Investissement : pourquoi les Français préfèrent l’immobilier

Publié par le

20 Septembre 2018 - L’investisseur dans l’immobilier, cet inconnu ? Plus maintenant ! Une étude du Crédit foncier dévoile son profil, ses motivations, le prix de son placement, son financement et nous dit s’il est prêt à placer de nouveau son argent dans le logement locatif.

Vous avez gagné au Loto. Où allez-vous placer votre argent ? Dans la pierre si l’on en croit une étude du Crédit foncier réalisée auprès de 2.600 de ses clients particuliers. Selon ce document, 68% des personnes interrogées choisiraient en premier une maison ou un appartement pour ensuite les mettre en location s’ils recevaient une somme d’argent, loin devant l’assurance-vie (16%), les formules d’épargne sécurisées comme le Livret A (10%) et les marchés financiers (7%).

Motivations pour investir. Pour 54% des investisseurs, il s’agit d’abord de bâtir un patrimoine. 50% d’entre eux voient leur placement locatif comme la meilleure façon de disposer d’un revenu complémentaire. Leur objectif : mettre du beurre dans les épinards de la retraite. 34% comptent investir pour disposer d’un capital dans quelques années. L’immobilier confirme ainsi son rôle de capital solide et durable, de bas de laine qui sécurise l’avenir. A noter : 34% des sondés comptent transmettre un logement à leurs enfants.

Ancien : cap sur le patrimoine. Dans l’ancien, la démarche est avant tout immobilière. 67% de ceux qui optent pour ce type de bien misent sur la perception régulière de revenus et 63% comptent bâtir un patrimoine. 39% veulent transmettre un bien à leurs enfants. Seuls 32% envisagent de revendre. Ces investisseurs agissent en terrain connu : ils sont 63% à investir près de chez eux. De quoi bien connaître le marché immobilier et les loyers, mais aussi garder un œil sur leur logement. Rappelons que plus de 60% des investisseurs dans l’ancien gèrent eux-mêmes leur opération.

Neuf : objectif défiscalisation. 71% de ceux investissent dans le neuf le font avant tout pour des raisons fiscales. On peut les comprendre : ce secteur bénéficie d’avantages substantiels. Le dispositif Pinel, par exemple, leur permet de diminuer leurs impôts de 36.000 € sur 6 ans, 54.000 € sur 9 ans et de 63.000 € sur douze ans. 57% des sondés n’hésitent pas à investir loin de chez eux pour trouver les meilleures opportunités. Une fois leur bénéfice empoché, 56% d’entre eux comptent revendre. Bref, ces particuliers amateurs de logements neufs voient leur investissement locatif comme une opération financière.

Dans quel logement investir ? 92% des investisseurs sondés par le Crédit foncier se tournent vers les appartements. 87% choisissent des petites ou des moyennes surfaces (du studio au trois pièces). Logique : le ticket d’entre est plus abordable que pour les grands logements. Seuls 8% des sondés choisissent une maison. Un faible score qui met en lumière une vraie opportunité. Chaque année, des milliers de familles cherchent une villa à louer… et ne la trouvent pas. La demande locative est donc soutenue, le turn-over réduit et les locataires entretiennent mieux le bien.

Immobilier : qui sont les investisseurs ?
Peu de jeunes chez les investisseurs. Seuls 5% d’entre eux ont moins de 30 ans. Logique : à cet âge, on pense avant tout à financer l’achat de la résidence principale. 27% ont entre 30 et 40 ans. Il s’agit sans doute de primo-investisseurs. 35% ont entre 40 et 50 ans et 33% plus de 50 ans. 72% vivent en couple (53% de mariés, 13% de Pacsés et 6% d’union libre). Côté revenus, 42% des ménages investisseurs gagnent entre 2.001 et 4.000 € par mois, 23% de 4.001 à 6.000 €. Les plus de 10.000 € comptent pour 8% du total.

Le prix de l’immobilier. Le prix médian d’un investissement locatif s’établit à 170.000 € au premier semestre 2018 révèle l’étude, contre 175.000 € en 2017 et 167.000 € en 2016. « La part des biens immobiliers dont le montant est supérieur à 150.000 € tend à s’accroître : elle était de 50% en 2010 et de 62% au premier trimestre 2018 » précise l’étude. Comme en 2016 et en 2017, la surface moyenne atteint 45 m². Il semble bien que les investisseurs choisissent des adresses plus résidentielles, donc plus chères, sans doute pour des questions de sécurisation de la valeur du patrimoine.

Financer l’investissement. 66% des investisseurs financent leur projet sans apport personnel, 23% disposant d’un apport de 10% maximum. En 2010, la part des sans apport comptait pour 58%. « La baisse des taux incite les investisseurs à augmenter la part financée par le crédit » commente l’étude. C’est aussi une affaire d’optimisation : les loyers sont en effet déductibles des loyers lorsqu’ils sont déclarés au fisc, ce qui diminue la base imposable donc les impôts. Et ça, les investisseurs le savent ! A noter : la durée du crédit reste stable, à 20 ans et 10 mois (20 ans et 6 mois en 2010).

Et si c’était à refaire ? « La part des investisseurs satisfaits de leur opération passe de 74% en 2014 à 93% en 2018 » note l’étude. 42% des primo-investisseurs (ceux qui se sont lancés pour la première fois cette année) comptent de nouveaux miser sur la pierre. « Cette opinion se justifie par le montant que représente bien immobilier » commente l’étude. Plus jeunes, les primo-investisseurs ont moins de moyens et rechignent à trop s’endetter. En revanche, 61% des investisseurs confirmés ont l’intention de refaire un placement locatif (35% en 2013). Quand on prend goût à la pierre, il devient manifestement difficile de s'en passer !