Colocation : impayés + clause de solidarité = qui paie pour qui ?

Nathalie Giraud
Publié par Nathalie Giraud
le 17 novembre 2025
Juriste chez PAP.fr

En colocation, la clause de solidarité reste la meilleure alliée des propriétaires. Si un colocataire part ou ne paie plus, elle garantit une vraie sécurité… mais pas toujours aussi longtemps qu’on le pense.

Attention à la clause de solidarité ! Sans elle, chacun ne paie que sa part.
Attention à la clause de solidarité ! Sans elle, chacun ne paie que sa part. © GaudiLab/shutterstock

📌 En résumé

Le type de bail et la présence d’une clause de solidarité influencent fortement la sécurité du propriétaire en colocation.

Clause de solidaritéTous les colocataires couvrent les impayés
Sans clause / Baux séparésChaque colocataire n’est responsable que de sa part
Départ d’un colocataireSolidarité maintenue 6 mois (sauf remplaçant) = sécurité temporaire
Choix du bailLe bail unique avec clause est plus protecteur que les baux individuels

Solidarité un mot qui change tout dans un bail 

La solidarité signifie que tous les colocataires sont responsables ensemble du paiement du loyer et des charges (Et pas uniquement de leur part). En clair : si l’un des colocataires ne paie pas sa part, le propriétaire peut réclamer l’intégralité du loyer à n’importe lequel des autres.

👉 Mais pour que la solidarité existe, elle doit être mentionnée dans le bail. Cela prend la forme d'une clause mentionnant qu'ils sont tous solidaires ! 

La clause de solidarité, dans tous les baux de colocation ?

✅ Oui, mais elle n’est pas automatique

Pour être valable, la clause doit être explicitement inscrite dans le bail. Sans cette mention, chaque colocataire n'est responsable que sa quote-part du loyer.

❌ Non, elle n’est possible que dans le cas d’un bail unique

Si chaque colocataire a un bail individuel (un bail par chambre), aucune solidarité n’est possible.

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Un pour tous, tous redevables !

C’est tout le principe de la clause de solidarité. Le propriétaire n’a pas à chercher qui est responsable : il réclame directement la somme à celui qui est le plus solvable ou le plus joignable. Exemple :

  • Loyer total : 1 200 € pour trois colocataires.
  • B ne paie pas ? Le propriétaire peut exiger les 1 200 € complets à A ou C.
  • A ou C paieront, puis tenteront de récupérer (ou pas) l’argent auprès de B.

La clause de solidarité permet au propriétaire de réclamer le loyer à un seul colocataire : une sécurité contre les impayés.

La clause de solidarité protège aussi les locataires 

 Non ! Elle protège le propriétaire. Grâce à elle, il est certain de percevoir son loyer. Pour les colocataires, c’est un risque financier : en cas d’impayé, tout le monde peut être concerné (Et leurs garants avec !)

Quand un colocataire part, la solidarité s’arrête-t-elle ?

Non ! Pas tout de suite. Selon la loi ALUR, un colocataire qui part reste solidaire pendant encore 6 mois maximum après la fin de son préavis. Exemple :

  • Il donne congé le 1er mai. Il reste solidaire jusqu’au 1er novembre.
  • Si des impayés surviennent pendant cette période, le propriétaire peut encore vous réclamer l’argent.

La solidarité des 6 mois s’étend aussi à la caution solidaire (garant) du locataire sortant. Le propriétaire peut donc en plus poursuivre les parents d’un colocataire pour les dettes d’un autre !

Oui, Si un nouveau colocataire vous remplace et signe le bail ou un avenant, la solidarité s’arrête immédiatement.

Au bout de 6 mois, la solidarité prend-elle vraiment fin ?

Oui ! Après 6 mois, la solidarité prend fin automatiquement. Vous ne pouvez plus être tenu pour responsable des impayés postérieurs à cette date.

Attention : cela ne vous efface pas des dettes survenues avant la fin des six mois.

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