Logement : ce que veulent vraiment les Français

31 Décembre 2020 - Une enquête menée auprès de 7000 Français révèle leurs aspirations immobilières et ce qu’ils mettent réellement en œuvre en matière de choix de logement. Des comportements et des attentes souvent paradoxales…

 

Accès à la propriété, rapport à la métropolisation ou à la mobilité… Une récente étude menée sous l’égide du réseau Procivis, spécialisé dans l'accession sociale à la propriété, en partenariat avec l'Institut Harris Interactive, démystifie les aspirations immobilières des Français en les confrontant à leur parcours résidentiel. Pour Yannick Borde, Président de Procivis « Ce baromètre confirme les intuitions que nous avions comme professionnels du logement, mais il nous surprend aussi par endroits. Il montre à quel point un débat public sur la question du logement est nécessaire tant les écarts sont grands entre ce que vivent les Français et ce qu’ils disent vouloir vivre. »

Du rêve à la réalité. Premier paradoxe, dans une France où l’aspiration à la propriété reste une valeur largement répandue à travers toutes les catégories de la population souligne l’étude (63% des non-propriétaires voudraient le devenir), seuls 56% des Français peuvent se targuer de ce statut. « La France est connue pour la proportion relativement faible d’habitants qui sont propriétaires de leur résidence principale » confirme Yannick Borde. Interrogés sur leur lieu de vie idéal, 75% des participants témoignent également de leur préférence pour une maison et 45 % d’entre eux plébiscitent le jardin.

Le logement coûte trop cher. Un rêve qui se frotte néanmoins aux réalités économiques. La part de leur budget consacrée au logement est perçue comme importante par près des trois quarts des Français (71%). La question des revenus reste hyper-déterminante des trajectoires résidentielles confirme l’étude. Se loger revient beaucoup trop cher pour la plupart des prétendants à l’accession et 61% des Français qui ont abandonné leur projet de devenir propriétaire l’ont fait pour des raisons financières. On peut donc craindre que la crise économique consécutive à la pandémie aggrave encore cette inégalité

Peu de mobilité. Peu enclins à couper les ponts les Français ? Alors que le discours politique prône la mobilité géographique notamment pour trouver un emploi, l’enquête révèle que 56 % des français habitent dans la même commune depuis plus de 10 ans ! Et les trois quarts d’entre eux résident dans un environnement comparable à celui de leur enfance. Cette continuité est particulièrement forte chez les urbains dont l’emploi constitue une attache forte.

Citadins mais pas trop. Pourtant alors qu’une part toujours plus importante de la population vit dans des métropoles, plus de la moitié des personnes interrogées préféreraient s’épanouir à la campagne ou dans une petite ville. A la faveur de la crise sanitaire 22% des citadins ont même engagé une démarche pour déménager. Parmi eux, 40% souhaitent vivre dans une ville moyenne ou petite voire un village. La métropolisation aurait-elle atteint ses limites ? Pas sûr : 60% de ceux qui souhaitent déménager depuis une grande ville souhaitent s’installer dans une autre grande ville !

Territoires dynamiques. Pour autant, ce sont les communes moyennes qui affichent l’image la plus positive auprès des Français. Pour eux, ces territoires allient les avantages des grandes agglomérations (commerces, services publics, innovation, transports) et des plus petites (proximité de la nature, qualité de vie). Une recherche de qualité de vie qui passe aussi par des logements moins chers et plus grands. Avoir suffisamment de pièces pour que chaque membre du foyer puisse s’isoler est prioritaire pour 92% des sondés. 79% veulent un balcon ou une terrasse, 77% un jardin. Et si le télétravail gagne du terrain, seuls 62% des foyers comprenant au moins un actif veut un bureau.

Le télétravail change tout. Un accès à un cadre moins urbain qui pourrait être favorisé par la « normalisation » du télétravail selon l’étude. Le temps de trajet « domicile-travail » subi constitue souvent un frein pour de nombreux urbains. Il est aussi est devenu un critère important de localisation. Une plus grande généralisation du télétravail ouvre de nouvelles perspectives. Avant même le reconfinement, la pratique concernait une part non négligeable d’actifs (35%), et était théoriquement possible pour près de la moitié d’entre eux (48%) rappelle le président de Procivis.

 

Publié par le
Journaliste chez PAP.fr


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