Complément de loyer : cette erreur qui peut vous coûter des mois de loyer

Cécile Nlend
Publié par Cécile Nlend
le 2 septembre 2026
Juriste chez PAP.fr

En zone d'encadrement des loyers, appliquer un complément suppose de respecter des conditions strictes. L'une est souvent négligée : la validité du DPE au moment de la signature. Si elle fait défaut, le complément est nul de plein droit et le propriétaire s'expose à rembourser plusieurs mois de trop-perçu.

Le locataire à 3 mois pour contester le complément de loyer.
Le locataire à 3 mois pour contester le complément de loyer. © Catherine Falls Commercial-GettyImages

📌 En résumé

En cas de refus, le propriétaire s'expose à une procédure devant la CDC, puis le juge

DPE invalideRend le complément de loyer nul de plein droit
Délai de contestation3 mois à compter de la signature du bail
RemboursementRétroactif depuis le début du bail, sans plafond
Solution amiableUn avenant ajuste le loyer et le remboursement

Pas de DPE valide, pas de complément de loyer possible !

Le complément de loyer permet, sous certaines conditions, de dépasser le loyer de référence majoré fixé par l'encadrement des loyers. Mais son application est conditionnée à l'existence de caractéristiques du logement le justifiant (prestations rares, localisation exceptionnelle, etc.), et à un DPE en cours de validité à la date de signature. En l'absence de DPE valide, le complément de loyer perd toute base légale : il est réputé non écrit, quelle que soit la qualité réelle du logement.

Le locataire conteste le complément de loyer

👉Le délai de 3 mois : une protection pour le propriétaire

Le locataire dispose de 3 mois à compter de la signature pour saisir la Commission Départementale de Conciliation (CDC). Passé ce délai, la contestation n'est plus recevable, même si le complément est irrégulier. Si elle aboutit, le remboursement s'applique rétroactivement depuis le premier jour du bail : le risque financier pour le propriétaire n'est donc pas plafonné à 3 mois.

👉La check-list avant de répondre à un locataire

Avant de répondre à un locataire qui conteste un complément de loyer, quelques vérifications simples permettent de savoir si la demande est fondée. Si le délai de 3 mois est dépassé, le propriétaire n'a aucune obligation de rembourser, même si le DPE n'était effectivement pas valide à la signature.

Étape Ce qu'il faut vérifier
Calculer le délai Nombre de mois écoulés depuis la signature du bail
Vérifier le délai de 3 mois Si plus de 3 mois se sont écoulés, la contestation devant la CDC n'est plus recevable
Vérifier le DPE Un DPE valide à la signature justifie le maintien du complément
Décider Accord amiable si la demande est fondée, refus motivé si le délai est dépassé ou le DPE valide

Si le délai de 3 mois est dépassé, le propriétaire n'a aucune obligation de rembourser, même si le DPE n'était effectivement pas valide à la signature.

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Le propriétaire refuse la contestation : quels risques ?

Si aucun accord n'est trouvé, le locataire peut saisir la CDC, puis le juge en cas d'échec de la conciliation. Le propriétaire s'expose alors à plusieurs conséquences.

Risque Conséquence pour le propriétaire
Annulation judiciaire du complément Effet rétroactif à la signature du bail
Remboursement intégral Toutes les sommes perçues à ce titre depuis le début du bail
Procédure devant la CDC puis le juge Délais allongés, frais de procédure

Un accord amiable, formalisé par un avenant, reste la solution la plus rapide et la moins coûteuse.

Le propriétaire accepte la contestation

Il n'est pas nécessaire de résilier le bail existant pour modifier le loyer en cours de route. Un avenant suffit, à condition de préciser clairement plusieurs éléments.

Élément à formaliser Contenu à inclure
Suppression du complément Nouveau montant du loyer, date d'effet rétroactive à la signature
Remboursement du trop-perçu Montant précis, mode de règlement (déduction ou virement)
Durée d'application Confirmation que la suppression vaut pour toute la durée du bail

L'avenant doit être daté et signé par les deux parties, puis conservé avec le bail initial.

Le réflexe à avoir dès la signature du bail

Avant d'appliquer un complément de loyer dans une zone encadrée, il est indispensable de vérifier que le DPE est valide à la date de signature. À défaut, mieux vaut anticiper une demande de régularisation plutôt que d'attendre une saisine de la CDC, souvent plus longue et plus coûteuse qu'un accord direct entre les parties.

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