Près de la moitié des Français ont froid dans leur logement

Publié par le

12 Février 2018 - Alors que la neige s’installe sur l’ensemble du territoire, l’association Qualitel nous dévoile son étude sur le froid ressenti à l’intérieur des logements. Dans ce domaine, les Français subissent encore de nombreuses inégalités.

Avez-vous parfois ou souvent trop froid dans votre logement ? C’est la question que l’association Qualitel, spécialiste du confort de l’habitat, a posé à un panel de Français à l’occasion de son Baromètre Qualitel-Ipos. 47% des personnes interrogées ont répondu par l’affirmative, donc près de la moitié de la population. Trois facteurs contribuent particulièrement à creuser les inégalités entre les individus : les revenus, l’ancienneté du logement et le statut de l’occupant.

Les Français modestes les plus touchés. Selon l’étude, ce sont les foyers ayant les plus faibles revenus (moins de 1.250 € net mensuel) qui restent les plus exposés au froid. Ainsi dans cette catégorie de la population, ils sont 57% à déclarer avoir parfois ou souvent froid dans leur habitation. Alors que les foyers ayant un revenu mensuel supérieur à 3.000 € net mensuel ne sont que 39%.

La qualité du logement en cause. Ces résultats s’expliquent d’abord par la qualité de l’habitat. Selon toute logique, les foyers modestes donnent seulement une note de 6,1/10 à leur logement et s’estiment à 40% particulièrement insatisfaits de leur isolation thermique. Chez les sondés ayant des revenus supérieurs à 3.000 €, la note remonte à 7,2/10 et le niveau d’insatisfaction lié à l’isolation thermique n’est plus que de 20%.

Faire des économies d’énergie. La qualité du logement n’est pas la seule cause. Les Français les plus modestes maintiennent sciemment une température basse dans leur logement. Ils souhaitent ainsi ne pas trop faire grimper leurs factures énergétiques. Les deux tiers d’entre eux ne chauffent pas au-dessus de 20°. Et ils sont deux fois plus nombreux que les autres catégories de la population à ne pas dépasser 18°.

Les logements les plus vieux sont souvent les plus froids. L’ancienneté de l’habitat va souvent de pair avec la qualité de l’isolation thermique. 56% des occupants d’un logement construit entre 1900 et 1945 déclarent avoir parfois ou souvent froid. Ils ne sont plus que 49% dans ceux construits entre 1945 et 1980, 44% pour ceux réalisés entre 1980 et 2007 et seulement 37% dans les logements de moins de dix ans. Le label semble être un gage de qualité en matière de confort thermique puisque seul un tiers des individus résidant dans un logement certifié ou labellisé ont parfois ou souvent froid. Ceux qui n’ont pas de label sont un sur deux à le déclarer.

Les propriétaires occupants ont moins froid. Les locataires sont visiblement plus exposés au froid que les propriétaires. Ces derniers sont ainsi quatre fois moins nombreux que les locataires à déclarer avoir parfois ou souvent froid dans leur logement. Cet écart (5% des propriétaires contre 20% des locataires) s’explique notamment par le soin qu’accordent les propriétaires au moment de l’acquisition. De plus, ils réalisent plus facilement que les locataires des travaux d’isolation pérennes.

Urgence à agir. Selon, Bertrand Delcambre, président de l’association Qualitel ce baromètre rappelle que les foyers aux revenus les plus modestes subissent la double peine : leurs logements sont moins bien isolés et donc moins qualitatifs et en plus ils sont obligés de réduire la température des radiateurs pour faire des économies. Il rappelle également qu’il est plus que temps d’enfin mettre en œuvre le plan de rénovation énergétique des logements anciens promis par le gouvernement. Cette réglementation, qui a une vocation sociale et environnementale, devra s’appuyer sur les labels existants.

Retrouvez les résultats complets de l’étude sur www.qualite-logement.org