Rénovation énergétique : c’est bon pour la santé et les finances publiques !

Annabelle Martinat
Mis à jour par
le 20 avril 2022
Journaliste chez PAP.fr

Si la rénovation thermique des bâtiments diminue les gaz à effet de serre et augmente le pouvoir d’achat des personnes en précarité énergétique, elle améliore aussi leur santé. En rénovant les logements, on réduit aussi un coût social estimé à 7,4 milliards d’euros par an ! Explications.

© Qingwa/Getty Images

Près de 4,8 millions logements sont qualifiés de « passoire thermique ». Sans surprise, cette précarité énergétique concerne d’abord les catégories sociales défavorisées qui sont également les plus touchées par des maladies chroniques liées à cet inconfort. L’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) estime que 14 % des ménages ont ainsi souffert d’une sensation de froid chez eux au cours de l’hiver 2019-2020. Avec à la clef des complications médicales. Un coût social important pour la société que la ministère de la Transition écologique vient de chiffrer.

C’est aussi une question de santé publique. Une mauvaise qualité thermique des logements est responsable de températures trop basses avec à la clé des problèmes d’humidité et de moisissures. Les habitats les moins performants, étiquetés F ou G selon le diagnostic de performance énergétique (DPE, ancienne version) sont ainsi qualifiés de « passoires énergétiques ». Souvent occupés par les ménages les plus modestes, ils ne peuvent satisfaire une température intérieure suffisante pour éradiquer ces problèmes d’humidité. La rénovation thermique devient aussi une question de santé !

La précarité énergétique coûte cher ! D’après le ministère, le gain moyen annuel généré par une rénovation est estimé à 7 500 € par logement. La rénovation thermique, c’est 400 € de réduction des coûts de soin, 1 400 € d’amélioration du bien-être et 5 700 € de réduction du risque de mortalité ! La rénovation de l’ensemble des passoires énergétiques d’ici à 2028 permettrait ainsi d’éviter des coûts de santé de près de 10 milliards d’euros par an ! Une économie non négligeable !

© Ministère de la Transition Ecologique

La rénovation thermique c’est bon pour les comptes publics. La France s’est donc fixée pour objectif la rénovation de l’ensemble des passoires énergétiques d’ici à 2028. L’ensemble des 1,3 million de logements très énergivores dans lesquels des risques santé existent devraient logiquement être rénovés dans les six prochaines années. Mais si c’est bon pour la planète, c’est également bon pour les finances publiques. D’après les calculs du ministère, le gain pourrait représenter chaque année une économie de 525 millions d’euros en coût de santé, un gain en bien-être de 1,7 milliard d’euros, ainsi qu’un coût social de mortalité évité chiffré à 7,4 milliards d’euros.


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