Logement décent : la vision des Français évolue

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15 Janvier 2021 - Qu’est-ce qu’un logement décent pour vous ? En plein crise sanitaire et alors que les exigences en terme de rénovation énergétiques vont monter d’un cran, cette question semble prendre un sens nouveau pour les Français, comme le montre une étude qui vient de paraître.

La crise sanitaire continue de nous en apporter la preuve chaque jour : le logement constitue plus que jamais pour les Français une valeur refuge. Des études récentes ont démontré que la population hexagonale portait un regard positif sur nos lieux de vie. Pourtant les problèmes de conformité aux normes électriques ou les dysfonctionnements liés à la ventilation concernent encore une large majorité de logements en France.

Dans ce contexte incertain, doublé par le renforcement des contraintes liées au confort énergétique, la chambre des diagnostiqueurs CDI-FNAIM a voulu interroger les Français sur la question de la décence. « Plus exactement, nous avons voulu mesurer le décalage qui pouvait exister entre d’un côté la vision des Français sur la notion de décence et de l’autre la réalité du parc de logements dans l’Hexagone », explique Jennifer Laroussarias, formatrice et consultante chez Aube qui a présenté l’étude à la presse.

Des critères divergents. Premier chiffre à retenir dans cette enquête : 93 % des Français interrogés jugent leur logement décent. « Pourtant il existe de grandes disparités sur la définition même de décence », explique Jennifer Laroussarias. Ainsi, selon la loi, la décence repose sur quatre grands piliers : la sécurité, la santé, le confort et désormais l’environnement. Les critères retenus par les Français apparaissent comme un peu différents. Pour 43 % des sondés, l’élément le plus important doit être la présence de toilettes dans l’appartement. « Alors que la loi juge décent un logement qui aurait des toilettes sur un palier à proximité », souligne Thierry Marchand, président de la CDI-FNAIM.

Sécurité. Le critère qui vient juste après est le respect des normes électriques. Il s'agit cette fois-ci d'un élément lié à la sécurité des individus dans leur logement. « Cela peut avoir des conséquences dramatiques et pourtant une large majorité des installations en France ne sont pas conformes », assure Thierry Marchand. Les diagnostiqueurs constatent très souvent ces manquements lors de leurs visites. Malheureusement leurs recommandations de travaux de mise aux normes restent parfois sans effets.

Plus de confort. Les trois critères suivant arrivent à égalité, à hauteur de 21 %, pour les Français. Ils jugent essentiels que le chauffage fonctionne, de disposer d’une bonne isolation et d’avoir une fenêtre donnant sur l’extérieur. « Ces points sont liés au confort mais également à l’environnement. Vivre dans une passoire thermique semble être devenu une idée intolérable pour de nombreux Français. Ils désirent profiter d’une température toujours agréable chez eux », indique Thierry Marchand.

Moins de danger. Les derniers critères jugés essentiels par les Français concernent la santé. Ils désignent comme décents des logements ne présentant aucune menace pour la santé de ses occupants. Une mauvaise qualité de l’air mais aussi les nuisibles (punaises de lits, termites…) et les moisissures semblent particulièrement inadmissibles. « Ils ont raison. La ventilation joue un rôle essentiel dans l’évacuation des polluants dans nos intérieurs pourtant plus de 80 % des installations se révèlent défaillantes », note Thierry Marchand.

Fossé générationnel. L’âge des sondés joue beaucoup sur leurs attentes en matière de logement décent. Les jeunes (moins de 30 ans) misent avant tout sur le confort de vie au sens large. La décence dépasse largement les limites de leur appartement ou de leur maison. Pour eux l’accès direct aux transports, aux espaces verts arrivent en premier dans leurs aspirations. La présence d’une baignoire, la sécurité du quartier ou encore la luminosité viennent ensuite. Les plus de 60 ans privilégient, eux, plutôt des critères techniques. Ils souhaitent disposer d’une surface généreuse et éviter toute menace qui aurait des conséquences sur leur santé. En moyenne, les plus jeunes apparaissent comme plus critiques que leurs aînés sur leur logement.

Paradoxe énergétique. Dans leur grande majorité (64 %), les Français semblent d’accord avec l’idée que la performance énergétique d’un logement joue sur son niveau de décence. « Pourtant quand on regarde les chiffres d’un peu plus près, on se rend compte que les choses ne sont pas si simples. En effet, parmi les 7 % des sondés qui avaient jugé leur logement indécent, l’isolation ne fait pas partie de leur priorité », indique Jennifer Laroussarias. D’autres préoccupations passent avant comme les problèmes d’insalubrité ou d’humidité. Les travaux énergétiques semblent, pour une grande majorité de Français, réservés à ceux qui ont les moyens. Le confort thermique reste perçu comme un bonus. En revanche, 21 % des personnes interrogées mesurent la décence à l’aune de nouveaux usages comme le prix des loyers, mais aussi le voisinage (ambiance du quartier, bruit) et les commodités de proximité.

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