Détecteurs de fumées : les deux tiers des Français équipés
Conformément à la loi, la majorité des Français a installé des détecteurs de fumées à son domicile. Mais certains n'en veulent pas sous-estimant ainsi le risque incendie.
© Hager
Les Français semblent avoir adopté les détecteurs de fumées. C'est du moins ce qu'ont déclaré 85 % des personnes interrogées lors du 4e Baromètre Kidde-BVA, réalisé du 15 au 16 janvier 2016.
Des Français qui ne disent pas tout. Ce chiffre en hausse de quatre points par rapport à septembre 2015 doit être cependant nuancé. « Je trouve ce chiffre optimiste », observe Gaëlle Alloin, directrice marketing Europe Kidde, fabricant de détecteurs de fumées. « Selon nos estimations par rapport aux ventes, le taux d'équipement se situe plutôt entre 60 et 65 %. L'autodéclaration est surévaluée par une crainte éventuelle de représailles. » Si les chiffres divergent, l'impact des détecteurs se fait en tout cas sentir. Le service départemental d'incendie et de secours de la Vienne a ainsi constaté une hausse de 5 % des interventions des pompiers consécutives à un déclenchement de l'alarme du détecteur de fumées.
Le risque d'incendie sous-évalué. Mais le chemin est encore long avant de convertir les Français qui ne sont pas encore équipés de ce dispositif pourtant obligatoire depuis mars 2015, suite à la loi Morange. Les explications avancées ? Si 21 % estiment que c'est le propriétaire qui doit s'en charger – la loi leur donne raison –, 20 % pensent en revanche qu'ils n'ont pas besoin du détecteur car s'il se produit un incendie chez eux, ils s'en rendront compte ! Erreur car les incendies peuvent survenir la nuit piégeant les occupants dans leur sommeil ou le jour pendant leur absence.
Des alarmes intempestives relevées. Autre enseignement de ce 4e Baromètre : les alarmes intempestives signalées par 18 % des utilisateurs. Si ce chiffre n'est pas excessif, les experts soulignent le risque de rejet qui peut être suscité par ce type de problèmes. Encore faut-il distinguer les alarmes intempestives des fausses alarmes. Dans le cas des premières, le détecteur se déclenche, non pas pour signaler le début d'un incendie, mais suite à un dégagement de fumées de cuisson, de vapeurs d'eau… Un fonctionnement tout à fait normal car le détecteur se déclenche lorsque le rayon lumineux de la lampe est dévié par les particules de fumées.
L'exemple britannique à suivre. Mais ces alarmes intempestives pourraient être résolues si l'implantation du détecteur était plus pertinente. Ces dispositifs doivent être en effet éloignés des sources de chaleurs comme la cuisine. Le meilleur emplacement étant situé près des pièces de nuit pour réveiller les occupants lors du départ d'incendie. Les pouvoirs publics pourraient s'inspirer de l'exemple britannique. Outre-Manche, ce sont en effet les pompiers anglais qui installent ces détecteurs de fumée au domicile des particuliers après avoir réalisé un diagnostic sécurité de l'habitation. Une installation réussie qui a permis de diviser par deux le nombre de décès consécutifs à un incendie au sud de l'Angleterre.
Un mauvais entretien. Dans le cas de fausses alarmes, le détecteur se déclenche suite à un encrassement. D'où la nécessité de l'entretenir régulièrement. Un dépoussiérage doit être effectué à l'aide d'un chiffon une fois par mois, une pratique adoptée par seulement 33 % des personnes interrogées. Autre conseil : actionner le bouton test une fois par semaine pour vérifier le bon fonctionnement du détecteur. Seules 54 % des personnes interrogées effectuent ce geste.
Un message de prévention à renouveler. Si la première année d'application de cette loi est plutôt encourageante, les experts rappellent la nécessité de renouveler des messages de prévention que ce soit auprès des occupants mais aussi dès l'école primaire. L'installation des détecteurs étant vitale. « L'objectif est de sauver des vies », rappelle le commandant Didier Rémy, chef du service prévention du Service départemental incendie secours de Charente-Maritime qui rappelle aussi que ce dispositif peut aussi épargner les soldats du feu. « Le sauveur doit être sauvé ! »
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