Comment aménager ses combles ?

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En réaménageant vos combles vous allez gagner des mètres carrés habitables. Une solution pratique beaucoup moins chère qu'une extension qui donnera de la valeur à votre maison.

Les mètres carrés vous manquent et vous n'avez pas les moyens d'acheter plus grand ? Pourquoi ne pas investir les combles ? Si l'architecture de votre maison s'y prête, c'est une solution simple, rapide et pratique. C'est en outre l'option la moins chère. En étant astucieux, vous pouvez obtenir 45 à 70% de surface habitable en plus ! Seule condition : disposer d'une hauteur minimale de 2,30 m sous le faîte de votre maison pour exploiter au mieux l'espace disponible.

Charpente à fermettes ou traditionnelle ?

Tout d'abord il est nécessaire de mesurer la hauteur disponible. Si celle-ci est inférieure à 1,80 m, vous pouvez bien entendu vous lancer dans l'aménagement des combles mais cela risque de vous entraîner dans des travaux lourds et coûteux. Il faudra certainement rehausser les murs périphériques pour remonter la toiture, ou changer la charpente, voire abaisser le plancher.

 En revanche, si la hauteur est supérieure à 1,80 m, la situation est plus simple. Reste néanmoins à identifier le type de charpente nécessaire (traditionnelle ou fermettes) car, selon la structure, les contraintes ne seront pas les mêmes. Plus qu'une nuance, c'est une différence fondamentale qui a des implications importantes en termes de travaux et de coût.

Si votre charpente est de type traditionnel et que les hauteurs disponibles sont suffisantes, le chantier ne présente a priori pas de difficultés majeures. Les charpentes traditionnelles sont formées de fermes, c'est-à-dire de pièces qui supportent le faîtage, de pannes et de chevrons. Leur principal intérêt est d'offrir un volume souvent important sans obstacles.

En revanche, si votre maison est récente, elle a toutes les chances de posséder une charpente à fermettes. Ce procédé américain est apparu en France à la fin des années 60. Ce sont des charpentes bon marché avec des bois de faibles sections. Elles permettent de réduire les coûts par rapport aux charpentes traditionnelles. Leur rigidité provient en grande partie de leur triangulation en W en appui sur le plancher. Seulement, pour aménager des combles non aménageables, il faut supprimer cette triangulation centrale. Toute modification de la charpente doit alors être réalisée par des spécialistes, car enlever ou modifier un chevron peut déstabiliser toute la structure ! Si la hauteur disponible après aménagement entre le plancher et le plafond au point le plus haut est supérieure à 1,80 m, le comble pourra être transformé et aménagé sans rehaussement ou surélévation de toiture.

Accéder à vos combles

Si les combles sont accessibles par un escalier, c'est un point positif car les travaux s'en trouveront diminués. Si vos combles sont dits perdus, ils ne sont accessibles a priori que 4 par une trappe ; il faut donc commencer par envisager un escalier !

Sachez qu'un escalier occupe une place au sol importante. Selon sa forme, son emprise peut varier de 1,60 à plus de 4 m2. Aussi, avant de vous décider, il est important de prendre ses dimensions en tenant compte des différents éléments environnants comme les fenêtres et les portes.

La trémie sur laquelle sera raccordé l'escalier devra avoir une largeur équivalente aux marches et une longueur supérieure à deux mètres pour ne pas se cogner la tête dans un sens ou dans l'autre. On distingue trois types d'escalier. Les modèles droits ou à multivolées sont les plus pratiques et les plus courants. Ils se déclinent droit, à quart tournant ou demi-tournant.

L'escalier hélicoïdal ne sera pas idéal pour transporter les meubles ou les lits que vous devrez monter à l'étage. Quant à l'échelle de meunier, c'est de loin l'escalier le moins cher. Mais n'oubliez jamais qu'un escalier est aussi un élément décoratif à part entière et qu'il doit s'intégrer harmonieusement dans votre décor.

L'éclairage de vos combles

Difficile d'imaginer des combles sans éclairage naturel. Solution la plus simple et de loin la moins onéreuse : la fenêtre de toit. Facile à installer, elle s'intègre partout, même sur les toitures plates. Certains fabricants proposent des modèles spécialement conçus pour ce type de toiture. En outre, ces fenêtres se déclinent dans de multiples dimensions et coloris. Ce n'est qu'une question de goûts. Peu élevés, leurs prix démarrent autour de 500 €. Quant à leur mise en place, simple, elle ne fait appel qu'à une unique compétence : celle du couvreur. Seules quelques règles esthétiques élémentaires doivent être respectées.

Tout d'abord, les fenêtres ne doivent pas être trop basses (au minimum 0,90 cm pour d'évidentes raisons de sécurité), ni trop hautes (pas plus de 2 m). N'oubliez pas que ce sont de véritables fenêtres ! Il est également préférable de respecter l'alignement vertical de la fenêtre avec les ouvertures inférieures. Si cet alignement est important, veillez également à respecter l'axe horizontal sur le toit. Enfin, vous pouvez prévoir un câblage électrique pour une motorisation ultérieure des stores ou des fenêtres.

La forme de la fenêtre sera plutôt plus haute que large. Plus large, elle sera disgracieuse sur le toit. Choisissez des châssis encastrés, ils sont moins apparents que les châssis classiques en saillie. Les combles sont soumis à d'importantes contraintes thermiques. Pensez aux vitrages à isolation renforcée. Certes le surcoût engendré par ce type de vitrage n'est pas négligeable, mais le confort procuré, surtout l'été, est indéniable. À défaut, posez des stores pare- soleil, simples à installer, ou encore des stores vénitiens. Enfin, les stores d'occultation permettront d'obtenir une obscurité totale.

Par ailleurs, les fabricants proposent des gammes d'accessoires s'adaptant à chaque modèle : stores, habillages intérieurs, volets roulants extérieurs. Pensez également à la domotique, et notamment aux détecteurs de pluie. Dès la première goutte, les fenêtres se fermeront automatiquement.

La pose d'une lucarne est toujours possible mais son coût est souvent dissuasif, surtout si la maison n'a pas été conçue à l'origine pour cela. Il faudra en effet, dans bien des cas, modifier la structure de la charpente. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Mais quelle que soit la solution adoptée, sachez que la surface vitrée est censée représenter environ 10 % de l'étage, sans prendre en compte les parties situées à moins de 1,50 m de hauteur. Ainsi, si la surface utile est d'environ 10 m2, une fenêtre standard de 98 x 134 cm sera largement satisfaisante.

Isoler la toiture

Le gros œuvre étant réalisé, ne reste plus qu'à passer au second œuvre. L'isolation est un point essentiel sur lequel vous devez porter toute votre attention. Au-delà des simples questions d'aménagement, c'est probablement la question la plus importante pour votre confort car il est indispensable de maintenir une bonne température l'hiver mais aussi et surtout l'été. Placées juste sous les toits, les pièces créées vont en effet subir des écarts de température très importants.

Quel matériau utiliser ?

Laine de verre, de roche, mousse de polyuréthane ou polystyrène expansé, isolant mince ? En panneaux ou en rouleaux ? Ils ont tous des qualités et de bonnes performances.

La différence se fera essentiellement sur la facilité de pose, sur la place dont vous disposez et, bien sûr, sur votre budget. Les matériaux en rouleaux sont plus faciles à poser, les panneaux rigides ou semi-rigides devant être coupés.

Il faudra bien entendu choisir les différentes épaisseurs en fonction des contraintes climatiques locales. Les isolants d'origine minérale, comme la laine de roche ou de verre, sont les plus connus et surtout les plus économiques. Proposés en rouleaux souples avec ou sans pare-vapeur, ou en panneaux rigides et semi-rigides, ces isolants fibreux s'adaptent parfaitement aux différentes dimensions entre les chevrons et les fermettes. Ce sont de très bons isolants thermoacoustiques. Ils s'utilisent en une ou deux couches en fonction des contraintes climatiques. En application bicouche croisée (panneaux + rouleaux à agrafer) ou en monocouche (panneaux), le résultat est souvent optimal.

La laine de verre est disponible en diverses largeurs de 80 à 200 mm ; la laine de roche en rouleaux de 45 à 180 mm. En règle générale, on isole une première fois entre les chevrons ou les fermettes à l'aide de laine en rouleaux ou en panneaux. Une deuxième couche vient masquer la première et éliminer les éventuels ponts thermiques. Là encore vous avez le choix entre le rouleau ou le panneau. Quelle que soit votre décision, les laines de roche ou de verre sont bien entendu conformes et devancent même les exigences de la nouvelle réglementation thermique et acoustique qui entrera en vigueur prochainement.

Pour la finition, vous pouvez peindre la face rigide ou la recouvrir de papier. Les mousses de polyuréthanne, de polystyrène (PSE) sous forme de plaques rigides sont des produits aux performances acoustiques et thermiques élevées. Leurs avantages ? D'abord l'imputrescibilité (autrement dit une bonne résistance à l'humidité) et l'incompressibilité. En outre, elles sont légères et rigides et se découpent sans peine à l'aide d'outils classiques comme les scies égoïnes, les scies sauteuses et autres cutters. Elles répondent bien sûr aux dernières exigences en matière d'isolation. Mais attention, elles sont plus chères !

Là encore, les différents producteurs les déclinent dans des gammes de produits adaptés à chaque situation. Ces produits se présentent aussi sous la forme de panneaux composites, mousse + plâtre, mousse + réfléchissant. Enfin, les isolants minces présentent l'immense avantage d'apporter des performances thermiques de bon niveau dans des épaisseurs dix à vingt fois inférieures. Ces isolants se présentent sous la forme de " mille-feuilles " dans lesquels alternent plusieurs couches de films réflecteurs et de séparateurs associés (ouates, mousses, etc.). Mais attention, pour obtenir de bons résultats, ce matériau doit impérativement être posé selon les règles de l'art.

Aménager les combles

Une fois vos combles réalisés, il faut évaluer précisément vos besoins : nombre de chambres, placards, salles de bains, dégagements... et réaliser bien entendu les plans des futures pièces. Pour des raisons pratiques, essayez dans la mesure du possible de placer la salle de bains à l'aplomb de la cuisine ou de la salle d'eau du rez-de-chaussée ; les raccordements d'évacuation et d'adduction seront plus faciles à réaliser puisque tout sera dans l'axe.

Quant à l'électricité, il faudra que les câbles circulent sous le plancher ou dans les parois pour être les plus discrets possibles. D'où l'intérêt de prévoir précisément vos besoins. Ne sous-évaluez pas le nombre de prises, pensez également aux éclairages ainsi qu'aux éventuelles prises téléphoniques ou de télévision.

Pour les revêtements de sol, mieux vaut opter pour des solutions légères comme la moquette ou le parquet. Un isolant phonique sera néanmoins indispensable pour atténuer les bruits d'impact. Vous pouvez répartir un matériau en vrac comme la laine de roche. Il suffit ensuite de le recouvrir d'un plancher en panneau de particules. Autre solution, l'isolant en rouleaux.

Les cloisons des pièces pourront être réalisées en matériau alvéolaire. Simples et très légères, ces parois sont composées de deux plaques de plâtre de 13 mm contrecollées sur une âme en carton alvéolé. C'est la solution la plus légère et la plus économique. Et elles se placent aisément. Les plaques de plâtre feront également l'affaire. Ils suffit de les monter sur une ossature métallique ou en bois. Le béton cellulaire quant à lui est une solution intéressante car, outre un poids acceptable (de 43 à 57 kg au mètre carré), sa mise en oeuvre est assez facile et surtout le matériau se découpe à la scie égoïne et se colle. Sans oublier bien sûr que c'est un excellent isolant.

Pour aller plus loin...

Aménagement : la disposition des pièces ne vous convient pas ? Pas de problème, en abattant quelques murs on redéfinit les pièces et on obtient de grandes surfaces. Mais attention, c'est une affaire...