Les Millennials, tous propriétaires ?

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17 Octobre 2019 - La génération des Millennials revendique son appétence pour la pierre. Menée auprès d’un panel de particuliers âgés de 20 à 40 ans et habitant l’Ile-de-France, une récente enquête Ifop lève le voile sur leurs aspirations immobilières.

La propriété immobilière, un concept totalement dépassé chez la jeunesse francilienne ? Une récente étude Ifop* pour la Chambre des Notaires de Paris vient battre en brèche l’idée selon laquelle les Millennials (nés à partir des années 80) feraient montre d’un désintérêt certain pour l’accession. Près de neuf sondés sur dix (sur un panel de particuliers âgés de vingt à quarante ans) déclarent au contraire avoir le désir d’acheter et près de 70 % aspirent à concrétiser un tel projet dans les cinq prochaines années.  Pas exactement le désamour attendu. Pleins feux sur une génération qui brigue une nouvelle flexibilité du logement sans renier les fondamentaux (capitalisation) revendiqués par leurs aînés.

Des acquéreurs optimistes. Les acquéreurs Millennials adoptent, d’une manière générale, un regard plus optimiste sur le marché immobilier que les générations précédentes. Neuf Franciliens sur dix entre vingt et quarante ans déclarent ainsi avoir une bonne, voire une très bonne image de la propriété immobilière. Des chiffres à nuancer néanmoins car dans le détail ce sont les catégories socioprofessionnelles supérieures les plus enthousiastes. En revanche, pour une écrasante majorité, soit 80 % du panel interrogé, c’est le moment d’acheter !  

La symbolique de la propriété. Faut-il y voir les effets d’un atavisme familial ? Les Millennials franciliens se disent tout particulièrement motivés par le souhait de commencer à se constituer un patrimoine. Peu d’entre eux évoque la notion de plaisir ou d’accomplissement mentionnant au contraire la nécessité de se constituer un filet de sécurité pour ses vieux jours, voire de laisser un héritage à ses enfants. Les membres de la Génération Y sont également attirés par des taux d'intérêt toujours très bas. « Il s’agit d’acquéreurs opportunistes mais très attentifs quant au respect de leur capacité d’emprunt », souligne Jérôme Fouquet, directeur du département opinion et stratégie d’entreprise à l’Ifop.

Un logement flexible. Ces jeunes Franciliens ont par ailleurs tendance à considérer le logement comme un bien de consommation courante avance Virginie Grolleau, journaliste immobilier pour Challenges. Ce dernier doit s’adapter à leur projet de vie. Ils en conçoivent un usage bien plus large et plus souple, un lieu où ils peuvent à la fois créer leur entreprise et recevoir. Une flexibilité qui les pousse pour 29 % d’entre eux à envisager de quitter l’Ile-de-France pour une meilleure qualité de vie et un logement plus grand. Soulignons que l’ambitieux chantier du Grand Paris Express, même s’il bénéficie d’une très forte notoriété auprès des Franciliens, n’est pas de nature à infléchir leur décision.   

Conditions d’accès difficiles. De façon encore plus marquée que chez les autres générations, les moins de 35 ans souhaitant accéder à la propriété ressentent en effet le phénomène de tension du marché : 78 % sont confrontés à la difficulté de trouver un bien qui leur convienne, 65 % font face au choix limité de logements disponibles. Enfin, peu d’entre eux disposent du budget suffisant pour prétendre acheter dans la capitale et trouvent refuge dans les villes de grande couronne (60 % des moins de vingt-cinq ans) et de petite couronne. « Un exode qui ne fait que déplacer la pression en périphérie et dont on mesure déjà les effets », remarque Jérôme Fouquet.  

Aide financière. Face à ces difficultés de financement, la meilleure solution reste encore de se tourner vers la famille quand cela est possible. Une stratégie parentale d’investissement qui permet aux plus jeunes d’être en mesure de réaliser des acquisitions plus importantes. La pratique du coliving, cette nouvelle forme de colocation calquée sur le modèle des bureaux partagés, n’apparaît pas constituer une réponse satisfaisante pour nos Millénnials qui apprécient avant tout le sentiment d’autonomie procuré par son propre logement.  

Dynamique de rachat. Acheteurs éclairés, les membres de la Génération Y ont également une vision stratégique de leur parcours résidentiel selon Virginie Grolleau. Ils font preuve d’une indéniable maturité en s’inscrivant dans une dynamique de rachat. Si la durée moyenne de détention est de l’ordre de huit ans pour les appartements et de dix ans pour les maisons, les prix de vente semblent quant à eux légèrement baisser à mesure que les vendeurs prennent de l’âge. Plus surprenant, ces jeunes pousses de l’acquisition ont conservé une vision traditionnelle de la propriété qui les incite à leur tour à devenir acteurs sur le marché via l’investissement locatif.