Logement : pas de rénovation sans confort

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01 Octobre 2018 - C’est la recherche du confort qui pousse les Français à rénover leur logement et non la réduction de leur facture énergétique selon le baromètre Qualitel.

La rénovation énergétique des logements est loin d’être une priorité pour les Français ! La première motivation pour rénover son logement est en effet le confort pour 48% d'entre eux comme le révèle la deuxième édition du baromètre Qualitel-Ipsos. Les économies de charges étant quant à elles reléguées en second plan pour 37% des personnes interrogées. L’objectif de 500.000 rénovations énergétiques annuelles que s’est fixé le gouvernement semble donc difficilement accessible à l’heure actuelle.

Méconnaissance des Français. Les travaux réalisés par les particuliers traduisent bien la priorité des Français. Le remplacement du système de chauffage et la réfection complète d’une pièce qu’il s’agisse de la salle de bains ou de la cuisine constituent les principaux travaux représentant chacun 45% des rénovations effectuées. L’isolation de la toiture et des combles regroupant 35% des travaux, un chiffre préoccupant car l’isolation de cet ouvrage permet de réduire de plus d’un tiers les déperditions thermiques d’une construction mal isolée. « Le propriétaire d’un logement n’a pas les connaissances suffisantes pour choisir les travaux adaptés », remarque Antoine Desbarrières, directeur de l’association Qualitel qui a pour objectif d’améliorer la qualité des logements. « Il a besoin d’informations. Il faut faire de la pédagogie. »

Un financement problématique. Outre cette méconnaissance, plusieurs experts présents lors de la présentation du baromètre Qualitel ont également pointé du doigt le financement comme frein à la rénovation énergétique des logements. Un problème des plus aigus en copropriété où les travaux doivent être soumis à l’assemblée générale qui réunit des copropriétaires aux aspirations radicalement différentes. Certaines personnes souhaitant effectuer des travaux pour valoriser leur patrimoine quand les primo-accédants veulent les limiter pour maîtriser leur budget qui n’est pas extensible ! Pour développer la rénovation énergétique dans les copropriétés, Jean-Marc Torrollion, président de la FNAIM, milite pour un financement croisé entre le fonds de travaux qui doit représenter 5% du budget des copropriétés depuis le 1er janvier 2017 et l’Agence nationale d’amélioration de l’habitat (Anah). « Si la copropriété épargne pour un projet clairement identifié, l’Anah pourrait abonder le fonds de travaux. Ce dispositif pourrait très bien être étendu aux maisons individuelles. »

Les balbutiements de l’habitat connecté
Objectif sécurité.
Si les objets connectés font le buzz dans les médias, les Français sont loin de les avoir adoptés à leur domicile. Seuls 3 logements sur 10 possèdent en effet un équipement connecté. Les Français privilégient d’ailleurs avant tout leur sécurité lors de leurs arbitrages. Les objets connectés leur servant à être alertés en cas d’intrusion (21% des cas), à accéder à des images de vidéosurveillance (15%). Les nouveaux usages comme l’ouverture de son logement ou la commande de ses équipements par la voix sont plutôt jugés comme des gadgets par les Français qui se révèlent des plus pragmatiques.
Prix trop élevé. Les Français plébiscitent aussi les objets connectés assurant la protection des personnes. 85 % considérant utiles les services connectés les alertant en cas de fuite de gaz ou d'incendie. Les services favorisant l'autonomie des personnes âgées ou handicapées sont aussi mis en avant par 75 % des personnes interrogées. Mais à l'heure d'investir, seuls 4 Français sur 10 sont prêts à mettre la main au porte-feuille. La raison? Le coût. 75 % estimant que les prix sont trop élevés.  
Protéger ses données. Les Français craignent aussi que les informations concernant leur vie privée soient récupérées par une personne malveillante. Une crainte partagée par 75% des sondés ! Un chiffre qui ne surprend pas outre mesure Jean-Marc Torrollion : « Il ne faut pas sous-estimer le logement. C’est l’enceinte de la sphère la plus intime. Les Français ont la volonté de conserver une liberté totale de l’usage de leur logement ». En quelques années, le jugement des Français a d'ailleurs considérablement évolué comme le rappelle Brice Teinturier, directeur général délégué Ipsos. Ces derniers sont en effet passé par différentes phases. " Ils n'étaient pas sensibles au fait que leurs informations soient récupérées à leur insu. Dans un second temps, ils étaient prêts à monnayer ces données. Mais maintenant, ils se montrent de plus en plus inquiets de l'usage détourné de leurs propres informations personnelles qui peut être fait ".
Un bond dans 10 ans. En dépit de ces obstacles, les objets connectés dans l'habitat devrait être, selon l'avis des intervenants, promis à une forte croissance grâce notamment au plan fibre promu par le gouvernement. Ce dernier ayant pour objectif le déploiement du très haut débit dans l'ensemble de l'Hexagone d'ici 2022. " Dans 10 ans, l'habitat connecté fera un bond gigantesque avec la mise en place du plan fibre", pronostique Benoist Apparu, maire de Chalon-en-Champagne et ancien ministre du logement. Outre le développement de cette offre technique, Brice Teinturier, souligne quant à lui l'attraction que susciteront ces objets connectés auprès des Français à l'image des smartphone : "Ce qui est jugé inutile deviendra un pré-requis. Nous irons vers une société hyper-connectée qui façonnera l'imaginaire"