Colocation : c'est quoi la clause de solidarité ?

Cécile Nlend
Publié par Cécile Nlend
le 24 mars 2025
Juriste chez PAP.fr

La clause de solidarité en colocation engage tous les locataires au paiement du loyer. Quels sont ses effets, son fonctionnement et peut-on l'éviter ?

Colocation : attention à la clause de solidarité !
Colocation : attention à la clause de solidarité ! © Rawpixel.com/shutterstock

📌 En résumé

Selon le type de bail signé, les colocataires peuvent être solidairement responsables du paiement du loyer ou uniquement redevables de leur propre part. Il est essentiel de bien vérifier les clauses avant de s’engager.

Bail unique (tous les colocataires signent un seul bail)✅ Oui, sauf exclusion explicite
Baux multiples (chaque colocataire a un bail distinct avec le propriétaire)❌ Non

La clause de solidarité : un engagement fort pour les colocataires

L’article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989 définit la colocation comme la location d’un même logement par plusieurs locataires constituant leur résidence principale, formalisée par un contrat unique ou plusieurs contrats individuels avec le propriétaire. La distinction entre bail unique et baux multiples est essentielle, car elle impacte directement la question de la solidarité entre colocataires.

Si les locataires sont mariés ou liés par un PACS au moment de la signature du bail, il ne s'agit pas d'une colocation au sens de la loi.

Qu'est-ce que la solidarité ?

Lorsqu’une clause de solidarité est incluse dans un bail unique, chaque colocataire est tenu de payer la totalité du loyer, même s’il a déjà versé sa propre part. Le propriétaire peut exiger la totalité du loyer à n'importe lequel des colocataires ou à sa caution en cas d'impayé.

📍Exemple

  • Loyer total de la colocation : 1 800 € (600 € x 3 colocataires)
  • Un colocataire ne paie pas : les autres doivent payer la totalité (1 800 €)
  • Recours contre le colocataire défaillant : à la charge des colocataires qui ont payé

👉 Cette clause protège le propriétaire contre les risques de loyers impayés, car il peut exiger le paiement auprès de n’importe quel colocataire ou de son garant.

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Comment ça se passe la fin de la solidarité ?

Lorsqu’un bail contient une clause de solidarité, ses effets s’appliquent jusqu’à la fin du bail ou jusqu’à un délai de 6 mois après le départ d’un colocataire, sauf si un remplaçant est trouvé. L’article 8-1 de la loi de 1989 prévoit que la solidarité d’un colocataire prend fin dans deux cas :

  1. Si un remplaçant est trouvé et figure sur le bail : le colocataire sortant est libéré dès l’entrée d’un nouveau colocataire.
  2. Sinon, au plus tard six mois après son départ : même après avoir donné son congé, un colocataire peut donc être tenu de payer le loyer pendant 6 mois s’il n’a pas de remplaçant.

⚠️ Cas particulier de la caution : l’engagement d’une caution (parent, ami, etc.) suit les mêmes règles. Elle est libérée lorsque la solidarité du colocataire cesse.

Tableau récapitulatif

Même après avoir rendu ses clés, un colocataire reste engagé financièrement tant que le bail continue.

Un colocataire quitte la colocation Il reste solidairement responsable du paiement du loyer pendant 6 mois, sauf si un remplaçant est ajouté au bail.
Un colocataire ne paie pas sa part Le propriétaire peut demander le paiement intégral aux autres colocataires.

Tous les colocataires partent avant la fin du bail
Ils restent tous redevables jusqu'à la résiliation effective du bail.

Peut-on éviter la clause de solidarité ?

✅ Oui ! Signer un bail individuel en colocation est une alternative sans solidarité. Si chaque colocataire signe un bail distinct pour sa chambre, la clause de solidarité ne s’applique pas. La colocation est assimilée à une location en lots séparés. Chaque locataire est alors responsable uniquement de sa part de loyer.

👉 Cette organisation impose au propriétaire de respecter les normes de décence et de veiller à ce que chaque locataire dispose d’au moins 9 m² et 20 m³ d’espace privatif. Un avantage majeur des baux multiples est qu’ils évitent toute solidarité financière entre colocataires. Chaque locataire est responsable uniquement de son propre loyer.

Quels sont les risques et les recours en cas de litige ?

La clause de solidarité peut parfois être source de conflits entre colocataires, notamment si l’un d’eux arrête de payer.

Quels recours pour les colocataires ?

  • Médiation entre colocataires : un accord amiable est préférable pour éviter des tensions ;
  • Action contre le colocataire défaillant : si un colocataire paie la part d’un autre, il peut ensuite se retourner contre lui pour récupérer l’argent, voire saisir un juge ;
  • Résiliation du bail : en dernier recours, les colocataires peuvent décider de quitter la location et de donner congé ensemble.

En conclusion

La clause de solidarité est un élément essentiel des baux en colocation. Elle protège le propriétaire mais peut être contraignante pour les colocataires. Avant de signer un bail, mieux vaut bien comprendre ses implications et anticiper d’éventuels litiges. Si vous envisagez une colocation, prenez le temps de vérifier votre bail et d’en discuter avec vos futurs colocataires pour éviter les mauvaises surprises !

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