Logement : les débuts difficiles des objets connectés

Publié par le

29 Novembre 2019 - Si une majorité de Français est favorable à l’utilisation des objets connectés pour les services à domicile, certains sont méfiants. La peur de l’espionnage constitue le principal frein à leur développement dans le logement. Sans oublier le prix élevé de ces applications.

 

Et si les objets connectés facilitaient l’essor des services à domicile dans l’Hexagone ? C’est l’avis d’une majorité de Français interrogés par Sociovision au printemps 2019 pour le compte de l’association Promotelec, la Poste et la Fédération du service aux particuliers (FESP). Six personnes sur dix jugent en effet souhaitable ce développement dans l’habitat qui accueille pour le moment peu d’objets connectés. Le taux d’équipement stagnant d’ailleurs pour la plupart d’entre eux.   

Les objets connectés synonymes de sécurité

Plus de services à la clé. La sécurité, les services et un confort pour le prestataire constituent les principales motivations des particuliers souhaitant installer des objets connectés dans le cadre de services à domicile. Ces applications doivent permettre de sécuriser l’accès au domicile grâce à une serrure connectée qui peut ouvrir aux prestataires la porte à certains horaires. L’utilisateur souhaite aussi disposer grâce aux objets connectés de nouveaux services facilitant par exemple l’entretien du jardin. Dernier point : ces applications doivent aussi permettre aux prestataires de travailler dans des conditions plus agréables.

Des séniors plus longtemps chez eux grâce aux objets connectés

Des séniors connectés chez eux. Le développement des services à domicile, facilité par les objets connectés, pourrait aussi contribuer au maintien des personnes âgées dans leur logement. Une solution qui a les faveurs des Français, 75 % des personnes interrogées la souhaitant. Le vieillissement de la population qui se traduira par une accélération du nombre de personnes âgées dépendantes – 1,4 millions en 2019 et 2 millions en 2040 – impose en effet de trouver rapidement des solutions car les places en établissement d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad) ne sont pas suffisantes. Sans compter le coût financier qui n’est pas supportable pour tout le monde.

Les objets connectés font peur

Les objets connectés devenus des espions. Si les Français sont plutôt favorables à ce mariage entre objets connectés et services à domicile, les freins à leur développement n’en demeurent pas moins importants. 32 % des personnes interrogées estiment que ces produits peuvent les espionner, un chiffre en hausse de 8 points par rapport à 2018. Un sentiment sans doute accentué par la crainte des Français quant à la protection de leurs données personnelles collectées par les applications. Pour Antoine Grezaud, président de la Fédération du service aux particuliers (FESP), la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) et le RGPD (Règlement général sur la protection des données) doivent permettre de contre-carrer les détournements de données. « Dans 10 ans, nous aurons appris à vivre avec les nouvelles technologies », envisage-t-il avec philosophie.

Des objets connectés trop chers. Le prix peut aussi entraver le développement des objets connectés dans l’habitat. La majorité d’entre eux sont en effet coûteux même si les tarifs ont tendance à baisser en raison de la concurrence que se livrent les principaux acteurs. Les propriétaires d’objets connectés sont d’ailleurs majoritairement issus des catégories sociales professionnelles supérieures disposant ainsi d’un pouvoir d’achat supérieur à la classe moyenne. Outre le prix d’acquisition, les coûts d’exploitation peuvent aussi pénaliser l’essor de ces applications censées faciliter le maintien des personnes âgées dans leur logement. « Il faut raisonner en prix d’usage », rappelle Raphäel Tamponnet, directeur du développement à la Poste qui propose déjà des services aux personnes âgées. « Ces objets connectés coutent cher en exploitation car il faut changer les piles et financer le service après-vente ».
Un échantillon représentatif de 1500 personnes a été interrogé du 19 avril au 3 mai par Sociovision.

Les objets connectés ne font pas recette
Excepté la télévision connectée qui équipe 31 % des foyers selon l’étude de Sociovision, les objets connectés ne rencontrent pas un franc succès dans les logements. Les robots ménagers (16 % de taux d’équipement), les systèmes d’alarmes (12 %), la vidéosurveillance (12 %) et la balance connectée et l’assistant intelligent à commande vocale (12 %) figurent parmi les produits les plus achetés par les consommateurs.