Portes et fenêtres : les bons choix

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Courants d'air, sensation de froid à proximité des ouvertures, factures de chauffage élevées... Le charme de vos fenêtres et portes anciennes vous coûte cher. Les changer vous permettra de gagner en confort tout en économisant. Et sans nuire à l'esthétique de votre maison. Conseils.

Portes et fenêtres fermées, vous voilà bien à l'abri chez vous. Protégé du froid, de la chaleur, du bruit et des intrusions. Oui, en principe. Mais vos ouvertures sont-elles vraiment à la hauteur de vos attentes ? Les fenêtres sont-elles équipées d'un double vitrage ? Les menuiseries sont-elles en bon état ? Leur pose a-t-elle été effectuée selon les règles de l'art ? Pour que votre logement ne laisse pas s'échapper les calories en hiver et ne soit pas une étuve en été, pour que vous puissiez profiter de votre maison en tout confort et sans vous ruiner en chauffage, c'est peut-être le moment de faire le point sur la qualité de vos portes et fenêtres.

Déterminer ses besoins

80% des fenêtres remplacées aujourd'hui sont encore équipées de simple vitrage, et 85% présentent une menuiserie bois. « On change généralement des fenêtres en fin de vie », constate Philippe Macquart, délégué général de l'UFME (Union des fabricants de menuiseries extérieures). « Ce qui explique qu'elles sont très souvent en bois. » Si changer ses fenêtres anciennes devient aujourd'hui une affaire de bon sens, à l'heure où les économies d'énergie font partie des préoccupations de chacun, tous les logements ne présentent pas pour autant les mêmes caractéristiques, et donc les mêmes besoins.

Chacun sera équipé en fonction d'une problématique donnée. Pour les uns, il s'agira d'améliorer l'isolation thermique, pour les autres, de remédier à une mauvaise isolation acoustique, ou encore d'associer les deux. Dans d'autres cas, c'est l'aspect sécurité qui sera privilégié. De plus, les besoins ne sont pas les mêmes selon la localisation du bien, selon son exposition. Il existe des solutions pour tous les cas de figure.

Faire appel à un bon professionnel

Vos besoins listés, vos souhaits esthétiques déterminés, votre budget établi, vous allez faire appel à une entreprise ou un artisan. « Le choix de l'artisan est important, insiste Philippe Macquart. Mieux vaut s'adresser à une entreprise certifiée. La certification garantit les bonnes pratiques commerciales et techniques de l'entreprise. »

Le rôle du tech-nicien est en effet capital : « il a un devoir de conseil, poursuit le délégué général de l'UFME. Il se doit d'être objectif, de trouver les réponses adaptées. Une mauvaise prescription entraîne un mauvais résultat ». En plus de la qualité des produits, la pose et les finitions doivent être parfaites.

Deux techniques de pose en rénovation

Le type de pose retenu pour changer vos fenêtres dépend de plusieurs facteurs. Et notamment de l'état du bâti existant. Si le dormant est sain, il pourra être conservé, et la nouvelle fenêtre viendra s'appuyer sur lui. « La technique de pose sur cadre existant est possible, quel que soit le matériau de la nouvelle fenêtre », précise Philippe Macquart. Cette méthode permet de ne pas générer de dégâts (peinture, tapisserie). Toutefois, cette façon de procéder implique une diminution de ce que l'on appelle le clair de vitrage (surface vitrée disponible).

En installant la nouvelle fenêtre sur le dormant existant, on peut perdre de l'ordre de 2/3 cm en largeur et 2 cm en hauteur. Si votre fenêtre n'est déjà pas bien grande, ou la pièce mal exposée, mieux vaudra alors faire procéder à la dépose totale du bâti. Cette dernière implique que l'on enlève entièrement la fenêtre précédente. Ce qui occasionne des travaux plus importants, mais pas forcément de dégâts : tout dépend de l'état général des éléments (menuiserie, mur...).

Pour Philippe Macquart, « si l'on décide de changer les fenêtres d'une pièce, autant changer l'intégralité de la fenêtre, ce n'est en principe pas plus cher ». Et de plus, quel que soit le type de pose retenu, « l'artisan doit apporter le même soin aux finitions ».

Attention aux règlements

Vous voulez changer les ouvertures de votre appartement en copropriété ? Avant de rêver sur cette menuiserie aluminium bleue ou sur cette fenêtre classique en chêne foncé, renseignez- vous sur ce qui vous est autorisé.

Dans un souci d'harmonisation de la façade, les copropriétés imposent souvent un type précis de menuiseries, tant pour le matériau que pour la couleur, ou encore pour le clair de vitrage.

En lotissement, vous devrez vérifier aussi que ce dont vous avez envie est bien autorisé. Ailleurs, il vous faudra respecter aussi les règles d'urbanisme les secteurs soumis aux prescriptions des ABF (architectes des Bâtiments de France) : on pourra vous y imposer formes et coloris.

Quel matériau pour vos fenêtres ?

Muni des indispensables renseignements, vous allez faire votre choix avec l'aide de votre artisan. Aujourd'hui, c'est le PVC qui représente la plus grosse part du marché. « Tout confondu, neuf et rénovation, le PVC représente 63 % du marché de la fenêtre. Et 80% des fenêtres posées en rénovation », indique Philippe Macquart.

Les raisons de ce succès ? « C'est le matériau qui, à fenêtre identique, offre le meilleur rapport coût/performance », poursuit le délégué général de l'UFME. Sans oublier qu'il demande peu d'entretien, et que, désormais, ses profilés sont plus fins, éventuellement teintés dans la masse. Résistant, le PVC peut aussi prendre toutes les formes. Quand les dimensions sont importantes, il est renforcé. Son niveau d'isolation dépend du nombre de chambres d'isolation contenant de l'air qui le composent (de trois à sept en général).

 

L'aluminium, qui représente autour de 20% du marché, reste un matériau cher. Une fenêtre en aluminium coûte en moyenne de 40 à 50% plus cher qu'une menuiserie PVC. Il séduit aussi bien pour les constructions contemporaines que pour les rénovations, dans lesquelles il s'intègre très bien. Sa résistance permet la réalisation de très grandes baies et autorise toutes les formes. Grâce à la finesse de ses profilés, le clair de vitrage est très important. Et si on lui a longtemps reproché sa médiocre qualité d'isolation thermique, la donne change aujourd'hui, grâce à des produits à double rupture de pont thermique sur le dormant et sur l'ouvrant. Les profils intérieur et extérieur sont séparés par un noyau en PVC.

Facile à entretenir, l'aluminium se décline dans une infinité de couleurs. Il existe aussi des menuiseries mixtes, bois-aluminium ou PVC-aluminium. Leur prix est très élevé, mais leurs performances techniques et leur esthétique sont remarquables. Enfin, le bois, qui a longtemps été LE matériau de la fenêtre, « ne représente aujourd'hui que 13% du marché », constate Philippe Macquart. Plus cher que le PVC, il demande aussi plus d'entretien, même s'il existe désormais des finitions qui peuvent le limiter.

Ses atouts : il est résistant et naturellement isolant. La qualité de l'isolation thermique est liée à l'air, c'est pourquoi les bois pas trop denses, notamment les résineux, sont les plus performants en la matière. En revanche, les bois exotiques seront meilleurs sur le plan de l'isolation acoustique. Enfin, rappelons que le bois peut adopter toutes les formes, accepte les grandes dimensions.

Un vitrage adapté

Toutes les fenêtres aujourd'hui sont équipées de double vitrage. Dans la plupart des situations, un double vitrage dit de base (24 ou 26 mm) suffit à assurer confort thermique et acoustique. La lame d'air du double vitrage, qui sert d'isolant, peut être complétée par du gaz argon, très isolant. On choisira le vitrage, comme les menuiseries, en fonction de ses besoins. Par exemple, en maison, on pourra décider d'équiper les fenêtres du rez-de-chaussée d'un vitrage de sécurité. On veillera alors à choisir une quincaillerie destinée à retarder l'effraction.

Pour une meilleure isolation phonique, on préférera un double vitrage à un triple vitrage. Il existe des doubles vitrages en version phonique qui réduisent le bruit de façon significative. On pourra opter pour ce type de produit si les fenêtres donnent sur une rue très passante par exemple. Pour améliorer l'isolation thermique, on pourra choisir un vitrage doté d'un intercalaire haute isolation thermique, ou encore des verres dits à faible émissivité et qui sont traités avec une ou deux couches d'un matériau spécifique. Le confort d'été sera assuré par des vitrages dits à contrôle solaire. On le voit, la variété des possibilités permet de ne pas opter pour les mêmes fenêtres partout dans la maison.

D'où le rôle de conseil de l'entreprise retenue. En appartement, si toutes vos fenêtres donnent du même côté, vous retiendrez une solution unique. Si vos fenêtres bénéficient d'expositions différentes, vous pourrez éventuellement opter pour des vitrages différents. La façade exposée au nord, notamment dans une zone climatique peu clémente, pourra recevoir des fenêtres à triple vitrage par exemple. Tandis que les ouvertures de la façade sud ne sont équipées que de doubles vitrages. Dans une région très ensoleillée, il pourra être utile de choisir pour la façade sud des vitrages à contrôle solaire. Côté rue, vous pourrez vouloir des fenêtres à isolation phonique renforcée, tandis que côté cour, un vitrage classique pourra suffire.

La porte, l'esthétique d'abord

La première motivation dans le choix d'une porte reste l'aspect esthétique. Elle est la signature en vigueur. Certaines couleurs de volets peuvent être interdites par exemple. Soyez particulièrement vigilant dans de la maison. Les modèles traditionnels comme les lignes contemporaines séduisent. La couleur plaît également. Les portes se déclinent en une infinité de possibilités décoratives. Vitrée ou non, avec imposte, hublot, à un ou deux vantaux, avec motif, plane ou non... c'est selon vos goûts.

Les qualités de la porte n'interviennent qu'ensuite. Actuellement, c'est encore le bois qui domine le marché de la porte d'entrée, mais sa part diminue d'année en année. Aluminium, PVC, acier, fibre de verre... voilà de quoi votre porte peut aussi être faite. Les portes en aluminium sont plus performantes que les portes en PVC, grâce à la couche de mousse isolante emprisonnée entre les tôles. Le bois massif cède la place à des modèles en contreplaqué, dont les deux plaques enserrent aussi une mousse isolante.

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