Sécurité : les Français boudent les détecteurs de fumée

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29 Octobre 2014 - Seuls 10 à 12 % des logements sont équipés d’un détecteur de fumée, un dispositif qui doit être pourtant installé au plus tard le 8 mars 2015 dans les résidences principales et secondaires.

Méconnaissance, indifférence, négligence… Les raisons ne manquent pas pour expliquer le peu d'entrain des Français à installer dans leur habitation un détecteur de fumée. Un équipement qui sera pourtant obligatoire au plus tard le 8 mars 2015, conformément à la loi Morange. Selon la Fédération française des métiers de l'incendie, seuls 10 à 12 % des logements sont en effet équipés de ce dispositif. « Les Français n'identifient jamais l'incendie comme un risque qui peut les concerner quand on les interroge », observe Régis Cousin, président de la FFMI, lors d'une conférence de presse annonçant Expoprotection, le salon de la prévention et de la gestion de risques qui se déroule du 4 au 6 novembre à Paris porte de Versailles.

Un détecteur vital. Pourtant, ce détecteur qui déclenche une alarme sonore lors de l'émission de fumée est une solution efficace pour épargner de nombreuses victimes. Selon la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), tous les pays dont 80 % des logements se sont dotés de cet appareil ont vu leur nombre de morts diminuer de moitié lors d'incendies domestiques. En France, ce type de sinistre entraîne chaque année 10.000 victimes, un nombre qui a doublé en vingt ans.

La marque NF : un plus pour le consommateur. Un détecteur de fumée de qualité vaut, en moyenne, entre 20 et 25 €, piles incluses qui lui garantissent une autonomie comprise entre 5 et 10 ans. Ce produit doit bénéficier du marquage CE, passeport obligatoire pour être commercialisé sur le territoire français. Mais les professionnels conseillent d'acheter les produits certifiés NF. La marque NF apporte en effet des garanties de qualité supplémentaires au consommateur.

Une pose de qualité. Vous pouvez poser vous-même votre détecteur de fumée en suivant les consignes de la notice de montage. Les détecteurs de fumée doivent être implantés près des pièces de nuit pour vous permettre d'évacuer rapidement votre logement et non dans la cuisine. Les fumées dégagées par la cuisson des aliments déclencheront en effet la sirène du détecteur. Il est conseillé de le fixer par vis et non par collage.

Choisir son professionnel. Si vous ne voulez pas jouer les bricoleurs, vous pouvez faire appel à des installateurs adhérents aux organisations professionnelles comme la FFMI ou le syndicat des professionnels français Sécurité voix données images (SVDI). Des professionnels qui vous installeront des produits performants selon les règles de l'art pour 60 à 80 € (fourni posé). Ce qui n'est pas le cas de certaines entreprises peu scrupuleuses qui se sont lancées récemment sur ce marché. « Nous observons plusieurs types d'escroqueries », note Chantal Renaud, présidente de la Fédération française des installateurs de matériel de prévention incendies domestiques (FFIMPD). « Certaines entreprises facturent le détecteur à un prix très élevé. D'autres installent vingt détecteurs chez un particulier ou vendent un contrat d'entretien mensuel de 20 €. » Ce qui est inutile et abusif !

Une attestation sur l'honneur à envoyer. L'installation terminée, il vous suffit d'envoyer à votre assureur une attestation sur l'honneur précisant que la pose du détecteur a bien été réalisée. Si l'installation du détecteur ne fait l'objet d'aucun contrôle dans les habitations, la responsabilité pénale des particuliers peut être, cependant, mise en cause. « Ce sera le cas s'il est prouvé qu'un incendie qui s'est déclaré dans un logement non équipé de détecteur s'est propagé à d'autres logements », détaille Régis Cousin.