Les maisons de campagne séduisent toujours plus de Français

24 Mai 2022 - Près de 136 000 maisons de campagne ont été achetées en 2021 selon la Safer. Les communes rurales confirment leur attrait auprès des citadins qui recherchent des biens spacieux dans un environnement apaisé. Les prix ont bondi de 9,3 % poursuivant leur ascension depuis plusieurs années.

 

Les Français aiment toujours autant les maisons à la campagne ! Les chiffres communiqués ce matin par la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural) témoignent de cette cote d’amour qui ne faiblit pas. Pas moins de 135 790 transactions ont été en effet comptabilisées en 2021 soit un chiffre en hausse de 21,3 % par rapport à 2020.

Une tendance accentuée par la Covid-19. La crise sanitaire consécutive à la Covid-19 n’a fait qu’accentuer l’attrait des Français pour ces biens. « Il y a deux ans, nous avions annoncé qu’une migration des urbains vers les communes rurales allait se poursuivre », rappelait Emmanuel Hyest, président de la Fédération nationale des Safer lors d’une conférence de presse. Il avait raison avant tout le monde !

Des marchés proches des métropoles. Le marché des maisons à la campagne se concentre classiquement sur le quart nord-ouest de la France à savoir la Bretagne, la Normandie mais aussi le littoral Sud-Est sans oublier l’axe rhodanien. Des secteurs qui sont logiquement privilégiés par les habitants des métropoles les plus proches comme la région parisienne pour la Normandie ou encore Marseille pour les communes proches du littoral.

Des département méconnus. Mais depuis peu, d’autres destinations profitent également de cet engouement comme l’Aube (+ 53 % du nombre de transactions), la Haute-Marne (+ 41,6 %). Cette dernière bénéficie sans doute d’une excellente desserte via les autoroutes pour attirer les acquéreurs en quête de quiétude. Plus surprenant : des départements plus centraux comme l’Indre ou encore la Vienne voient leurs transactions fortement augmenter avec des hausses respectives atteignant 40 % et 31 % !

Prix des maisons de campagne en hausse. Cette forte demande a tiré les prix vers le haut. Une maison à la campagne s’est en effet vendue en moyenne 199 000 € soit une augmentation de 9,3 % par rapport à 2020, une évolution inflationniste qui s’inscrit dans une dynamique enclenchée depuis plusieurs années, les prix ayant bondi en 2020 de 6,3 % par rapport à 2019. Preuve de la vigueur de ce marché, cette progression est supérieure à celle observée pour le marché immobilier ancien à l’échelle nationale soit 7 %.

Une hausse qui pénalise les agriculteurs. Cette hausse de prix inquiète d’ailleurs le patron de la Fédération nationale des Safer : « Cette migration a des effets positifs et négatifs », rappelle Emmanuel Hyest  « Il y a la redynamisation des territoires ruraux mais aussi l’augmentation du prix du foncier et donc de l’habitat du jeune agriculteur qui devient plus cher. La pression est plus forte dans les territoires montagnards ou ceux du littoral qui sont soumis à des tensions. Nous aurons besoin d’une nouvelle régulation ». 

Des marchés de report. Si les prix les plus élevés se concentrent toujours dans le bassin parisien, l’axe rhodanien, le littoral atlantique et la vallée de la Loire, d’autres secteurs sont, en revanche, plus inattendus à l’image des Landes (+ 14%). Cette hausse s’explique peut-être par l’afflux d’acquéreurs qui, ne pouvant plus acheter au pays basque comme dans les Pyrénées-Atlantiques, jettent leur dévolu sur ce département où l’immobilier demeure encore accessible.

Prix des maisons de campagne en baisse. Mais cette croissance du nombre de ventes de maisons de campagne ne se traduit pas toujours par une flambée des prix, bien au contraire ! Dans l’Indre ou l’Aube, le prix moyen des logements est resté stable, une stabilité qui s’explique sans doute par une offre conséquente. A l’inverse, les maisons de campagne situées dans les Ardennes ou la Meuse ont vu leur prix baisser respectivement de 3,4 et 6,6 %. Une diminution éventuellement occasionnée par un bâti de moindre qualité générant une consommation énergétique élevée ? Les prochaines études de la Safer apporteront peut-être une réponse.

  

Publié par le
Journaliste chez PAP.fr


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