Un plan pour un chauffage bois moins polluant

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15 Avril 2021 - Le gouvernement souhaite inciter les particuliers à remplacer leurs vielles cheminées et vieux poêles par un chauffage bois plus performant et moins polluant. Il compte aussi les sensibiliser aux bonnes pratiques.

 

Si le chauffage bois est écologique en utilisant une ressource renouvelable, il est parfois très polluant si la combustion est de mauvaise qualité ! Selon les experts, le chauffage bois domestique est ainsi à l’origine de plus de la moitié des émissions de particules très fines qui sont classées cancérigènes.

Réduire de 50 % les émissions de particules fines. Le gouvernement a décidé de s’attaquer au problème avec un plan pour développer un chauffage bois plus performant et réduire de 50 % les émissions de particules fines. Cet objectif figure dans la loi Climat et résilience que viennent de voter les députés, cette baisse importante devant être atteinte d’ici 2030 dans les territoires les plus pollués concernés par un Plan de protection de l’atmosphère (PPA), à l’image des communes situées dans la vallée de l’Arve en Haute-Savoie.

Des appareils neufs plus performants. Pour améliorer la qualité de l’air, le gouvernement compte remplacer 600.000 appareils à bois d’ici 2025. Il y a en effet urgence à renouveler le parc existant comptant 6,5 millions d’installations. Les foyers ouverts et les équipements anciens peu performants antérieurs à 2005 qui constituent 48 % des appareils sont responsables des deux tiers des émissions de particules fines du chauffage bois individuel ! Les performances de ces appareils comme celles des vieux poêles à bûches n’ont plus rien à voir avec celles des produits actuels. « Dans les années 2000, leur rendement énergétique atteignait 40 % contre 75 à 80 % en 2020 et les émissions de polluants ont été divisées par 10 pendant cette période », note Axel Richard, responsable du label Flamme verte.

Des aides pour investir. Les particuliers bénéficieront de dispositifs d’accompagnement simplifiés pour le renouvellement de leur chauffage bois. « La volonté du gouvernement, c’est de tester des guichets uniques qui informeraient les particuliers sur l’ensemble des aides qui pourraient être mobilisées », explique Axel Richard. « Parfois, par méconnaissance des aides, des particuliers n’achètent pas un nouvel appareil alors que le reste à charge est minime. »

Un coup de pouce des territoires. Différentes aides peuvent être en effet mobilisées comme MaPrimeRénov’ qui peut atteindre 2.000 € pour les ménages les plus modestes, les CEE (certificat d’économie d’énergie) sans oublier les fonds air bois qui sont opérationnels dans les territoires les plus impactés par la pollution aux particules fines. Financées par les collectivités locales et l’Ademe, ces aides peuvent atteindre entre 600 et 2.000 € selon les régions pour remplacer les appareils. L’Etat souhaiterait développer ces fonds actuellement opérationnels dans quinze territoires.  

Une bûche de qualité. Autre levier : inciter les particuliers à utiliser un combustible de qualité. Une combustion non polluante suppose en effet l’utilisation d’un bois sec, le taux d’hygrométrie ne devant pas dépasser 20 %. Ce qui n’est pas toujours le cas des bûches utilisées qu’elles soient achetées ou obtenues gratuitement par les particuliers. Un label pourrait être créé pour valoriser les bûches de qualité que ce soit en termes d’hygrométrie que d'origine en privilégiant les forêts gérées durablement. « Plusieurs labels comme « ONF Energie bois », « France Bois Forêt » existent déjà sur le marché », observe Axel Richard. « La volonté du gouvernement serait de donner plus de visibilité à ces labels en les unissant. » L’Etat souhaiterait que le secteur marchand qui représente 20 % des bûches utilisées atteigne, d’ici 2030, 40 % dont 50 % feraient l’objet d’un label.

Mieux informer le public. Ce dernier contribuerait à une meilleure information des particuliers sur l’importance d’utiliser un bois bien sec pour le fonctionnement de leurs appareils. « Les particuliers souffrent d’un déficit de connaissances en la matière », constate un acteur du marché. « Il faut les informer et leur expliquer qu’il faut faire sécher le bois longtemps avant de l’utiliser. Il n’est pas possible d’acheter du bois coupé au printemps comme certains vendeurs le proposent et l’utiliser à l’automne. » Il faut en effet le faire sécher au moins dix-huit mois.  

Les bonnes pratiques. Si la réduction des émissions de particules fines passe par l’acquisition d’appareils de chauffage performants et le choix d’un combustible de qualité, le gouvernement souhaite aussi sensibiliser les Français aux bonnes pratiques. Que ce soit l’allumage par le haut d’un poêle à bûches ou encore le ramonage, obligatoire une fois par an, qui garantit les performances de l’appareil et diminue la pollution. Les ramoneurs pourraient voir leur rôle élargi avec des conseils donnés aux acquéreurs sur l’utilisation de ces appareils et les aides disponibles pour changer leurs équipements si nécessaire. Un groupe de travail planchera sur ce sujet.  

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