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Les lofts et les ateliers
C'est la grande mode des lofts et des ateliers d'artistes ! On les trouve en couverture des magazines de décoration, sur les plateaux télé, dans les annonces immobilières... Pourtant, le phénomène ne date pas d'hier. L'engouement pour les lofts existe depuis près d'un demi-siècle. Des logements « made in » AmericaC'est dans l'Amérique des années 50, et plus particulièrement à New York à l'heure de la désindustrialisation, que les lofts voient le jour. A cette époque, les usines de Soho mettent la clef sous la porte pour cause de faillite ou de déménagement. La bourgeoisie déserte elle aussi le quartier. Elle part acquérir un pavillon en périphérie, symbole de réussite sociale. Quant aux artistes, des hausses de loyers fulgurantes les obligent à quitter Greenwich Village. Ils se réfugient à Soho. Là, les entrepôts fraîchement désaffectés leur permettent de vivre et de travailler sous le même toit à moindres frais. Les premiers habitants des lofts sont des « squatters » de la première heure. Ils n'ont ni bail, ni autorisation. Avec le loft, ils s'opposent au modèle bourgeois de la maison individuelle. Ils repoussent les murs, ils créent un habitat sans cloisons, ni conventions. Ils inventent un lieu où l'on vit, dort, mange, peint, sculpte, expose dans une seule grande pièce. C'est une véritable révolution dans l'Amérique bien pensante des années 50. De la crise au produit de luxeQuinze ans plus tard, le loft s'embourgeoise. Dans les capitales européennes, les artistes, les architectes et les cadres dirigeants se disputent à coup de millions d'anciennes usines qu'ils transforment en habitat de luxe. Ce qui était au départ un produit subversif devient, dans les années 80, le comble du « chic ». Aujourd'hui, le loft se démocratise. Même s'il reste un produit convoité, il intéresse une large catégorie d'acquéreurs. De la famille nombreuse au célibataire en mal d'espace, tous les occupants reconnaissent être tombés un jour sous le charme de ses volumes, de sa luminosité et de son empreinte historique forte.
T. Bibas © pap.fr
- 29 mai 2010
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