Achat immobilier : qui est le futur propriétaire ?

Pierre Chevillard
Publié par Pierre Chevillard
le 3 avril 2014
chez PAP.fr

Plus âgé, plus aisé, prêt à dégager davantage de moyens pour acheter un logement bien placé, le candidat à l’achat immobilier est aussi un consommateur averti. Il met les banques en concurrence pour décrocher le meilleur taux d’intérêt et utilise toutes les possibilités du web pour trouver son toit.

Un futur propriétaire sur deux compte investir plus de 250.000 € dans son projet immobilier révèle l'enquête habitat de Pap.fr.
Un futur propriétaire sur deux compte investir plus de 250.000 € dans son projet immobilier révèle l'enquête habitat de Pap.fr. © Fotolia/Murar Gianino Sorin

Les candidats à l’achat immobilier ont des opinions bien arrêtées. Et ils entendent bien le faire savoir. 6 045 d’entre eux ont pris le temps de répondre aux 70 questions très détaillées de l’Enquête Habitat réalisée par pap.fr. Les résultats ? Les acquéreurs d’aujourd’hui sont plus âgés et plus aisés. Ils consacrent davantage de moyens financiers à leur projet. S’ils cherchent à améliorer leur cadre de vie, ils comptent aussi bâtir un patrimoine pour assurer leur avenir. Surtout, ils sont très exigeants notamment sur l’adresse. Logique : ils placent leur projet sur le long terme (la moitié d’entre eux veut conserver le bien plus de dix ans) et ne veulent pas se tromper. Pour une vision synthétique, voir notre infographie.

Un futur propriétaire sur deux compte investir plus de 250 000 € dans son projet immobilier révèle l'enquête habitat de Pap.fr. © Fotolia/Murar Gianino Sorin

Logement : qui achète aujourd’hui ?

44,71 % des candidats à l’achat immobilier sont cadres supérieurs ou profession libérale. « La proportion des enseignants, agents de maîtrise et employés est en net recul depuis cinq ans avec des baisses respectives de 41 %, 31 % et 21 % », révèle l’enquête. 57,9 % des répondants ont plus de 40 ans. La part des moins de trente ans passe de 32 à 12 % entre 2007 et 2014. Bref, l’acquéreur d’aujourd’hui est plus aisé et plus âgé.

Les primo-accédants comptent pour 33 % des personnes interrogées, contre 68 % en 2011, date de la précédente enquête. Ce segment de marché pâtit de la disparition des aides financières dans l’ancien et du durcissement des conditions de crédit. En 2007, emprunter sur plus de vingt-cinq ans sans apport personnel était monnaie courante alors qu’aujourd’hui, ce type de prêt est plus difficile à obtenir.

Cette tendance pourrait bien perdre du terrain. Aujourd’hui, les jeunes primo-accédants constituent la cible privilégiée des banques selon une étude du courtier VousFinancer.com. Elles leur accordent de très bonnes conditions de crédit (réduction de taux, emprunts sans apport et/ou supérieurs à 25 ans) s’ils présentent un bon dossier. Elles cherchent à les fidéliser, sachant qu’avec des revenus qui vont augmenter dans l’avenir ils offrent un bon potentiel commercial.

Quel budget pour quelle acquisition ?

Aujourd’hui, les acquéreurs consacrent davantage d’argent à leur projet immobilier. Un quart d’entre eux compte investir plus de 400 000 €, contre 17,4 % en 2011. La moitié table sur un budget supérieur à 250 000 € alors qu’ils n’étaient que 42 % il y a trois ans. A l’inverse, la part des projets inférieurs à 200 000 € est en constante diminution depuis 2007. Les candidats à l’achat étant plus âgés et plus aisés, ils peuvent investir davantage dans leur projet.

Ces chiffres témoignent également de l’évolution des prix. Si, depuis deux ans, le mètre carré affiche une timide baisse, il a quand même augmenté ces dernières années. L’indice Notaires-Insee des prix des logements anciens est passé de 98,8 à 106,5 entre 2009 et 2013.

Comment financer le projet immobilier ?

Plus âgés, donc plus avancés dans la vie professionnelle, les acquéreurs disposent de moyens financiers plus importants. Plus d’un tiers d’entre eux prévoit de financer la moitié ou plus de leur projet sans passer par l’emprunt. Pour près de huit répondants sur dix, ces fonds propres proviennent d’économies personnelles. « Il semble qu’une prise de conscience ait eu lieu et que la nécessité d’un apport personnel significatif soit devenue une évidence pour les candidats à l’acquisition », estime l’étude.

76,46 % des personnes interrogées comptent recourir au crédit pour compléter leur financement. Ils agissent en consommateurs avertis : les trois quarts d’entre eux font jouer la concurrence entre les banques. Bien informés, les acquéreurs savent qu'elles utilisent le crédit immobilier comme produit d’appel pour conquérir de nouveaux clients. Du coup, ils comparent les offres de prêts pour choisir la meilleure. Ils ont raison : si le taux moyen sur 15 ans s’établit à 3 %, les très bons dossiers peuvent emprunter, dans le meilleur des cas, à 2,50 % après négociation d’après le courtier Empruntis.com.

Pourquoi acheter un logement ?

Si les personnes interrogées se lancent dans un projet immobilier, c’est avant tout pour profiter de la liberté de faire ce qu’elles veulent sous un toit bien à elles (42,37 % des réponses). Mais à y regarder de plus près, c’est la notion de patrimoine qui domine. La nécessité d’avoir un logement pour la retraite (40,96 %), la volonté de réaliser un placement financier (33,72 %) ou encore l’envie de transmettre un bien aux enfants (29,86 %) figurent parmi les principales raisons d’acheter.

La pierre confirme, s’il en était encore besoin, son statut de valeur refuge. Les inquiétudes liées à la retraite, la nécessité de protéger son épargne entraînent un besoin de se rassurer que l’immobilier est à même de satisfaire. Une tendance régulièrement observée par quantité d’enquêtes. Entre autres exemples, un sondage Ifop/Aucoffre.com réalisé fin 2013 signale que « la hiérarchie des placements privilégiés pour conserver ses économies est dominée par l'immobilier (54 % de citations), les liquidités placées sur un compte (37 %) et l'assurance vie (36 %) ».

Comment rechercher une maison ou un appartement ?

Internet est devenu le principal moyen pour trouver un toit. 98,07 % des candidats à l’achat immobilier l’utilisent. Recherche ciblée, critères de sélection rigoureux, géolocalisation, comparaisons, suivi des annonces, les sites offrent aujourd’hui des fonctionnalités si efficaces qu’elles en deviennent irremplaçables. Pour autant, la presse papier fait de la résistance. 17,45 % des personnes interrogées continuent d’y recourir.

Les sites classiques, consultables sur ordinateur, perdent un peu de terrain. L’étude observe une montée en puissance des supports mobiles. 24,34 % des acquéreurs tapotent sur leur smartphone et 20,11 % sur leur tablette pour dénicher leur nouvelle maison ou leur nouvel appartement. Il est vrai que ces outils ajoutent aux avantages des sites classiques la possibilité de consulter des annonces et de recevoir de nouvelles propositions à tout moment et en tout lieu.

Quel logement pour quelle adresse ?

Acheter, c’est le plus souvent améliorer son cadre de vie. En toute logique, les acquéreurs veulent un environnement sûr, calme, peu pollué, pratique, verdoyant et bien desservi. Ce dernier critère est d’autant plus important que 94 % des personnes interrogées ne veulent pas consacrer plus d’une heure à leur trajet domicile-travail. Bref, les acquéreurs respectent la règle d’or de l’immobilier : ils veulent de bons emplacements. Ils n’hésitent pas à y mettre les moyens, comme le montre la hausse des budgets.

En matière de logement, 52,74 % des candidats à l’achat immobilier cherchent uniquement dans l’ancien et 5,78 % uniquement dans le neuf. L’année de construction reste indifférente pour 41,48 % d'entre eux. Pour autant, les caractéristiques des deux types de biens sont clairement identifiées. Le neuf est apprécié pour ses plans rationnels, sa performance énergétique, sa meilleure isolation phonique et thermique et l’absence de travaux à réaliser. L’ancien plaît pour son charme, son prix moins élevé, sa meilleure localisation géographique, mais aussi en raison d’une offre plus importante sur les adresses prisées.


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