, clauses à connaître…
- Un projet : PAP vous guide pas à pas, à chaque étape

Je m'inscris

7 juillet 2026 à 18h00 -
Vendre son bien immobilier

Participez à notre atelier en ligne Vendre son bien immobilier

- Préparer la vente : estimation, photos
- Trouver un acheteur : annonce, contacts
- Conclure la vente : offre et signature

Je m'inscris

9 juillet 2026 à 12h30 -
Location vacances : comment s'y prendre ?

Participez à notre atelier en ligne Location vacances : comment s'y prendre ?

- Trouver des vacanciers : fixer ses tarifs, publier une offre
- Signer le contrat de location : quelles règles s'appliquent ?
- Gérer les entrées-sorties

Je m'inscris

9 juillet 2026 à 18h00 -
Trouver le bon locataire

Participez à notre atelier en ligne Trouver le bon locataire

- Publier une annonce : les informations importantes et les mentions obligatoires
- Traiter les candidatures : les pièces à demander, comment pré-sélectionner

Je m'inscris
Thème :
Date :

Vous serez notifié par SMS du début de l'atelier

En validant, j'autorise PAP.fr à collecter, traiter et transmettre ces données à WebinarJam, plateforme de webinaire sans installation. En savoir plus

Cliquez sur l'email que nous venons de vous envoyer pour confirmer votre inscription !


La rédaction vous conseille