Logement durable : le grand écart des Français

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06 Octobre 2021 - Si les Français veulent habiter un logement durable, ils ne sont pas encore prêts à franchir le pas à l’heure d’acheter ou de louer selon la 5e édition du Baromètre Qualitel. La notion d’habitat respectueux de l’environnement est encore méconnue !

De la parole aux actes durables, il y a un pas, voire un saut de géant qui sera nécessaire ! Si 75 % des Français ont en effet à cœur d’avoir un logement respectueux de l’environnement, selon la 5e édition du Baromètre Qualitel, réalisé par Ipsos, ils ne passent pas pour autant à l’acte ! Parmi les 11 critères examinés pour acheter ou louer un logement, le fait que leur bien convoité soit respectueux de l’environnement n’est cité qu’à 4 % ! Les Français privilégient surtout la localisation (64 %), le prix (50 %) et la superficie (42 %), des critères de choix somme toute très classiques.

Une culture indispensable. Pour convertir les Français au logement durable, il faudra faire preuve de pédagogie pour développer leurs connaissances en la matière. Si une consommation énergétique maîtrisée, une isolation thermique performante sont clairement identifiées comme des points indispensables à un logement durable par une majorité d’entre eux, ce n’est pas le cas de certains équipements.

© Qualitel

Le bac à tri a la cote. La pompe à chaleur et la chaudière à granulés sont considérées indispensables par seulement 14 % et 11 % des personnes. Ces appareils utilisent pourtant des énergies renouvelables contrairement aux chaudières gaz ou fioul qui consomment des énergies fossiles émettant des gaz à effet de serre. A contrario, le bac à tri sélectif est cité comme un élément indispensable par 41 % des personnes interrogées et la présence de végétaux par 36 %. Des résultats qui ne surprennent pas outre mesure Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos : « Les Français sont attentifs à ce qui se voie ».

Les transports oubliés. L’impact des transports n’est pas non plus analysé comme une composante importante pour qu’un logement soit considéré comme durable. Ce critère n’est cité que par 17 % des sondés ! « Les transports sont pourtant les plus consommateurs d’énergie », pointe Brice Teinturier qui précise que pour les personnes interrogées, leur foyer n’est pas relié à son environnement. « Il faudra faire de la pédagogie ! » Un constat partagé par Laurent Girometti, directeur général de l'aménageur Epamarne, qui rappelle qu’il aura fallu 50 ans pour que la maîtrise des consommations énergétiques soit acceptée par les Français après le premier choc pétrolier qui avait vu le prix du pétrole s’envoler.

Des logements abordables. Aussi durables soient-ils, ces logements devront être aussi accessibles économiquement. Les maisons neuves qui seront conformes l'an prochain à la réglementation environnementale, la RE 2020, devraient être vendues avec un surcoût de 5 à 10 % selon le ministère de la Transition écologique, un surcoût qui devrait diminuer progressivement avec l'expérience acquise. La marche sera en revanche plus haute pour le parc de logements existants qui devra être rénové d'ici 2050. Des rénovations importantes et coûteuses seront en effet indispensables pour diminuer leur impact carbone. « La dimension économique est essentielle », rappelle Bertrand Delcambre, président de l’association Qualitel. « Le logement durable doit être soutenable pour la planète et aussi économiquement pour tout le monde. Il faut y aller progressivement. »

Aide insuffisante. Si l’aide publique dédiée à la rénovation des logements MaPrimeRénov’ connaît un certain succès - 800 000 sont attendues cette année -, elle finance à 86 % une seule action. « Il manque un coup de pouce pour une rénovation globale », pointe Antoine Desbarrières, directeur de l’association Qualitel. Une augmentation des montants accordés serait en effet la bienvenue pour déclencher des travaux de rénovation d’envergure réalisés en une seule fois, seul moyen de diminuer les coûts tout en maximisant les économies générées.

Des aides à faire connaître. Le prêt avance mutation (PAM), distribué l’an prochain, financera le reste à charge des travaux de la rénovation énergétique. Le montant du prêt étant remboursé lors de la cession du bien ou de la succession du logement. « Il faudra faire connaître ces dispositifs », prévient Thierry Repentin président de l’agence nationale de l’habitat (Anah) qui prône l’implication des collectivités locales comme gage de réussite. « Le message local est plus écouté qu’une communication nationale. Les collectivités locales connaissent celles et ceux qui peuvent bénéficier des aides. C’est essentiel pour aller chercher les invisibles. »

 

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