Un copropriétaire sur trois veut changer de syndic

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28 Septembre 2020 - Les copropriétaires sont moins satisfaits de leur syndic qu’en 2010. Le manque de réactivité et des prix injustifiés sont à l’origine de leur mécontentement. Si 36 % d'entre eux souhaitent changer de syndic, le passage à l'acte est difficile.

 

Les syndics ont de moins en moins la cote auprès de leurs copropriétaires. Selon une étude de l’Ifop, réalisée pour Bellman auprès de 990 copropriétaires, 66 % se déclaraient satisfaits de la gestion de leur copropriété par leur syndic, un chiffre en baisse de 9 points par rapport à un sondage qu’avait effectué TNS pour le compte de Nexity en 2010.

Les raisons de ce mécontentement ? La disponibilité du gestionnaire de copropriété est pointée du doigt. 36 % se plaignent en effet de sa disponibilité par téléphone. La réactivité du professionnel est aussi critiquée : 32 % étant insatisfaits. Ces carences peuvent s’expliquer notamment par le nombre élevé de résidences gérées par les chargés de copropriété. Chez certains syndics, notamment ceux appartenant à des groupes nationaux, il est fréquent que le professionnel en gère plus d’une quarantaine.

Des travaux à gérer pour le syndic. Cette gestion devient d'ailleurs rapidement un exercice d’équilibrisme si, dans son portefeuille, un nombre important de copropriétés doit faire l’objet de travaux nécessitant des appels d’offres et un suivi des travaux. Des tâches qui sont chronophages. Autre grief : le prix. Pour 38 % des copropriétaires, les tarifs pratiqués ne se justifient pas par rapport à la qualité du service rendu.

Les copropriétés récentes très mécontentes. Si 36 % des copropriétaires souhaitent changer de syndic, ce chiffre sera d’autant plus élevé que la copropriété sera récente. C’est le cas de 45 % des copropriétaires dont la copropriété a été créée depuis 6 à 10 ans. Ce chiffre élevé témoigne de l’insatisfaction des copropriétaires ayant acheté dans un immeuble neuf.

Des sinistres à gérer. Lors des premières années, le syndic doit en effet gérer les malfaçons concernant les bâtiments livrés que ce soit des infiltrations d’eau, des dysfonctionnements de l’éclairage dans les parties communes comme le garage ou les couloirs. Le syndic doit déclarer les sinistres auprès de l’assureur, relancer les entreprises… Ce travail exigeant persévérance et rigueur est parfois mal fait, les désordres n’étant pas réparés alimentant la colère des copropriétaires. Ces sinistres durent d’autant plus longtemps que certains promoteurs choisissent comme syndic de copropriété une de leur filiale, cette dernière devenant alors juge et partie. Ce qui ne facilite pas la gestion des contentieux !

Changer de syndic : un cap à passer. Désireux de changer de syndic, les copropriétaires ont pourtant du mal à franchir le pas. En effet, seuls 7 % ont prévu d’inscrire à l’ordre du jour de leur prochaine assemblée générale le choix d’un nouveau syndic. Plusieurs facteurs freinent leur volonté de changer de professionnel. A commencer par la méconnaissance d’une bonne alternative à leur syndic actuel, citée par 35 % des copropriétaires n’ayant pas engagé de démarches dans ce sens. L’ignorance du fonctionnement d’une copropriété constitue l’autre explication à ce conservatisme. La non-résolution des litiges en cours et le déroulement de travaux sont en effet les autres raisons avancées pour ne pas quitter le syndic. De faux problèmes puisque ces dossiers seront repris et gérés par le prochain syndic qui sera choisi.
Cette étude a été réalisée par Ifop auprès d’un échantillon de 990 copropriétaires, extrait d’un échantillon global de 5 011 personnes, représentatif de la population française. Ces interviews ont été réalisées du 26 au 28 mars.

Comment choisir son syndic
Le choix d’un syndic ne se résume pas au seul prix. Même si ce critère est important et d’ailleurs facilité depuis l’instauration du forfait annuel du contrat de syndic, ce ne doit pas être l’élément qui fera pencher la balance entre deux professionnels.
Le nombre de visites. Comparez le nombre de visites annuel prévu par le chargé de copropriété. Si deux à trois peuvent être suffisantes pour une copropriété en bon état, ce ne sera pas le cas pour un immeuble qui vient d’être livré. Une quinzaine seront nécessaires pour suivre les éventuels désordres affectant la copropriété, évaluer l’avancement des travaux.
Le gestionnaire de copropriété sur le grill. Les capacités du gestionnaire devront être, elles aussi, scrutées. Outre le nombre de copropriétés gérées par ce professionnel, c’est aussi son ancienneté qui fera la différence. Certaines copropriétés changent de gestionnaire tous les deux ans, une rotation qui se traduit par une perte de connaissance de l’historique de la copropriété, synonyme d’un suivi de moindre qualité.
Un syndic à deux pas de la résidence. La proximité géographique du syndic avec les immeubles doit être aussi étudiée. Rien de plus pénible qu’un syndic situé à 30 minutes de voiture pour un artisan qui doit venir chercher les clés du local technique pour réparer une panne électrique ou une fuite.
L’avis de conseils syndicaux. Dernier conseil : demandez les coordonnées de plusieurs conseils syndicaux dont les copropriétés sont gérées par le syndic que ce soit des immeubles confiés récemment ou depuis plusieurs années. Et regardez sur internet les avis émis par des copropriétaires quand vous ferez des recherches sur les syndics. Privilégiez néanmoins les avis certifiés qui sont contrôlés par des tiers. Pour savoir comment changer de syndic, consultez notre dossier en cliquant ici.

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