Crédit immobilier : acheter à deux, c’est mieux ?

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16 Février 2018 - Près des deux tiers des emprunteurs vivent en couple. Cette situation facilite-t-elle l’obtention de leur prêt immobilier ? Quels sont les critères des banques ? Comment assurer le crédit ? Quelle est l’influence du régime matrimonial sur l’achat du logement ?

La Saint-Valentin, c’est une histoire de couple. Le crédit immobilier aussi. C’est du moins ce que rappelle une étude du courtier Vousfinancer réalisée à l'occasion de la fête des amoureux. De fait, près de 70% des clients emprunteurs de cette société vivent à deux. Une proportion qui monte à 70% chez les 40-49 ans et même à 73% chez les 30-39 ans. Cela dit, les chiffres du courtier ne font, au bout du compte, que refléter la réalité démographique de notre pays. D’après l’Insee (tableaux de l’Economie Française), la France compte 28,5 millions de ménages dont près des deux tiers sont des couples.

Pouvoir d’achat immobilier. Au-delà de ces chiffres, le courtier relève que l’emprunt -donc l’achat immobilier- est plus facile pour les couples. « A deux, les revenus sont plus élevés, ce qui permet d’avoir une plus grande capacité d’emprunt et donc d’accéder plus facilement à la propriété alors qu’un seul salaire n’est pas toujours suffisant » explique Jérôme Robin, président fondateur de Vous financer. Le courtier rappele que 64% des emprunteurs gagnent moins de 2.000 € par mois alors que 80% des couples ont des revenus nets mensuels supérieurs à 2.000 €. De quoi augmenter significativement leur capacité d'endettement, donc leur pouvoir d'achat immobilier. Et puis, avec un couple, le risque est réparti sur deux têtes. Le remboursement est davantage sécurisé, ce qui ne peut que plaire à la banque.

Emprunt, couple et contrat de travail. Si les deux conjoints sont en CDI, la banque accorde le prêt, pour peu que les autres critères soient emplis (capacité d’endettement, saut de charges, reste à vivre, comptes bancaires bien tenus etc.). Et si l’un des emprunteurs est en CDD et l’autre en CDI ? « La capacité d’endettement est calculée sur le seul CDI » répond Jauffrey Ianszen, directeur réseau du courtier Immoprêt. « Mais pour déterminer le reste à vivre (la somme qu’il reste une fois la mensualité de prêt payée), la banque se base sur les revenus du CDD et du CDI, ce qui facilite l'obtention du financement. »

Crédit immobilier : s’assurer à deux. Pour prêter, les banques imposent la souscription d’une assurance décès-invalidité. Lorsque l’on emprunte en couple, la quotité (part du capital à assurer) est souvent répartie en fonction des revenus de chacun. Si les salaires sont équivalents, chaque membre du couple sera couvert à hauteur de 50% de la quotité. Avec des revenus inégaux, on peut prévoir une répartition 40/60. Le plus sécurisant -et le plus cher : chaque co-emprunteur s’assure pour la totalité de la quotité. Si l’un d’entre eux ne peut plus travailler, l’assurance crédit prendra en charge l’intégralité du remboursement.

A noter : si les garanties de l’assurance souscrite au moment de la signature du crédit ne vous conviennent pas, vous pouvez en changer chaque année à la date anniversaire du contrat. Une mesure entrée en vigueur en janvier 2018. Pour en savoir plus, c’est ici.

Logement : à quel nom acheter ? L'étude Vousfinancer signale que 35% de ses clients emprunteurs sont mariés, alors que 22 sont en concubinage et 11% sont pacsés. L’occasion de rappeler que ces régimes matrimoniaux ont des conséquences différentes sur le projet immobilier. Le statut le plus protecteur reste le mariage, même si le Pacs s’en rapproche. Ceux qui vivent en union libre devront bien organiser leur projet. En fonction de leurs objectifs et de leur situation, ils devront choisir entre l’indivision, la Société civile immobilière (SCI) ou éventuellement la tontine. Pour en savoir plus, voir nos dossiers sur l'achat en couple (mariage, concubinage, union libre).

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