Les Français et le logement : sept données à retenir

04 Mars 2022 - En ces temps de crise, notre rapport au logement ne cesse d’évoluer. Pouvoir d’achat, manque d’offre, transition énergétique, qualité de l’habitat… autant de problématiques qui ne cessent d’interroger la population. Découvrez comment les Français se les approprient dans le sondage Elabe diligenté par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI).

L’immobilier reste un sujet de préoccupation pour les Français. C’est ce qui ressort de la dernière étude Elabe, commandée par la Fédération des promoteurs immobiliers, sur les Français face aux problématiques du logement. Le sujet ne fait pourtant pas partie des thématiques qui inquiètent le plus personnellement les personnes interrogées. Il arrive très loin derrière le pouvoir d’achat.

Pour autant, le logement est cité comme un poste que les Français augmenteraient en priorité s’ils en avaient les moyens, juste derrière les loisirs et l’alimentation. Ensuite un Français sur deux estime que la thématique n’est pas assez abordée dans le débat public. Enfin, le logement arrive en tête des besoins indispensables pour se sentir bien dans sa vie. Mais au-delà de ce constat, l’enquête invite les Français à se prononcer sur la situation actuelle de l’immobilier hexagonal et même de proposer des solutions pour l’améliorer.

Une vision pessimiste du marché

82 % des Français jugent la situation actuelle du marché de l’immobilier comme mauvaise et même qu’elle s’est dégradée ces dernières années. Ainsi 70 % estiment que le nombre de logements disponible n’est pas suffisant et 55 % que la qualité du parc de logement n’est pas à la hauteur. Ce constat négatif apparaît comme partagé par les locataires et les propriétaires. Le manque d’offre de nouveaux logements semble un critère déterminant pour beaucoup de sondés. Ainsi 88 % des Français considèrent l’accès au logement comme un facteur essentiel d’intégration et de cohésion sociale.

Un pouvoir d’achat en berne

94 % des Français pensent que le logement pèse beaucoup sur leur pouvoir d’achat. Ils sont même 90 % à déplorer le décalage grandissant entre les prix pour se loger (aussi bien pour la location que pour l’achat) et leurs revenus. Pour 82 % d’entre eux, il s’agit même de la principale cause expliquant la difficulté à se loger dans notre pays aujourd’hui. D’ailleurs le coût reste le critère le plus important pour choisir son logement (60 %), devant l’état général (40 %) et le calme (32 %).

Un accès au logement difficile

82 % des personnes interrogées déclarent que trouver un logement aujourd’hui en France ressemble à un parcours du combattant. C’est même tellement difficile que 33 % d’entre eux avouent avoir déjà accepté un logement qui ne correspondait pas du tout à leurs envies ou leurs besoins. 21 % ont renoncé à un achat, car la banque leur a refusé un prêt. Et 20 % ont dû rester vivre chez leurs parents ou retourner chez eux, car ils ne trouvaient pas ce qu’ils cherchaient. Enfin 13 % des sondés affirment avoir dû renoncer à une opportunité professionnelle parce qu’ils n’ont pas trouvé de logement à proximité. Des situations plus vécues par les locataires que les propriétaires.

Des Français satisfaits de leur logement

Malgré ce climat tendu, les Français se disent majoritairement satisfaits de leur logement actuel. Les propriétaires apparaissent comme la catégorie ayant la meilleure opinion de leur logement (90 % sont satisfaits), suivis des sondés qui bouclent leurs fins de mois sans se restreindre (87 %) et de ceux qui vivent des logements avec de l’espace (88 %). Les locataires se montrent moins satisfaits (62 %), comme ceux qui vivent dans de petits logements (62 %) et ceux qui doivent se restreindre en fin de mois (68 %). Parmi les raisons de se réjouir, les personnes interrogées citent surtout l’exposition et la luminosité (82 %), la surface totale et de chacune des pièces (80 %), le voisinage (76 %) et la proximité à des infrastructures.

Une exigence vis-à-vis des pouvoirs publics

Pour débloquer le marché et construire davantage, les Français ont des idées. Ils proposent de simplifier les procédures administratives (65 %). Pour eux, cela constitue un moyen efficace de réduire les délais de construction jugés trop longs actuellement. Ils attendent également des pouvoirs publics qu’ils récompensent les entreprises de construction écoresponsables (58 %) et développent les concertations citoyennes (51 %). De manière générale, l’action des pouvoirs publics est jugée insuffisante. 71 % adressent cette complainte au gouvernement et 54 % seulement aux élus locaux.

La protection de l’environnement prise en compte

Les Français veulent plus de logements, mais cette exigence ne doit pas entraver la protection de l’environnement. Ainsi, seulement 55 % des personnes interrogées estiment que la construction a un impact négatif sur notre planète. Mais le constat n’est pas le même selon les générations. Ainsi les 18-24 ans apparaissent comme les plus soucieux de l’écologie (67 %) alors que les 65 ans et plus ne sont que 42 % à intégrer cette notion de poids carbone du logement. Dans leur majorité (72 %), les Français considèrent que ces deux objectifs (la construction et l’environnement) restent conciliables.

Mais ils ne sont pas tous d’accord sur les solutions à proposer. 50 % souhaitent privilégier les logements collectifs pour réduire l’étalement urbain et l’artificialisation des sols. Mais 48 % préfèrent au contraire construire plus de maisons individuelles pour correspondre à la demande citoyenne.

Une méconnaissance des règles de construction

Les Français ne connaissent pas bien les dernières normes environnementales rendues obligatoires pour tous les projets de construction. Ainsi 62 % de la population ignorait que la France était le pays où ses normes étaient les plus exigeantes. 7 % refusent même d’y croire ! Ainsi leur avis sur ces normes, qu’ils ne maîtrisent pas bien, les sondés se révèlent assez indécis. 35 % estiment qu’elles sont justes, 28 % qu’elles sont trop contraignantes et 23 % pas assez. Pour les Français, ces normes ont un impact évident sur l’augmentation des prix (78 %) et sur la longueur des délais de construction (64 %). Mais en même temps, elles apparaissent pour 63 % des sondés comme indispensables pour protéger la nature. 

Publié par le
Journaliste chez PAP.fr


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