Qualité des logements : bien mais peut mieux faire

Publié par le

01 Juin 2021 - Plus de confort, plus de développement durable : le logement des Français s’améliore selon une étude de l’association Qualitel. Mais avec une humidité encore trop présente, une sécurité souvent défaillante et une mauvaise adaptation au handicap, il reste bien des points à améliorer.

 De 1945 à nos jours, comment notre habitat a-t-il évolué ? Qu’est-ce qui a changé en matière de confort et de sécurité, par exemple ? C’est pour répondre à ces ambitieuses questions que L’Association Qualitel a réalisé une grande enquête intitulée « L’État des lieux du logement des Français ». Réalisée sur un échantillon de 1 000 maisons et appartements, elle associe mesures et observations tous azimuts (revêtements de sols, salle de bains, chauffage, sécurité…). Verdict : « Bien, voire très bien sur certains points, mais peut encore mieux faire sur d’autres..». Revue de détails.

La moquette passe à la trappe. Considérée pendant des décennies comme un élément de confort et de modernité, la moquette a aujourd’hui disparu de nos logements. Accusée tour à tour d’être un nid à acariens, de provoquer des allergies et d’être fastidieuse à entretenir, elle a été remplacée par des sols souples, moins chers. Le parquet, lui, fait de la résistance même s’il y a aujourd’hui trois fois moins de salons-séjours et deux fois moins de chambres revêtus de ces lames de bois qu’il y a un siècle.

La douche s’impose. Douche ou baignoire ? Le duel est remporté par la douche, qui équipe aujourd’hui 61 % des logements. Plus gourmande en eau et en surface, la baignoire perd du terrain depuis une dizaine d’années. La maison, plus grande surface oblige, n’a pas eu besoin de choisir : près d’un quart d’entre elles possède au moins une douche et une baignoire contre 6 % pour les appartements. Autre fait marquant, le bidet est relégué au rang de souvenir. Jusqu’au début des années 2000 près d’un logement sur dix en possédait un. Il a aujourd’hui disparu des constructions récentes.

L’habitat verdit. Le logement s’adapte aux conséquences du réchauffement climatique. Le nombre de maisons chauffées aux énergies fossiles (gaz ou au fioul) a été divisé par deux depuis 1945. A l’inverse, les pompes à chaleur et l’électricité s’imposent progressivement. Les énergies renouvelables représentent aujourd’hui 8 % des modes de chauffage dans l’individuel. Une part qui va aller croissant, la réglementation imposant pour les maisons neuves, le recours à au moins une source d’énergie renouvelable (pompes à chaleur par exemple).

Encore trop d’humidité. Si globalement le confort général progresse, il subsiste toujours de sérieux points noirs. Des moisissures (responsables d’allergies et de troubles respiratoires) sont encore trop souvent présentes. Des traces sont visibles à l’œil nu dans près d’un logement sur cinq. Les salles de bains (manque d’aération et de fenêtres) mais aussi les chambres ont des taux d’humidité particulièrement élevés. Trois logements sur dix présentent un taux supérieur à 60 % dans les chambres alors que le taux de 55 % est recommandé par les spécialistes de la santé.

Moins de rangements. Pour gagner des mètres carrés, les maîtres d'œuvre ont fait la chasse aux rangements. De la cave au grenier, en passant par le placard intégré, ils ont massivement disparu. En un siècle, la part des logements possédant une cave a ainsi été divisée par 12 et celle des logements possédant un grenier, par 3,5. Une perte d’espace non compensée par les placards intégrés. Seuls 49 % des logements récents sont équipés de deux placards intégrés ou plus (41 % en appartement et 60 % en maison). Rien d’étonnant à constater qu’aujourd’hui de nombreux garages servent de zone de stockage…

La sécurité n'est pas au niveau. La sécurité n’est pas la priorité des Français et laisse souvent à désirer. Dans quatre logements sur dix, la porte d’entrée présente moins de trois « vrais » points de fermeture (le minimum requis par les assurances). Et quand la porte est infranchissable, le cambrioleur passe par la fenêtre. Or, en rez-de-chaussée, seulement un tiers des logements ont des ouvertures équipées de barreaux ou d’occultation.

Une accessibilité trop souvent défaillante. Si l’adaptation des immeubles aux personnes âgées et handicapées progresse, c’est encore trop lent. Deux immeubles sur trois ne disposent pas d’ascenseur. Lorsque l’immeuble est équipé, un habitant sur cinq doit franchir des marches avant de l’atteindre. Des contraintes problématiques, pour tous ceux qui souffrent de perte d’autonomie. D’ailleurs près de 60 % des Français se disent insatisfaits de l’adaptation de leur logement au handicap. Ce n’est pas un hasard si le gouvernement réfléchit à la création d’une subvention pour équiper les logements, sur le modèle de MaPrimeRénov'. 

Dernières actualités

Crédit immobilier : qui profite vraiment des meilleurs taux ?

23 Juillet 2021

Tout savoir sur la baisse des taux immobiliers et les conditions des banques pour en profiter. Les...


Logement : une aide de 1 000 € pour financer la location des salariés

19 Juillet 2021

Une aide d'Action Logement de 1 000 € versée aux jeunes débutant leur vie professionnelle, aux...


Des logements plus confortables et plus grands depuis 50 ans

16 Juillet 2021

Comment a évolué le parc de logements en France au cours des cinquante dernières années ? L'Insee...


Les maisons ont toujours la cote dans les villes moyennes

15 Juillet 2021

Les ventes de logements anciens au 31 mars 2021. Les ventes de maisons, d'appartements, les prix...