Isoler pour moins chauffer

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Les logements anciens sont souvent mal isolés. Pour améliorer leur confort thermique, rien ne vaut une bonne isolation. C'est un investissement qui améliorera votre confort et facilitera la revente le moment venu.

Dans les logements anciens, l'isolation est souvent défaillante. La solution ? Rénover avec des matériaux performants. Une bonne rénovation thermique ramènera les factures à un niveau plus raisonnable.

Sans se lancer dans des travaux pharaoniques, il est possible d'obtenir de bons résultats. « On estime qu'entre une maison ancienne mal isolée et une maison correctement isolée, on peut réduire de 80% sa consommation énergétique », précise Benoît Lefèvre, directeur marketing chez Isover.

Quelles priorités ?

Pour Antoine Desbarrières, directeur de Qualitel, association indépendante qui a pour mission de promouvoir la qualité de l'habitat par la certification et par l'information du public « si l'on doit choisir par où commencer, l'isolation des combles et de la toiture sont prioritaires ».

L'isolation du toit

Cette partie de la maison est en effet responsable d'environ 30% des déperditions thermiques. Naturellement, chaque cas est particulier. « L'une des clefs d'entrée en matière d'isolation thermique en rénovation repose d'abord sur la configuration du logemen», ajoute Benoît Lefèvre. En effet, selon le type de combles, perdus ou aménageables, il faudra adapter votre isolation. Dans le cas de combles perdus, qui ne seront pas habités, la solution la plus simple et la plus rapide consiste à isoler le plancher haut. On peut dérouler un isolant directement sur le plancher en une ou deux passes croisées.

Autre solution simple et efficace, de l'isolant en vrac peut être déversé entre les solives si un plancher n'est pas posé. Avec cette technique, l'isolation est optimale car le moindre recoin est comblé. Un sac de laine en flocons couvre environ 1 m2 sur 30 cm d'épaisseur. Si vos combles sont aménageables, l'isolation devra être réalisée sur la toiture avec des laines en rouleaux ou des isolants en plaques rigides ou semi-rigides.

Attention, avant de démarrer les travaux, vous devrez vérifier l'état de la charpente, la traiter et changer les éléments défectueux. Le principe est de combler les vides entre les chevrons. Si vous optez pour la solution rouleau, vous embrocherez le matériau sur des suspentes métalliques spécialement conçues à cet effet.

Veillez également à disposer des bandes d'isolants avec le pare vapeur vers vous pour éviter que la condensation ne se propage dans les fibres et affecte la résistance thermique de l'isolant. Si vos combles sont déjà aménagés, « techniquement, il est souvent plus facile de réaliser une pose par l'extérieur plutôt que par l'intérieur. Dans ce cas, on dépose la couverture », ajoute Benoît Lefèvre.

Isoler les murs

Après la toiture, les murs d'enveloppe sont le deuxième point faible de la maison. Environ 16% des déperditions totales de la maison passent par les murs. L'isolation par l'intérieur est la technique la plus répandue pour isoler. Simple à mettre en œuvre et bon marché, elle traite facilement les jonctions avec les menuiseries extérieures. Seul bémol, elle nécessite souvent de libérer les pièces dans lesquelles les travaux sont réalisés.

Deux techniques de pose sont envisageables : la voie sèche et la voie humide. La première méthode utilise une fixation mécanique au moyen de profilés en aluminium ou de connecteurs fixés dans le mur. Cette technique est réservée aux laines minérales qui seront recouvertes ensuite par une plaque de plâtre. Le doublage sur ossature permet de « rattraper » des murs irréguliers, ou très dégradés. Les murs sont alors équerrés. Le passage des gaines électriques est également facilité. La seconde technique utilise du mortier-colle.

Dans ce cas, les complexes isolants rigides (isolant et plaque de plâtre rapportée) sont encollés avec des plots de colle tous les 30 cm environ. Il peut s'agir d'un complexe isolant de type polystyrène/ plaque de plâtre ou laine minérale/plaque de plâtre. Il suffit alors de positionner les plaques d'isolant contre le mur et de les presser pour finaliser l'encollage. On choisira cette méthode pour des murs dont les écarts de planéité ne dépassent pas le centimètre.

Isoler par l'extérieur

L'isolation thermique par l'extérieur (ITE) est la meilleure solution en terme de performance. Mais c'est aussi la plus chère. Elle supprime systématiquement les ponts thermiques, notamment au niveau des planchers intermédiaires et des refends. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'isolant recouvre intégralement les murs d'enveloppe. L'avantage thermique du système permet de tirer parti de l'inertie des murs pour récupérer les apports solaires en hiver et pour réduire l'inconfort en été. Enfin, cette technique libère de la surface habitable.

L'isolant, qui peut être indifféremment du polystyrène, de la laine de roche ou de verre, voire un isolant naturel, est alors fixé au mur-support et reçoit ensuite un parement. La palette proposée est large. Pour obtenir un rendu final aussi proche que possible de l'apparence initiale, on peut choisir un enduit mince sur isolant. Dans ce cas, l'isolant polystyrène est recouvert d'un enduit spécifique armé d'un tissu de fibres de verre puis d'un enduit de finition. L'enduit mince peut être remplacé par un enduit hydraulique (mortier).

Enfin, on peut également envisager un appareillage de pierres minces, des panneaux de bardage en bois, des matériaux de synthèse ou des contre-murs en brique. « La finition enduit est aujourd'hui la plus répandue sauf dans quelques secteurs où le bois est prédominant, comme dans les Landes. On note cependant une tendance qui mixe enduit et bardage », ajoute Benoît Lefèvre.

Établir un bon diagnostic

Avant d'entamer les travaux d'isolation, il est nécessaire d'établir un diagnostic. Une première approche empirique permet déjà d'envisager des travaux. « Un double constat doit guider le particulier, ajoute Benoît Lefèvre. Une facture énergétique anormalement élevée et un inconfort en hiver mais aussi en été sont de bons indicateurs»

Le diagnostic de performance énergétique

Une fois ce premier constat effectué, reste à connaître les points faibles du bâti. « Si les travaux envisagés sont lourds, mieux vaut faire appel à un diagnostiqueur énergétique. Faire réaliser un DPE (voir plus loin) avant d'entamer les travaux est une bonne solution. Il permettra notamment d'identifier les faiblesses du bâti », note Antoine Desbarrières, directeur de Qualitel, association indépendante qui a pour mission de promouvoir la qualité de l'habitat par la certification et par l'information du public.

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est un moyen rapide de connaître la consommation annuelle nécessaire à la production du chauffage, de l'eau chaude sanitaire et du refroidissement. Y figurent aussi des recommandations pour l'amélioration énergétique. Il vous en coûtera en moyenne 150 €. Si le DPE classe votre habitation en E, F ou G, une réhabilitation thermique sera vraiment indispensable.

On peut bien entendu aller plus loin dans la démarche et faire réaliser un audit précis par un bureau d'études thermiques. Ce dernier donnera un état des lieux poste par poste avec l'aide de différentes techniques comme l'infiltrométrie, pour contrôler l'étanchéité du bâti, ou la thermographie qui, en utilisant une caméra infrarouge, permet de détecter les points de déperdition d'énergie. Tout est analysé : l'isolation, le chauffage mais aussi la ventilation, les ouvrants, etc. L'audit énergétique indiquera alors quels sont les travaux à réaliser prioritairement pour améliorer l'isolation.

Bien choisir son isolant

Laine de verre, laine de roche ou polystyrène, isolants biosourcés sont les matériaux les plus répandus sur le marché. Tous sont performants. « Pour être sûr de faire le bon choix, il est nécessaire d'utiliser des matériaux possédant entre autres une certificat Acermi », commente Antoine Desbarrières.

L'Acermi est une certification délivrée par l'Association pour la certification des matériaux isolants créée par le Centre scientifique et technique du bâtiment et le Laboratoire national d'essais. La certification Acermi permettra de comparer sur des bases objectives et fiables les performances thermiques de chaque produit, de s'assurer de l'aptitude à l'emploi du matériau choisi, de garantir les performances annoncées, de prendre en compte les réglementations et de bénéficier des éventuelles déductions fiscales au titre des dépenses d'isolation thermique. Chaque isolant doit comporter sur son emballage un certain nombre d'indications permettant de le caractériser.

Des performances reconnues

Pour que l'isolation soit performante, il est nécessaire d'utiliser des isolants qui offrent la résistance thermique (R) la plus élevée. À condition bien entendu que l'isolant soit posé selon les règles de l'art, notamment celles édictées dans son Document technique unifié (DTU). Pour rendre compte de l'isolation thermique, on a besoin de connaître la résistance aux flux de chaleur (exprimée en m2.K/W) d'un matériau d'une épaisseur donnée.

Globalement, plus la résistance thermique est grande, plus le matériau est isolant. Autres paramètres importants : la conductivité thermique ou lambda (λ). C'est la quantité de chaleur W/(m.K) pouvant être transférée dans un matériau en un temps donné. Plus la valeur lambda sera petite, plus le matériau sera isolant. Pour être sûr de bien choisir son isolant, il faut donc toujours tenir compte de l'épaisseur et de la conductivité thermique intrinsèque de l'isolant.

Les isolants d'origine minérale

Les isolants les plus répandus sont d'origine minérale : laine de verre et laine de roche. Ces laines minérales représentent plus de 75% des volumes vendus. Leurs qualités thermiques sont reconnues et en constante amélioration. Ces produits permettent d'isoler efficacement toitures, murs, sols et cloisons, contre le froid de l'hiver, la chaleur de l'été mais également contre les nuisances sonores dans l'habitat. Le green washing (l'éco-blanchiment) touche aussi les laines d'origine minérale.

À performances équivalentes, la tendance est de remplacer la résine nécessaire à la tenue des matériaux par un liant en phase aqueuse végétale ou organique selon les marques. Du coup, les isolants sont totalement recyclables et émettent beaucoup moins de composés organiques volatils (Cov). La laine de verre est fabriquée à partir de tessons de verre, de carbonate de calcium, de dioxyde de silicium et de carbonate de soude. « Nos usines consomment environ deux cents millions de bouteilles de verre recyclées par an », précise Benoît Lefèvre.

Les fibres qui se forment lors de la fusion sont collées les unes aux autres avec un liant. La laine de roche s'obtient de son côté à partir de basalte, une roche volcanique abondante en France. Sa composition fait appel également à un liant et à une huile d'imprégnation qui rendent les fibres stables et hydrofuges.

Le polystyrène expansé

Le polystyrène expansé est l'autre grand matériau utilisé dans l'isolation. Obtenu à partir du naphta, un produit issu du raffinage du pétrole, le polystyrène est composé de 2% de matière et de 98% d'air. C'est cette propriété qui lui confère ses qualités isolantes. Ses performances sont équivalentes à celles des laines minérales. Sa mise en œuvre est très facile puisque le polystyrène est léger et ne nécessite aucune protection car il est inerte et ne génère aucun produit allergisant. Les coupes se réalisent très facilement au cutter.

Il ne libère pas de Cov. En fin de vie, il est totalement recyclable et peut être réintroduit dans le cycle de production ou ajouté à d'autres produits comme le béton pour fabriquer du béton allégé. Seul point négatif, en brûlant, il libère du CO2, du CO, de la vapeur d'eau et de la suie.

Les isolant verts

Les matériaux d'isolation dits biosourcés sont de plus en plus nombreux et variés. Mais ils sont nettement plus chers que les matériaux classiques. Ces matériaux sont dits écologiques car ils proviennent de fibres végétales, animales et de matériaux renouvelables (bois, cellulose) et relèvent d'une production qui n'entraîne pas de pollution pour l'environnement.

Le plus souvent, il sont élaborés selon des procédés nécessitant de faibles dépenses d'énergie et d'eau. Mais attention, les matériaux verts ne sont pas pour autant 100% naturels.

Ils reçoivent souvent des adjuvants ignifuges ou biocides pour leur tenue au feu ou les attaques d'insectes comme les mites. On ajoute également très souvent un pourcentage de fibres de polyester ou encore de résine en polypropylène brut pour donner de la tenue à l'isolant. La protection n'étant pas permanente, il faut par ailleurs pouvoir contrôler l'état de l'isolant à tout moment.

C'est là une des limites du matériau censé durer plusieurs dizaines d'années. Laine de chanvre, laine de mouton, ouate de cellulose, plumes de canard... le choix est large. Mais avant de se décider, il convient de vérifier leurs performances.

La laine de chanvre

En effet, rien ne sert d'acheter un matériau vert si le plus écologique est annihilé par de faibles performances. La laine de chanvre a fait une percée remarquée ces dernières années. Efficace pour isoler du bruit, de la chaleur et du froid, elle est très résistante à l'écrasement et au feu. Présentée sous forme de rouleaux, de panneaux semi-rigides ou en vrac, la laine de chanvre peut être utilisée pour l'isolation des murs, des toitures et des planchers. Attention, elle peut contenir jusqu'à 25% de polyester pour lier les fibres végétales.

La ouate de cellulose

La ouate de cellulose est constituée à plus de 90% de papiers recyclables triés et broyés. Ce matériau se caractérise par une bonne inertie thermique. On peut aussi utiliser la laine de mouton comme isolant.

En rouleaux, en panneaux ou en vrac, l'isolant à base de plumes de canard est composé d'environ 70% de plumes ; on y ajoute généralement de la laine de mouton. Attention la plume peut présenter des variations de qualité avec des différences de performances thermiques qui ne peuvent pas être garanties sauf dans le cas de produits certifiés ( Acermi) ou sous Avis technique.

Les laines de textiles

Issus exclusivement du recyclage, les laines de textiles sont issues du recyclage de coupes neuves de l'industrie textile et de l'achat de vêtements usagers auprès d'associations caritatives de collecte. Les textiles (coton, laine, acrylique) sont effilochés, les fibres sont ensuite thermoliées avec du polyester (à hauteur de 15%) avant d'être nappées en rouleaux ou panneaux. Le matériau obtenu est composé d'environ 60% de coton, 20% de textiles synthétiques (polyamide, polyester, acrylique).

La présence de laine en fait un bon régulateur hydrométrique. Les textiles recyclés subissent un traitement à base de chlore pour les blanchir et ils ressemblent ainsi à du coton vierge. Certains isolants en textiles recyclés reçoivent aussi des traitements complémentaires (antifongique,insecticide, ignifugeant, antistatique...). Ces isolants permettent d'isoler les murs par l'intérieur, les planchers et les toitures.

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