Crédit immobilier : ces femmes qui empruntent seules

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29 Mars 2021 - Salaires plus faibles, capacités d’endettement limitées… Les femmes qui empruntent pâtissent de conditions moins favorables que leurs homologues masculins. Elles sont pourtant de plus en plus nombreuses à vouloir financer l’achat de leur résidence principale. Le point avec La Centrale de Financement.

Le crédit immobilier se conjuguerait-il davantage au féminin ? La Centrale de Financement tente d’apporter la réponse dans une récente analyse en s’intéressant spécifiquement aux candidates à l’accession à la propriété. Sur la base des dossiers de prêts finalisés dans son réseau en 2020, le courtier en a même dressé le portrait type. Ainsi, apprend-on que la femme qui emprunte en solo est âgée d’une quarantaine d’années et dispose d'un salaire moyen de 2 800 € par mois. Elle contracte généralement un prêt sur 20 ans et 10 mois, à hauteur de 152 230 € en moyenne. Soulignons également qu’elle doit être en mesure de fournir un apport d'environ 24 % du montant de ce prêt, soit la somme de 36 535,20 €. Fait nouveau, le courtier constate qu'elles sont de plus en plus nombreuses à accéder à l'emprunt. Leur proportion a ainsi augmenté de 2,2 %, entre 2019 et 2020.

Plus de femmes mono-emprunteur. Cette tendance à la hausse s'explique selon le courtier par les évolutions sociétales qui permettent à de plus en plus de femmes d'accéder à des postes à responsabilité, et donc à une indépendance financière croissante qui leur ouvre les portes du crédit. Sylvain Lefèvre, président de la Centrale de Financement évoque également un autre facteur pour expliquer la féminisation du crédit, celui de la crise sanitaire. « L’effet divorce et les séparations engendrées par le confinement ont de facto contribué à une augmentation de la part des femmes dans la tranche des mono-emprunteurs. »      

Encore de nombreux obstacles. Une présence plus importante qui ne doit pas faire oublier les réalités auxquelles sont confrontées les candidates à l’accession sur le terrain estime Sylvain Lefèvre, « célibataires, mères mon- parentales, veuves ou divorcées, ces femmes ont souvent plus de difficultés que les hommes célibataires à mettre en place leur projet d’achat ». Elles demeurent d’ailleurs toujours, en proportion, moins nombreuses que leurs homologues masculins à contracter des prêts immobiliers : 44,4 % de femmes, contre 55,6 % d'hommes mono-emprunteurs en 2020.

Inégalités salariales. Surtout, elles empruntent globalement plus tard que les hommes (41 ans contre 37 pour les hommes), du fait de leurs revenus souvent inférieurs. Toujours en raison d’un salaire moins élevé, elles disposent d’une marge plus ténue pour constituer leur apport et leur capacité d'endettement ne leur permet pas d'obtenir des conditions de prêt aussi avantageuses que celles de leurs homologues masculins. Le revenu mensuel moyen des femmes ayant emprunté en 2020 est d'environ 9,7 % inférieur à celui des hommes ayant contracté un prêt à la même période, souligne le courtier.

Les banques plus exigeantes. Comme pour l'ensemble des emprunteurs, les conditions d'octroi du crédit se sont durcies. Ce qui s'est traduit par une montée en gamme des dossiers selon La Centrale de Financement. Le courtier note que les femmes célibataires qui ont pu emprunter l'an dernier présentaient un revenu mensuel moyen supérieur de 7,43 % à celles de 2019. Quant à leur apport personnel moyen, il a augmenté de 21,56 % entre 2019 et 2020. « Cette hausse est d'autant plus significative, relève le courtier, que le montant moyen du prêt contracté par les Françaises mono-emprunteuses n'a que très faiblement évolué entre 2019 et 2020, de 1 % en moyenne. »

 Acheter pour habiter. L’achat d’une maison voilà le principal objectif de ces candidates à l’accession à la propriété. Au cours de l'année 2020, 89 % des femmes mono-emprunteuses se sont engagées dans un projet d'emprunt immobilier dans le but de concrétiser l'achat d'une résidence principale selon la Centrale de Financement. Pour la plupart d’entre elles, cette acquisition représente une forme de sécurité pour l’avenir confirme le courtier. L’investissement locatif quant à lui reste encore très marginal.

Des taux toujours attractifs. Tous profils confondus, les conditions d'emprunt restent néanmoins très favorables pour les ménages. « Les banques maintiennent les taux de crédit à des niveaux attractifs sur l'ensemble des durées de prêt, afin de favoriser la demande d'emprunt immobilier pour ce premier trimestre 2021 », assure le courtier. Ainsi, en mars 2021, un emprunteur contractant un prêt d'un montant de 180 000 € sur 25 ans à 1,30 %, verra sa mensualité s'élever à 703,08 € pour un coût total de crédit de 30 924 €. 

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