Logement étudiant  : 35 °C sous les toits, jusqu'où faut-il aller pour se loger ?

Roman Rainfray
Publié par Roman Rainfray
le 31 août 2026
Chargé d'études chez PAP.fr

À quelques jours de la rentrée universitaire, la course au logement étudiant tourne au sprint. Studios pris d'assaut, boîtes mail saturées de candidatures, records de contacts pulvérisés jusque sous les toits brûlants : partout en France, la pénurie de petites surfaces pousse les étudiants à revoir leurs exigences à la baisse. État des lieux du marché locatif étudiant à Paris, en Île-de-France et ailleurs, chiffres à l'appui.

À Paris, certaines de ces « bouilloires thermiques » réunissent jusqu’à 629 contacts par annonce.
À Paris, certaines de ces « bouilloires thermiques » réunissent jusqu’à 629 contacts par annonce. © PositiveTravelArt-shutterstock

📌En résumé

Plus de 7 étudiants sur 10 jugent aujourd'hui cette recherche de logement anxiogène

Offre en hausse, mais insuffisante+ 4 % de logements en un an, loin de suivre la demande étudiante
Paris sous tensionUn studio de 18 m² a reçu 1 638 demandes de contact
Logements sous les toitsJusqu'à 629 contacts malgré des combles à 35 °C
Des pistes pour l'avenirSimplifier la fiscalité et alléger les normes pour relancer l'offre

+ 4 % de logements en 2026, mais une compétition toujours aussi vive

Le logement étudiant souffre d’un manque structurel d’offre. Année après année, la situation ne semble rencontrer aucune embellie. Cette année pourtant, l’offre en logements progresse de 4 % par rapport à l’année dernière. Un mouvement bienvenu, mais qui reste loin de suffire ! À Paris par exemple, ce sont près de 5 000 nouveaux étudiants qui affluent à chaque rentrée, entretenant une demande très forte, centrée sur les mêmes biens, les petites surfaces. Résultat : une concurrence hors norme, rendant la rentrée universitaire plus anxiogène pour plus de 7 étudiants sur 10 (sondage PAP réalisé auprès de 1 256 étudiants).

👉Ce manque d’offre se retrouve aussi bien dans les grandes métropoles que dans les villes moyennes. À Rennes, Grenoble, Angers ou Montpellier par exemple, l’offre de formations universitaires s’est nettement étoffée ces dernières années, séduisant toujours plus d’étudiants en quête de villes où se loger reste plus abordable. Mais le parc locatif local n’a pas suivi ce rythme et la tension gagne désormais ces villes à son tour, par effet ricochet.

Paris : la course au logement

L’analyse des 200 annonces les plus recherchées dans la capitale pour cette rentrée fait apparaître une moyenne de 727 contacts par logement en quelques jours. Un tel niveau de concurrence que la qualité même des dossiers devient difficile à apprécier. Les studios, à peine 17 m² en moyenne, concentrent l’essentiel de cette demande, car ils restent les plus accessibles financièrement :

  • Un studio (T1) : 16,7 m² en moyenne pour 764 €/mois ;
  • Un deux-pièces (T2) : 33 m² en moyenne pour 1 258 €/mois.

👉Plus de 1 000 contacts : profil-type des annonces qui s’arrachent

Le record de cette rentrée revient à un studio de 18 m² du 20e arrondissement qui a recueilli 1 638 demandes de contact en moins d’une semaine. Tous les logements qui franchissent le millier de contacts partagent à peu près les mêmes caractéristiques : une surface modeste et un loyer en dessous de la moyenne du marché. Le coût du logement étant la priorité des étudiants, les biens à peu près compétitifs sur le marché parisien sont l’objet d’une concurrence féroce.

🙋‍♀️Phénomène nouveau : depuis quelques années, on remarque la mise en place de colocations étudiantes via des petits T2, ce qui suggère une organisation contraignante. La pièce à vivre étant aussi une chambre pour l’un d’eux…

La petite couronne, pas épargnée !

En dehors de Paris, l’Île-de-France connaît elle aussi une forte demande étudiante. Les 200 annonces les plus recherchées y affichent une moyenne de 215 contacts, ce qui traduit une concurrence assez active :

  • Un studio (T1) : 20,4 m² en moyenne pour 750 €/mois ;
  • Un deux-pièces (T2) : 35,4 m² en moyenne pour 987 €/mois.

Première remarque : à budget égal, la surface accessible grandit sensiblement dès que l’on sort du périphérique. Et l’abondance des grandes surfaces, à prix plus abordable, facilite le choix de la colocation et desserre certaines de ses contraintes habituelles. Les trois-pièces y coûtent en moyenne 30 % moins cher qu’à Paris, un écart qui permet à plusieurs étudiants de se regrouper dans de meilleures conditions, sans sacrifier totalement leur confort ou leur intimité.

👉TOP 10 des villes les plus plébiscitées en petite couronne

Sept de ces villes appartiennent aux Hauts-de-Seine (92), un signe fort de l’attrait de ce département pour les étudiants (et leur famille). Le Val de Marne (94) continue de séduire également, avec une bonne place dans ce TOP 10, perdant simplement une position par rapport à l’année dernière.

  1. Boulogne-Billancourt (92)
  2. Ivry-sur-Seine (94)
  3. Colombes (92)
  4. Nanterre (92)
  5. Asnières-sur-Seine (92)
  6. Antony (92)
  7. Créteil (94)
  8. Vitry-sur-Seine (94)
  9. Bagneux (92)
  10. Issy-les-Moulineaux (92)

👉Hauts-de-Seine : la place qui rassure

Ce département tire son épingle du jeu pour plusieurs raisons : un rapport prix/surface plus favorable qu’intra-muros, des liaisons rapides vers la capitale et une réputation qui séduit aussi bien les étudiants que leurs parents. Côté loyers, les écarts entre villes restent resserrés, pour des surfaces nettement supérieures à celles d’un studio parisien, à budget comparable. À Boulogne-Billancourt, ville la plus demandée de la petite couronne, il faut ainsi compter un peu plus de 900 € pour une trentaine de mètres carrés (Vs presque 1 300 € à Paris).

🙋‍♀️Nanterre, 4e du classement, concentre à elle seule plusieurs atouts : l’université Paris Nanterre y accueille chaque année plusieurs dizaines de milliers d’étudiants, à deux pas du quartier d’affaires de La Défense et des possibilités de stage…

Plus globalement, les Hauts-de-Seine bénéficient d’une réputation flatteuse auprès des familles : centres-villes réaménagés, commerces variés, sentiment de sécurité fréquemment cité par les habitants. Un cadre de vie qui pèse dans la balance au moment de choisir où poser ses valises.

La province : une tension (un peu) plus respirable

Dans plusieurs grandes villes universitaires, Lyon, Nice, Bordeaux, Toulouse, Lille, Aix-en-Provence ou encore Nantes, les loyers restent conséquents, avec un niveau de concurrence bien palpable. Les 200 annonces les plus recherchées y affichent une moyenne de 149 contacts.

  • Un studio (T1) : 25,1 m² en moyenne pour 669 €/mois ;
  • Un deux-pièces (T2) : 42,8 m² en moyenne pour 900 €/mois.

👉On constate également la présence de grandes surfaces, à un prix accessible, ce qui facilite d’autant plus le choix de la colocation. Nombre de ces biens sont d’ailleurs présentés comme des logements répondant à cette organisation.

Sous les toits : la chaleur ne dissuade pas plus qu’avant !

L’été 2026 a été marqué par des vagues de canicule hors norme. Et pourtant, les logements installés au dernier étage, souvent les plus exposés à la chaleur, continuent de recevoir de nombreuses demandes. À Paris, certaines de ces « bouilloires thermiques » réunissent jusqu’à 629 contacts par annonce, un score révélateur de la crise du logement étudiant !

👉 Le message est sans ambiguïté : face à l’urgence de se loger avant la rentrée, le « confort d’été » est un critère que les locataires ne peuvent pas se permettre d’exiger.

Il ne s’agit pas de se tromper de sujet : la question du confort estival et des logements mal isolés ne doit pas éclipser l’essentiel, à savoir le manque de logements disponibles, bien plus déterminant que leur seule qualité thermique. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille renoncer à la rénovation énergétique du parc immobilier : elle devra avoir lieu, pour l’ensemble des logements, et PAP ne remet nullement ce principe en cause. Elle doit toutefois s’inscrire dans un calendrier plus réaliste, sans faire oublier le problème de fond que reste l’offre de logements.

Quelles pistes pour l’avenir ?

Le marché du logement étudiant restera déséquilibré tant que l’offre ne suivra pas durablement la demande. Or, un empilement de normes, de contraintes administratives et d’atteintes à la rentabilité locative pèse aujourd’hui sur la décision de certains propriétaires de louer leur bien, ou d’y engager des travaux. Plusieurs pistes pour agir dans la durée :

  • Redonner de l’attractivité à l’investissement locatif, en simplifiant et en clarifiant la fiscalité applicable aux propriétaires bailleurs ;
  • Alléger l’empilement de contraintes qui pèse sur la rentabilité locative, dont l’encadrement des loyers, qui dissuade aujourd’hui de nombreux propriétaires de louer ou d’investir tout simplement ;
  • Assouplir les normes qui freinent la mise en location, en révisant en priorité le calendrier de la loi Climat, dont l’application est techniquement impossible ;
  • Recentrer le débat public sur la question de l’offre de logements, plutôt que sur le seul confort d’été ou les passoires thermiques ;
  • Engager un grand plan logement de long terme, construit sans précipitation et articulé à une véritable politique d’aménagement du territoire.

👉Au final, cette rentrée universitaire confirme ce que disent les chiffres : la question n’est plus de savoir si l’on trouvera un logement décent, mais jusqu’où l’on est prêt à revoir ses exigences pour en obtenir un. Studios sous les toits, colocations improvisées, dossiers qui s’arrachent en quelques heures : les étudiants ne choisissent plus leur logement, ils saisissent ce qui passe. Tant que l’offre ne suivra pas durablement la demande, cette course effrénée à la rentrée continuera de se rejouer, été après été, canicule ou pas.

Étude Observatoire PAP basée sur 631 126 recherches de petites surfaces entre le 1er juillet et le 27 août 2026 - Sondage PAP réalisé le 26 mai 2026 auprès de 1 256 étudiants.

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Responsable Relations Presse : Virginie Chalumeau - Tél. : 06 61 43 18 68 - [email protected]


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