Diagnostic électricité pour la vente : tarifs, délais et obligations

Mis à jour par
le 23 août 2022
Journaliste chez PAP.fr

Si l’installation électrique de votre logement date de plus de quinze ans, un diagnostic électricité doit être réalisé avant de le mettre en vente. En cas d’anomalies, vous n’êtes pas tenu de faire réaliser les travaux. Mais ces derniers peuvent vous éviter une baisse du prix. Comment prendre les bonnes décisions ? Nos conseils.

Un diagnostic électricité doit être effectué pour vendre un logement si l'installation électrique date de plus de quinze ans. © AzmanL/Getty Images

Plomb, amiante… De nombreux diagnostics doivent être réalisés avant de vendre votre logement. Votre installation électrique devra, elle aussi, faire l’objet d’un diagnostic si elle date d’au moins quinze ans.

A quoi sert le diagnostic électricité ?

Ce diagnostic dresse un état des lieux de l’installation électrique de votre logement. Le diagnostiqueur vérifie que cette dernière ne recèle aucun risque pour la sécurité de l’occupant et du bien. Si l’installation électrique présente des risques, le professionnel recommandera des travaux.

Quand le diagnostic électricité doit-il être réalisé ?

Le diagnostic électricité doit être réalisé par un professionnel certifié lors de la vente d’un bien si l’installation électrique a plus de quinze ans. Il est valable trois ans.

Comment se passe le diagnostic électricité ?

Le diagnostiqueur vérifie la présence d’un disjoncteur différentiel de 30 mA. En cas de court-circuit, cet appareil coupe le courant pour éviter l’électrocution. Autre point étudié : les éléments de mise à la terre et les autres disjoncteurs qui doivent être présents sur chaque circuit électrique. L’état des prises électriques, des interrupteurs est aussi regardé. Au terme de son audit, le diagnostiqueur liste les anomalies observées. « Nous constatons souvent l’absence du disjoncteur différentiel 30 mA dans ces installations électriques qui datent de vingt, trente ou quarante ans », observe Dominique Edouard, formateur pour ADX formation qui forme les diagnostiqueurs Allodiagnostic. « Des fils électriques sont aussi apparents, car les prises, les interrupteurs sont mal fixés. » Le professionnel recommandera les travaux à réaliser pour la mise en sécurité de l’installation comme la pose d’un disjoncteur de 30 mA. La mise à la terre et un tableau de répartition seront aussi conseillés. 

Quels sont les tarifs d’un diagnostic électricité ?

Le prix du diagnostic électricité varie selon le type de logement et sa surface. Comptez entre 100 et 130 € pour un deux pièces de 50 m² à Paris et de 120 à 180 € pour une maison de 150 m² à Toulouse.

Les travaux sont-ils obligatoires ?

Aucune loi n’oblige le vendeur à réaliser les travaux recommandés par le diagnostiqueur même si l’installation électrique n’est pas sûre. Une remise à niveau selon la norme NFC 15-100 n’est pas non plus exigée. Cette norme, qui s’applique aux bâtiments neufs et aux rénovations d’envergure, est particulièrement exigeante. Elle indique le nombre de prises électriques par pièce, leur hauteur… Ces travaux sont aussi coûteux comme le rappelle Dominique Edouard : « Il faut compter environ 10.000 € pour une mise aux normes de l’installation électrique d’une maison de 100 m² et en moyenne 6.000 à 7.000 € pour celle d’un appartement de 60 m² ».

Faut-il rénover son installation électrique pour vendre ?

Si votre installation électrique n’est pas sûre, deux stratégies sont possibles pour fixer le prix de vente de votre logement. La première : vous faites les travaux nécessaires, ce qui vous permet d’arriver en position de force, car vous n’avez pas besoin de baisser le prix de votre bien lors de la visite de vos acquéreurs. Certains demandent en effet une baisse de prix lorsqu’ils constatent l’absence du disjoncteur différentiel 30 mA à la remise du diagnostic électricité. L’installation électrique rénovée est aussi appréciée des acquéreurs qui n’auront pas à gérer ces travaux. Sachez cependant que vous ne pourrez pas rentabiliser ces travaux en les ajoutant au prix de vente de votre logement. Ce dernier ne pouvant pas être supérieur aux valeurs de marché sous peine de ne pas vendre. Deuxième option : vous laissez l’installation en l’état et vous baissez le prix de vente en tenant compte du montant des travaux qui seront nécessaires pour une remise en état. Vous pouvez présenter à l’acquéreur les devis réalisés par un électricien.

Comment réaliser les travaux de son installation électrique ?

Si vous envisagez des travaux pour votre installation électrique avant de vendre votre logement, privilégiez un électricien professionnel aux compétences reconnues comme celles délivrées par l’organisme Qualifelec. Car même si de nombreux tutoriels sont accessibles sur internet pour réaliser soi-même des travaux, intervenir sur l’électricité ne s’improvise pas ! Autre conseil : prévoyez du temps pour réaliser les travaux. A l’image de nombreux professionnels du bâtiment, le secteur manque d’électriciens et les délais s’allongent pour trouver un professionnel disponible. 

Quelles sont les sanctions en cas de défaut de diagnostic électricité ?

Si vous ne communiquez pas le diagnostic électricité à l’acheteur ou si vous indiquez de fausses informations pour l’induire en erreur, votre responsabilité sera engagée. L’acquéreur peut exercer un recours auprès du tribunal pour annuler la vente ou obtenir des dommages et intérêts. Il peut également saisir la Direction générale de la concurrence, consommation et la répression des fraudes (DGCCRF). Les sanctions ? Une amende maximale de 300.000 € et une peine de prison de 2 deux ans. Vous êtes aussi passible d’une amende de 1.500 € si vous avez fait appel à un diagnostiqueur non certifié. Une somme qui atteindra 3.000 € en cas de récidive.


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