Les assurances du crédit

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Un crédit immobilier engendre de nombreux frais annexes qui viennent alourdir les mensualités du remboursement. C'est le cas notamment des assurances décès invalidité et perte d'emploi.

Le taux d'un crédit immobilier s'entend généralement hors assurances. Pour connaître le coût total du prêt, il faut ajouter le prix de ces assurances. Décès invalidité, perte d'emploi... Sont-elles obligatoires ? Et surtout combien coûtent-elles ? Si elles sont connues des Français, leurs tarifications restent plus floues. Et si vous ne faites pas attention, vous pourriez les payer au prix fort !

L'assurance décès invalidité

Pas obligatoire. Contrairement aux idées reçues, l'assurance décès invalidité incapacitén'est pas obligatoire. Mais en pratique, contracter un crédit immobilier sans souscrire une telle garantie est mission impossible ! En effet, son rôle est de protéger la banque en prenant en charge le remboursement du capital restant, si l'emprunteur venait à mourir ou était frappé d'invalidité (reconnue par la Sécurité sociale comme définitive et permanente).

Emprunter à deux. Quand on achète en couple, l'assurance décès/invalidité peut être répartie sur les deux têtes. Explications. Vous pouvez par exemple assurer Madame à hauteur de 40 % et Monsieur à hauteur de 60 %. Si Madame décède, Monsieur ne remboursera que 60 % de la mensualité. Si Monsieur décède, Madame ne remboursera que 40 % de la mensualité. Une solution plus économique que d'assurer les deux têtes à 100 %, tout en préservant l'équilibre financier de la personne vivante restante.

L'assurance perte d'emploi

Facultative. L'assurance perte d'emploi, comme son nom l'indique, assure la prise en charge de vos mensualités, en totalité ou en partie, lorsque vous perdez votre travail. Elle ne vous sera proposée que si vous êtes salarié. Onéreuse et soumise à de très nombreuses restrictions (elle n'entre pas en action si vous démissionnez, si vous êtes licencié pour faute grave...), l'assurance perte d'emploi est peu plébiscitée par les emprunteurs. Toutefois, en période de crise économique et sociale, il convient d'en étudier scrupuleusement les garanties !

Et la « délégation d'assurance » ?

Choisir son assurance. Depuis le 1er septembre 2010, conformément à la loi dite « Lagarde », l’emprunteur a la possibilité de choisir entre l’assurance de la banque (le contrat groupe) ou un autre contrat de son choix (la délégation d’assurance). Cette mesure a été prise afin de permettre aux particuliers de trouver une assurance moins chère ou mieux adaptée à son profil.

Des garanties équivalentes. Mais attention, il faut que les clauses offrent un niveau de garantie équivalent à celles du contrat d'assurance de groupe proposé par la banque. Par ailleurs, la banque ne pourra pas modifier les conditions et le taux du prêt prévus dans son offre sous prétexte que l’emprunteur a opté pour une assurance différente.

Toutefois, toutes ces dispositions n’ont pas eu l’effet escompté. Le recours à la délégation d’assurance est resté marginal. Depuis le 26 juillet 2014, la loi Hamon est venue renforcer ce dispositif. Il est désormais possible pour l’emprunteur de résilier son contrat d’assurance de prêt au moment où il le souhaite, mais seulement pendant une durée d'un an. Le délai court à la signature du contrat. Cela laisse largement le temps de trouver une meilleure offre d’assurance. Et en 2016, la loi Sapin 2 va encore plus loin en permettant aux emprunteurs de résilier leur assurance tous les ans.

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