Immobilier : l’ancien fait de la résistance
Les ventes de logements anciens devraient baisser de 15% cette année, un recul qui cache une vraie solidité, avec une demande toujours vive et des conditions de crédit favorables. Ce qui devrait aussi pousser les prix de l’immobilier à la hausse.
© Franck Paubel
900 000 transactions devraient être enregistrées cette année dans lancien estiment les Notaires de France dans leur dernière note de conjoncture, parue le 28 octobre 2020. Cest une baisse denviron 15% par rapport à 2019. Après un bon mois de janvier, linflexion des ventes a été observée dès février 2020. Un mouvement logiquement accentué par le confinement, qui a amputé le marché de deux mois dactivité. Et sil y a eu « un rebond durant lété », les Notaires anticipent « une stagnation des volumes des ventes jusquà la fin de lannée ». Du coup, les jeux sont sans doute faits quant au nombre de transactions dans lancien pour 2020. Et le résultat nest pas forcément catastrophique.
Des ventes qui résistent. Bien sûr, un recul des ventes de 15% entre 2019 et 2020, ce nest pas rien. Mais attention : lan dernier, le marché a franchi la barre du million de ventes (1 059 000 plus précisément) pour la première fois depuis que les statistiques existent. Et les 900 000 mutations nont été dépassées quen 2017, 2018 et 2019. Malgré de nombreux vents contraires (Covid-19, durcissement des conditions de prêt, moral des Français en berne), limmobilier ancien fait manifestement preuve de « résilience » comme le disent les notaires. Lors de la terrible crise financière de 2008, le marché était passé en un an de 830 000 à 560 000 transactions
Linfluence des taux bas. Si lancien sauve les meubles, cest grâce à des taux dintérêt qui sont restés très bas. Selon les courtiers, la moyenne brute (hors assurance) sur vingt ans a oscillé, de janvier à octobre 2020, de 1,20 à 1,50%. Aujourdhui, elle tourne autour de 1,25/1,30% bruts. Lors du record absolu à la baisse de la fin 2019, elle était tombée à 1,10%. Un argent bon marché qui cette année a permis aux acquéreurs de préserver leur capacité demprunt. Cest dautant plus vrai que les bons dossiers ont pu décrocher des décotes, le vingt ans brut démarrant à 0,90% pour ces emprunteurs disposant de bons revenus et d'un solide apport personnel.
Limmobilier neuf à la peine. Même le resserrement des conditions demprunt ne devrait pas faire dévisser les ventes. Respectant à la lettre les recommandations que le Haut conseil de stabilité financière (HCSF) a émis fin 2019, les banques ont limité le taux deffort à 33% (part des revenus consacrés au remboursement du prêt), la durée des crédits à 25 ans et le montant emprunté à sept années de revenus. Résultat : entre janvier et octobre 2020, le nombre de prêts à lhabitat effectivement accordés baisse de 19,9% par rapport à la même période de 2019 signale lObservatoire du financement Crédit Logement/CSA. Lancien limite la casse avec un nombre de prêts qui recule de 11,1%, mais le neuf plonge de 28,4% ! Ce secteur devrait payer le plus lourd tribut à la crise, avec une chute des ventes de l'ordre de 25%...
Une forte envie dacheter. Il semble même que la Covid-19 et la crise qui sen suit stimulent lenvie de pierre des Français. En août dernier (une période traditionnellement calme pour la pierre), PAP.fr constate « une hausse des recherches de biens à acheter de + 60 % par rapport à août 2019 en Ile-de-France et dans les départements limitrophes ». Un nombre de recherche qui progresse aussi dans les métropoles régionales et leurs périphéries. Entre autres exemples, la Loire-Atlantique monte de 68%, le Rhône de 86% et le Nord de 104% ! Pourquoi cette cote croissante ? « Limmobilier reste plus que jamais une valeur refuge. Nous le constatons une fois de plus en cette période incertaine » répondent les notaires.
Hausse des prix de lancien. Cette demande toujours ferme pousse les prix à la hausse. Selon les indicateurs avancés des Notaires, le mètre carré progresse, à fin octobre 2020, de 7% en rythme annuel pour les appartements et de 6,4% pour les maisons sur lensemble de lHexagone. En Ile-de-France, laugmentation atteint (toujours en rythme annuel) 6,6% à Paris, 9% en petite couronne ou encore 6,1% pour les appartements et 7,6% pour les maisons en grade couronne. En région, les indicateurs avancés montrent une poursuite de la hausse et même une accélération pour les maisons. Des biens qui, après le confinement, nont jamais été aussi appréciés !
Un marché qui change. La hausse de la demande nest pas le seul facteur dinflation immobilière. Avec les recommandations du HCSF, les banques demandent davantage dapport et respectent strictement les critères de taux deffort et de durée des crédits. De quoi écarter progressivement les accédants modestes (ils manquent dapport et ne peuvent plus allonger les durées pour gagner du pouvoir dachat). Du coup, « la production de prêts se déplace vers les catégories les plus aisées » selon Crédit Logement. Des ménages aux revenus et à lapport confortables, qui ont les moyens de leur politique ce qui soutient les prix.
Et lavenir face à la crise ? « Le secteur de lhabitation devrait rester préservé du fait dun marché dutilisateurs » estiment les notaires, écartant tout risque spéculatif. « Pour prendre lexemple de Paris, si le nombre de demandes pour une offre a certes baissé, passant de dix acquéreurs pour un vendeur à cinq pour un, il demeure un marché de pénurie. La psychologie des vendeurs a évolué, ces derniers se montrant moins exigeants ». Pour autant, les notaires conditionnent une reprise des ventes au printemps prochain à « un rattrapage économique » et à « une crise sanitaire sous contrôle ». Bref, la résilience nempêche pas lincertitude.
🗓️ Participez gratuitement aux ateliers de l'immobilier !
PAP - Particulier à Particulier organise toutes les semaines des ateliers gratuits réservés aux particuliers.
21 juillet 2026 à 12h30 -
Location vacances : comment s'y prendre ?
Participez à notre atelier en ligne Location vacances : comment s'y prendre ?
- Trouver des vacanciers : fixer ses tarifs, publier une offre
- Signer le contrat de location : quelles règles s'appliquent ?
- Gérer les entrées-sorties
21 juillet 2026 à 18h00 -
Vendre ou acheter d'abord ?
Participez à notre atelier Vendre ou acheter d'abord ?
- Stratégie 1 vs Stratégie 2 : on décortique les deux approches
- Financer sans stress : prêt relais, achat-revente, clauses à connaître…
- Un projet : PAP vous guide pas à pas, à chaque étape
23 juillet 2026 à 12h30 -
Trouver le bon locataire
Participez à notre atelier en ligne Trouver le bon locataire
- Publier une annonce : les informations importantes et les mentions obligatoires
- Traiter les candidatures : les pièces à demander, comment pré-sélectionner
23 juillet 2026 à 18h00 -
Vendre son bien immobilier
Participez à notre atelier en ligne Vendre son bien immobilier
- Préparer la vente : estimation, photos
- Trouver un acheteur : annonce, contacts
- Conclure la vente : offre et signature
Merci de confirmer votre inscription en cliquant sur l'e-mail que nous venons de vous envoyer !
Cliquez sur l'email que nous venons de vous envoyer pour confirmer votre inscription !
La rédaction vous conseille


