Immobilier : à Paris, la baisse des prix relance les ventes

Pierre Chevillard
Mis à jour par
le 29 avril 2022
Rédacteur en chef chez PAP.fr

Grâce à des prix immobiliers en légère baisse, les acheteurs reviennent dans la capitale. Et les ventes de logements anciens repartent à la hausse comme le montre la dernière note de conjoncture des Notaires du Grand Paris.

© PAP

40 210 logements anciens ont été vendus en région parisienne entre décembre 2021 et février 2022, en baisse de 6% par rapport à la période décembre 2020/février 2022 révèle la dernière note de conjoncture des Notaires du Grand Paris. Ce recule augure-t-il d’un retournement du marché ? « Au-delà d’une comparaison nécessairement décevante par rapport aux records d’activité que nous avons récemment connus et dans une perspective historique plus large, l’activité reste bien orientée » répondent les notaires franciliens. « Les volumes de vente s’inscrivent 7% au-dessus des 35 710 transactions enregistrées chaque année sur la dernière décennie, confirmant une forme de normalisation du marché. »

Inflation en Ile-de-France. Les prix, eux, poursuivent leur hausse entamée fin 2015. Sur l’ensemble de la région, le mètre carré ancien moyen progresse de 2,4% sur un an à fin février 2022. Les appartements se stabilisent avec une augmentation annuelle ramenée à 0,5%, pour un mètre carré moyen à 6 710 €, une évolution liée « au tassement des valeurs dans la capitale », analysent les notaires (voir plus loin). Les maisons, elles, sont victimes de leur succès. Très recherchées par des citadins en quête d’espace et de verdure, elles voient leur prix monter de 6,3% en rythme annuel, pour s’établir à 335 000 € l’unité toujours en moyenne.

Paris : les acheteurs à la relance. Dans cette note de conjoncture, Paris fait figure d’exception, avec une légère baisse des prix et une hausse des ventes. 8 710 transactions y ont été enregistrées entre décembre 2021 et février 2022, une progression de 4% par rapport à la période décembre 2020/février 2021. Le mètre carré ancien, lui, recule de 1,2% sur un an, pour s’établir à 10 550 € à fin février 2022. Les Notaires du Grand Paris y devinent une relation de cause à effet. « L’érosion des prix dans la capitale laisse peut-être de nouvelles opportunités aux acquéreurs, apportant une nouvelle fluidité au marché » estiment-t-ils.

Un marché plus raisonnable. Des opportunités qui pourraient bien devenir plus nombreuses dans les prochains mois. D’après leurs indicateurs avancés basés sur les avant-contrats, les Notaires du Grand Paris prévoient « un prix au mètre carré de 10 410 € en juin 2022 dans la capitale, en baisse annuelle de 2,40% et un retour aux valeurs observées en mars 2020. » Les vendeurs parisiens préfèrent réajuster leurs prix pour vendre vite et bien. De leur côté, les acquéreurs, bien informés, refusent de surpayer leur appartement. La reprise des transactions constatée par les notaires montre qu’un terrain d’entente est facilement trouvé.

© ADSN BIEN/Notaires du Grand Paris

Petite couronne : la hausse des prix ralentit. La petite couronne francilienne (92, 93 et 94) enregistre 13 350 transactions sur décembre 2021/février 2022, soit 10% de moins par rapport à décembre 2020/février 2021. Les appartements reculent de 8%, les maisons de 15%. Dans le même temps, les prix augmentent. Le mètre carré en collectif gagne 1,3% sur un an (5 410 €/m² moyen à fin février 2022), l’individuel prenant 5,7% (437 000 € l’unité). Une hausse qui va ralentir. A fin juin 2022, elle passera à +1% par an pour les appartements et à 5% pour les maisons d'après les indicateurs avancés des notaires. La tendance parisienne va-t-elle faire tache d’huile ? Il faudra attendre la prochaine note de conjoncture pour le savoir.

Grande couronne : toujours plus chère. Entre décembre 2021 et février 2022, 18 070 ventes sont recensées en grande couronne (77, 78, 91, 95), une baisse de 8% par rapport à décembre 2020/février 2021. Les appartements limitent la casse (-2%), mais les maisons plongent de 13%. Les prix, eux, montent. Le collectif s’apprécie de 3,8% sur un an pour atteindre 3 370 € le mètre carré moyen à fin février 2022. L’individuel bondit de 6,6% pour un prix moyen de 325 600 € l’unité. Et ce n’est pas fini. Pour les appartements, les notaires prévoient une hausse annuelle de 4,5% en juin 2022 (3 460 €/m² moyen), les maisons s’envolant de 7,5% (335 900 € l’unité). Des hausses qui pourraient peser sur l’activité.

© ADSN BIEN/Notaires du Grand Paris

Immobilier : les bonnes décisions. Compte tenu de la conjoncture francilienne, faut-il vendre ou acheter ? La réponse tient d’abord à des questions de stratégie personnelle, de besoins, de projet immobilier dans un marché tendu, où l’offre reste bien inférieure à la demande. En clair : celui qui trouve le logement qui lui convient ne doit pas tarder à se lancer sous peine de le voir filer dans l’escarcelle d’un acheteur plus prompt. Le vendeur avisé, lui, se gardera de toute surévaluation pour vendre son bien dans les meilleurs délais sans le brader. Pour trouver les bons équilibres et prendre les bonnes décisions, voir notre tutoriel Fixer le prix de vente de son logement et nos infos sur les prix de l’immobilier en France.


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