Un éco-PTZ dopé pour rénover son logement

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19 Novembre 2021 - La hausse de l’éco-PTZ performance énergétique devrait en 2022 accélérer le nombre de rénovations de logements globales. Le prolongement de la durée de remboursement diminuera aussi le reste à charge des ménages. Encore faut-il que les banques distribuent davantage l’éco-PTZ.

 

Hausse du montant de l’éco-PTZ performance énergétique, allongement de la durée de remboursement : le gouvernement met les bouchées doubles pour développer des rénovations énergétiques performantes dans l’Hexagone. Si le succès de MaPrimeRénov’ est incontesté, cette aide finance en revanche à 82 % une seule action, le changement du mode de chauffage. Ce qui reste insuffisant pour réduire de façon importante la consommation énergétique ! Avec ces nouvelles mesures votées dans le projet de loi de finances 2022, le ministère de la Transition écologique espère inciter les ménages à investir davantage dans la rénovation de leurs logements. PAP.fr fait le point sur ces nouvelles dispositions.

L’éco-PTZ prolongé. L’éco-PTZ finançant 7 000 à 30 000 € de travaux qui devait s’arrêter fin 2021 a été prolongé de deux ans jusqu’en 2023. Une bonne nouvelle, car la crise sanitaire consécutive à la Covid-19 a empêché de nombreuses assemblées générales de copropriété de se tenir physiquement. Contraints d’utiliser la visioconférence ou le vote par correspondance, les copropriétaires avaient en effet dans leur très grande majorité différé leurs projets de travaux. La prolongation de cette aide pourrait donner un coup de pouce aux copropriétés qui se mobilisent cette année pour rénover leurs immeubles comme le constate Christophe Dujardin, président du directoire Ile-de-France énergie qui accompagne les copropriétés dans leurs projets de rénovation énergétique : « Nous avons réalisé en 2021 16 offres d’études pour des projets de rénovation qui ont été retenues par des copropriétés comptant une centaine de logements. Les copropriétés veulent aussi bénéficier des aides comme MaPrimeRénov’. Elles se disent que c’est le moment d’en profiter pour financer leurs travaux avant que des mesures coercitives ne soient prises pour leur imposer la rénovation de leurs copropriétés. L’amélioration de l'étiquette énergétique des logements les incite aussi à rénover ». 

Plus d’argent pour la performance. Cet engouement devait être d’ailleurs d’autant plus important que l’éco-PTZ performance énergétique sera augmenté. Un propriétaire pouvait jusqu’à présent bénéficier d’un prêt d’un montant maximal atteignant 30 000 € à condition d’améliorer la performance énergétique de son logement de 35 % à la suite des travaux. Ce montant passera désormais à 50 000 € et la durée maximale de remboursement du prêt s’établira à 20 ans et non plus 15 ans. « La hausse du plafond devrait inciter les particuliers à réaliser des travaux supplémentaires comme les fenêtres, car ils se limitent souvent à un gain de performance de 35 % », explique Christophe Dujardin.

Eco-PTZ en bref :
Ce prêt sans intérêts, destinés à financer la rénovation énergétique des logements, s'adresse aussi bien aux propriétaires de maisons individuelles qu'aux copropriétaires. Les bailleurs sont également éligibles à cette aide accordée sans conditions de ressources. Ce prêt est remboursable sans pénalités de remboursement.

Un coup de pouce aux grands logements. Cette hausse du plafond est aussi intéressante, car elle financera davantage la rénovation des grands appartements, plus coûteuse en raison du nombre de tantièmes plus important, détenus par leurs copropriétaires. Le montant maximal du plafond de l’éco-PTZ est en effet calculé à l’échelle de la copropriété, soit le montant maximal de 50 000 €, multiplié par le nombre de lots d’habitation. Mais rien n’empêche d’avoir des éco-PTZ de montants différents. Le copropriétaire d’un six pièces peut ainsi bénéficier d’un éco-PTZ de 70 000 € alors que celui d’un copropriétaire habitant un deux pièces par exemple s’élèvera à 20 000 €.

Des maisons plus économes. Les propriétaires de maisons individuelles devraient, eux aussi, profiter de la hausse du plafond pour se lancer dans des travaux plus ambitieux comme le souligne Audrey Zermati, directrice de la stratégie chez Effy : « La hausse du plafond pourrait inciter les propriétaires à opter pour un chauffage plus performant comme une chaudière bois et à choisir l’isolation thermique par l’extérieur ».

Diminuer le reste à charge. L’allongement de la durée de remboursement va aussi, dans le bon sens, permettant de diminuer le reste à charge des travaux que doivent payer les particuliers, les aides ne permettant pas de couvrir l’intégralité du coût des travaux. « Nous proposerons aux copropriétaires de rembourser l’eco-PTZ sur 20 ans afin que leur taux d’effort soit le plus faible possible », explique le patron d’Ile-de-France énergie, également société de tiers financement habilitée à distribuer ce financement jusqu’en 2023. « Mais ce seront bien entendu les copropriétaires qui décideront ! ».

Les banques au pied du mur. Si cet outil peut inciter davantage de particuliers à se lancer dans une rénovation énergétique globale, encore faudrait-il que les banques jouent le jeu en le distribuant ! Ce qui est loin d’être gagné. Seuls 42 000 éco-PTZ ont été distribués par les banques en 2020. Pourquoi ? « Les banques se plaignent d’une rémunération insuffisante pour la distribution de l’éco-PTZ », précise Audrey Zermati qui aimerait bien que les banques les plus actives en la matière soient nommées pour enclencher un cercle vertueux en entraînant dans leur sillage les autres établissements. « Elles expliquent aussi qu’elles ont des difficultés à appréhender la rénovation énergétique. Car elles devaient vérifier plusieurs points comme l’éligibilité des travaux à ce financement et la détention du label RGE de l’entreprise. »

Une instruction plus rapide. La nouvelle procédure prévue en 2022 devrait améliorer la situation. L’Anah qui accorde MaPrimeRénov’ analysera le dossier du particulier ainsi que la demande de l’éco-PTZ qui lui sera adressée. Si les travaux sont éligibles, elle transmettra alors la demande à la banque qui pourra octroyer ce prêt.

Une maison rénovée pour 27 000 €
Une famille propriétaire d’une maison, construite en 1988, souhaite effectuer une rénovation globale de son logement. A l’issue des travaux, la consommation énergétique passera de 460 kWh/m²/an à 279 kWh/m²/an, soit une économie de 64 %. La pompe à chaleur remplacera la chaudière gaz à condensation. Une isolation thermique par l’extérieur sera aussi réalisée. Des travaux qui s’élèveront à 27 000 €. Pour financer cette rénovation, le couple bénéficiera de MaPrimeRénov’ et de la prime Effy, soit un total d’aides de 13 520 €. Le reste à charge, soit 13 480 €, sera financé pa r l’éco-PTZ. Simulation donnée par Effy.

45 € par mois pour une rénovation performante
Une copropriété, située dans le XIe arrondissement parisien, bénéficie d’une rénovation énergétique globale. La quote-part des travaux s’élèvera à 16 000 € pour un T3. Des subventions d’un montant total de 3 700 € seront versées au copropriétaire. Le reste à charge, soit 12 300 €, sera financé aux trois quarts par l’éco-PTZ de 15 ans et par un prêt au taux du marché pour le solde de la somme. Chaque mois, son échéance de prêt s’élèvera à 72 €. Mais grâce aux économies d’énergie générées par les travaux, soit 27 € mensuels, son effort mensuel s’établira à 45 €. Simulation transmise par Ile-de-France énergies.

 

 

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