Immobilier : les prix montent encore à Paris !

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04 Novembre 2019 - Augmentation des ventes et hausse des prix : à Paris, le marché de l‘immobilier conserve tout son tonus. Une tendance qui devrait durer, l’offre de logements, dans le neuf comme dans l’ancien, restant largement inférieure à la demande.

L’immobilier ancien continue d’augmenter dans la capitale révèle le bulletin de conjoncture mensuel des Notaires du Grand Paris du 31 octobre dernier. Sur un an, d’août 2018 à août 2019, la hausse s’établit à 5,7 %, pour un mètre carré à 9.970 €. Pour rappel, la moyenne s’établissait à 7.880 € à la rentrée 2015 et à… 2.740 € au premier trimestre 2000. A noter : ces chiffres concernent les appartements, le nombre de transactions en maison ancienne n’étant pas suffisant pour dresser des statistiques représentatives.

Paris à plus de 10.000 €/m². Les derniers chiffres des Notaires du Grand Paris montrent que le rythme de hausse des prix observé cet été est un peu moins élevé que prévu. Le seuil des 10.000 €/m² n’a été franchi qu’en septembre 2019, alors qu’il avait été anticipé en août. Ce qui n’empêche pas la capitale de demeurer la ville la plus chère de France. Bordeaux et Lyon, qui se disputent la deuxième place, tournent aux alentours de 4.300 €/m² moyen en collectif.

Augmentation des ventes. Autre signe de dynamisme du marché parisien : le nombre de logements vendus augmente. Les notaires recensent 10.080 transactions dans l’ancien entre juin et août 2019, une progression de 7 % par rapport à la même période de l’an dernier. Les maisons anciennes comptent pour 80 transactions seulement, ce qui confirme l’étroitesse de ce marché.

© Notaires du Grand Paris

La hausse des prix n’est pas finie. Les indicateurs avancés des notaires montrent que le mètre carré moyen, toujours dans l’ancien, atteindrait 10.220 € en décembre prochain. « Compte tenu des augmentations passées, la croissance des prix serait alors de 6,8 % sur l’année 2019 », indique le communiqué. Bref, jamais les appartements parisiens n’ont été aussi chers… Et ils vont le rester !

Très cher VIe arrondissement… Par quartier, le record des prix revient à Odéon (VIe arrondissement), avec une moyenne à 17.040 €/m², suivi par Saint-Germain-des-Prés (VIe) à 15.050 €/m² et Notre-Dame (IVe) à 14.780 €/m². De l’autre côté de l’échelle, Goutte-d’Or (XVIIIe) est à 7.880 €/m², Pont-de-Flandre (XIXe) à 7.480 €/m² et la Chapelle (XVIIIe) à 7.470 €/m², ce qui en fait le quartier le plus abordable (source : site des Notaires du Grand Paris).

Logement : très forte demande. Ville-monde, très recherchée pour son prestige et son art de vivre, la capitale séduit une clientèle qui dispose de très solides moyens financiers, qu’elle soit française ou étrangère. Elle n’hésite pas à mettre le prix fort pour s’acheter un logement, notamment dans les beaux quartiers de la capitale. Et par effet d’entraînement, ce sont tous les arrondissements qui atteignent des prix himalayens.

Paris en panne de neuf. Pas question de compter sur le neuf pour accroître l’offre. A fin juin 2019, seuls 365 nouveaux logements sont disponibles à la vente selon une enquête de l’Agence départementale d’information sur le logement de Paris (Adil 75). Au deuxième trimestre 2019, les promoteurs n’ont mis en vente que… 116 appartements, un chiffre particulièrement faible pour une capitale.

Construire : plus qu’un défi. Rareté des terrains, complexité technique, longueur des procédures d’obtention des permis de construire, recours contre ces mêmes autorisations d’urbanisme : bâtir dans la capitale reste un vrai parcours du combattant. Au résultat, les prix du neuf crèvent les plafonds, atteignant 12.116 €/m² moyen (hausse de 7,8 %) sur un an, avec des pics à 20.000 €/m² dans le VIe arrondissement toujours selon l’Adil 75.

Changement d’acquéreurs. La tension sur les prix modifie la demande. Selon les Notaires du Grand Paris, les acquéreurs parisiens sont plus vieux qu’en Ile-de-France (40 ans contre 38 ans sur la région) et achètent plus petit (44 m² contre 67 m²). Et les notaires de rappeler qu’en 1998, un Francilien dépensait environ 100.000 € pour devenir propriétaire à Paris, un montant multiplié par quatre en vingt ans.

Paris, un marché élitiste… Ces prix influent sur la structure de la population parisienne. De plus en plus de familles quittent la capitale, même chez les cadres. Et les classes modestes et populaires ne peuvent plus y acheter depuis belle lurette alors qu’elles sont indispensables au fonctionnement de cette cité qui du coup perd des habitants. Elle comptait 2,5 millions d’âmes en 2011, contre un peu moins de 2,2 millions aujourd’hui.