Sous-location : ce que vous avez le droit de faire (et ce qui est interdit)

Cécile Nlend
Publié par Cécile Nlend
le 8 septembre 2026
Juriste chez PAP.fr

Partir plusieurs mois à l'étranger, accueillir un colocataire temporaire, louer une chambre inoccupée sur une plateforme de location de courte durée : la sous-location séduit de plus en plus de locataires. Problème : cette pratique reste strictement encadrée par la loi, et de nombreux locataires s'y engagent sans en connaître les règles, au risque de perdre leur bail.

La sous-location ne dégage pas le locataire de ses obligations envers le propriétaire.
La sous-location ne dégage pas le locataire de ses obligations envers le propriétaire. © Liubomyr Vorona-GettyImages

📌 En résumé

Même en cas d'occupation réelle du logement, les loyers perçus sans autorisation doivent être intégralement reversés au propriétaire.

Accord du propriétaireAutorisation écrite obligatoire, sinon interdit
Loyer plafonnéNe peut pas dépasser le loyer principal
Sous-location non autoriséeRésiliation du bail et remboursement des loyers

L'accord écrit du propriétaire, une condition non négociable

L'article 8 de la loi du 6 juillet 1989 pose un principe clair : un locataire ne peut sous-louer son logement, en tout ou partie, qu'avec l'accord écrit et exprès de son propriétaire. Cette autorisation doit porter à la fois sur le principe même de la sous-location et sur le montant du loyer demandé au sous-locataire.

Un point mérite d'être souligné : le silence du propriétaire ne vaut jamais accord. Même si le locataire a envoyé sa demande par lettre recommandée avec accusé de réception et n'a reçu aucune réponse pendant plusieurs mois, la sous-location reste interdite tant qu'aucun écrit signé ne l'autorise.

Autre piège fréquent : le bail peut contenir une clause interdisant purement et simplement toute sous-location. Dans ce cas, le propriétaire est en droit de refuser sans avoir à se justifier.

👩‍💻Téléchargez notre modèle de lettre

Modèle de lettre : Demande de sous-location longue durée

Le loyer de sous-location ne peut pas dépasser celui du bail principal

Une fois l'accord obtenu, une deuxième règle s'impose : le loyer demandé au sous-locataire ne peut pas être supérieur à celui payé par le locataire principal, ramené au mètre carré. Cette limite s'applique aussi bien à une sous-location totale (le logement est entièrement sous-loué) qu'à une sous-location partielle (une seule pièce est concernée).

Situation Règle applicable
Sous-location totale Loyer sous-locataire ≤ loyer principal
Sous-location partielle Loyer calculé au prorata de la surface sous-louée
Sous-location gratuite (hébergement) Pas de contrepartie financière = pas de sous-location au sens légal

Cette règle vise à empêcher toute spéculation locative : le locataire principal ne peut pas tirer un bénéfice financier de son statut de locataire.

Les obligations du locataire envers le sous-locataire

👉Un contrat écrit et la remise du bail initial

Une fois l'autorisation du propriétaire obtenue, le locataire principal doit formaliser la sous-location par un contrat écrit signé avec le sous-locataire. Un exemplaire du bail initial doit lui être remis, ainsi que l'autorisation écrite du propriétaire, afin qu'il connaisse précisément les conditions du logement qu'il occupe.

👉Le locataire devient le bailleur du sous-locataire

Sur le plan juridique, la situation est claire : le sous-locataire n'a aucun droit ni aucune obligation envers le propriétaire, avec lequel il n'a signé aucun contrat. En revanche, le locataire principal devient son bailleur à part entière et doit assumer, à son égard, les mêmes obligations qu'un propriétaire envers un locataire classique (logement décent, respect du contrat, restitution du dépôt de garantie, etc.).

👉La déclaration des revenus de sous-location

Autre obligation souvent oubliée : les revenus tirés de la sous-location doivent être déclarés à l'administration fiscale, y compris lorsque le montant perçu ne dépasse pas le loyer payé au propriétaire.

Réservé aux particuliers

🗓️  Atelier en ligne gratuit

Participez à notre atelier Signer un contrat de location

✔️ Le loyer et les charges : règles de fixation du loyer et fonctionnement des charges
✔️ Les conditions : clauses indispensables et clauses interdites
✔️ Les annexes au contrat : état des lieux et diagnostics immobiliers

Choisissez votre date :

Jeudi 10 septembre à 18h00 Jeudi 24 septembre à 12h30
Thème :
Date :

Vous serez notifié par SMS du début de l'atelier

En validant, j'autorise PAP.fr à collecter, traiter et transmettre ces données à WebinarJam, plateforme de webinaire sans installation. En savoir plus

Cliquez sur l'email que nous venons de vous envoyer pour confirmer votre inscription !

Sous-louer sans autorisation : quels risques pour le locataire ?

Sous-louer sans l'accord écrit du propriétaire constitue une faute grave...

❌Résiliation immédiate du bail principal, prononcée par le juge

La sous-location non autorisée constitue une clause résolutoire du bail. Après mise en demeure et commandement par huissier de faire cesser la sous-location, le propriétaire pourra introduire une procédure en vue d'obtenir la résiliation judiciaire du bail et obtenir des dommages et intérêts.

❌Remboursement intégral des loyers perçus auprès du sous-locataire

Ce remboursement peut surprendre : le sous-locataire a bien occupé les lieux, et le locataire principal a, de son côté, continué à régler normalement son propre loyer. La Cour de cassation a pourtant tranché ce point dans un arrêt du 12 septembre 2019 : les sous-loyers perçus sans autorisation constituent des « fruits civils » qui appartiennent par accession au propriétaire (articles 546 et 547 du Code civil), et non un revenu propre au locataire.

Les sommes tirées d'une sous-location non autorisée ne reviennent jamais au locataire, même si le logement a bien été occupé par le sous-locataire.

📌Cas pratique

Nadia sous-loue une chambre de son appartement parisien à un étudiant, sans en avoir informé son propriétaire. Ce dernier, l'apprenant lors d'une visite de courtoisie, engage une procédure. Le juge prononce la résiliation du bail : Nadia doit non seulement quitter les lieux, mais aussi restituer les loyers perçus auprès de l'étudiant pendant les 8 mois de sous-location.

⚠️Le locataire reste responsable envers le propriétaire

Que la sous-location soit autorisée ou non, une règle demeure : les obligations du locataire principal envers le propriétaire restent entières. Il ne peut pas s'abriter derrière une défaillance de son sous-locataire, par exemple un impayé, pour justifier un retard ou un défaut de paiement de son propre loyer auprès du propriétaire. Le locataire principal doit continuer à régler son loyer dans les délais, quelle que soit la situation avec son sous-locataire, et c'est à lui seul de se retourner contre ce dernier en cas de manquement.

Location de courte durée, hébergement gratuit, cohabitation...

Toutes les situations ne relèvent pas des mêmes règles.

  • Une location ponctuelle sur une plateforme de location de courte durée constitue bien une sous-location si le logement est lui-même loué : les mêmes règles s'appliquent, y compris l'accord écrit préalable.
  • Héberger gratuitement un proche (ami, membre de la famille) pendant une période donnée n'est pas juridiquement une sous-location, puisqu'il n'y a aucune contrepartie financière. Le locataire n'a donc pas besoin d'autorisation, sous réserve que le bail ne l'interdise pas explicitement.

👉Pour un logement meublé ou vide, en résidence principale, la logique reste identique : accord écrit obligatoire, sauf clause contraire prévue au bail.

💬 Restez informés

Pour suivre les tendances immobilières et recevoir des invitations exclusives à nos événements, indiquez votre adresse e-mail ci-dessous.

C'est noté, parfait ! Gardez un œil sur votre boîte mail.

🗓️ Participez gratuitement aux ateliers de l'immobilier !

PAP - Particulier à Particulier organise toutes les semaines des ateliers gratuits réservés aux particuliers.

8 septembre 2026 à 18h00 -
Location vacances : comment s'y prendre ?

Participez à notre atelier en ligne Location vacances : comment s'y prendre ?

- Trouver des vacanciers : fixer ses tarifs, publier une offre
- Signer le contrat de location : quelles règles s'appliquent ?
- Gérer les entrées-sorties

Je m'inscris

10 septembre 2026 à 12h30 -
Bien estimer le prix de votre logement

Participez à notre atelier Bien estimer le prix de son logement

- Analysez le marché local : connaître les prix pratiqués dans votre secteur
- Prenez en compte les caractéristiques du bien : atouts & défauts
- Évitez les erreurs : surestimer ou sous-évaluer votre logement

Je m'inscris

10 septembre 2026 à 18h00 -
Signer un contrat de location

Participez à notre atelier Signer un contrat de location

- Le loyer et les charges : règles de fixation du loyer et fonctionnement des charges
- Les conditions : clauses indispensables et clauses interdites
- Les annexes au contrat : état des lieux et diagnostics immobiliers

Je m'inscris

12 septembre 2026 à 11h00 -
Vendre son bien immobilier

Participez à notre atelier en ligne Vendre son bien immobilier

- Préparer la vente : estimation, photos
- Trouver un acheteur : annonce, contacts
- Conclure la vente : offre et signature

Je m'inscris

La rédaction vous conseille