Le Grand Paris Express dope l’immobilier

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09 Novembre 2018 - Les ventes de logements anciens ont bondi de 36% en 2017 près des gares du Grand Paris Express. Ce métro ultrarapide qui sera mis en service entre 2025 et 2030 a aussi tiré les prix vers le haut.

 

Hausse des prix, augmentation des volumes de vente : l’impact du Grand Paris Express se fait sentir sur le marché immobilier francilien. Selon l’étude de l’Observatoire régional du foncier (ORF), les ventes de logements situés dans un rayon de 800 m autour des soixante-sept gares du futur métro mis en service entre 2025 et 2030 ont bondi de 36% en 2017. Et les prix sont eux aussi orientés à la hausse (+ 6%) pour les gares du GPE et celles de la ligne 11 et Eole. Ce chiffre est d’ailleurs bien supérieur à l’augmentation constatée par les notaires pour la région parisienne, soit 2,8% en 2017.

Les quartiers ont changé. L’effet du GPE sur le marché immobilier est d’autant plus visible qu’en 2015 aucun impact n’avait été constaté par l’ORF sur les transactions. Les raisons ? « Les quartiers proches des gares ont trouvé leur place car les aménagements publics ont pris forme », rappelle Marie-Antoinette Basciani Funestre, déléguée de l’Etat à l’ORF. « Cette dynamique a été aussi entretenue par la livraison de programmes de logements neufs dans ces secteurs. » Les gares de Mairie-Saint-Ouen (ligne 14), Bécon-les-Bruyères, Bois-Colombes et les Agnettes (ligne 15 ouest) font d’ailleurs partie des secteurs les plus dynamiques avec 400 à plus de 630 ventes chacun.

Le GPE en bref
Le Grand Paris Express changera le quotidien des Franciliens. Pas moins de 200 lignes s’ajouteront aux 400 km existantes pour transporter plus vite 2 millions de voyageurs chaque jour. Les temps de parcours seront considérablement réduits. Seules 15 minutes seront nécessaires pour aller de l’aéroport d’Orly à Orsay contre plus d’une heure actuellement. La mise en service du réseau s’échelonnera de 2025 à 2030. Mais il n’est pas exclu que le GPE subisse des retards tant les difficultés techniques rencontrées sur les sites sont nombreuses.

Des prix inférieurs à ceux de la commune. Si le GPE a tiré vers le haut les prix des logements situés près des gares, ces valeurs restent dans la plupart des cas inférieures aux prix pratiqués sur la commune accueillant cette infrastructure de transport. Dans un tiers des gares, les prix sont en revanche supérieurs à ceux pratiqués dans la commune. L’écart de prix entre les logements situés près de la gare Mairie-de-Saint-Ouen et ceux de la commune atteint ainsi 25%. A Massy-Palaiseau, le différentiel s’élève à 21% et à 10% à Versailles-Chantier. Des écarts qui s’expliquent notamment par un phénomène de rattrapage pour Massy, une commune de l’Essonne qui devient de plus en plus attractive grâce à sa desserte en transports en commun avec les RER B et D. Sans oublier l’aménagement de nouveaux quartiers comme ceux proches de la gare du RER. Saint-Ouen poursuit quant à elle son développement dopé par la future connexion avec le GPE.

Le neuf a la cote. Le logement neuf a été l’autre gagnant du GPE ! Plus de 3.000 logements ont été vendus en 2017 dans les quartiers des gares, un volume triplé par rapport à 2016. Ces appartements ont d’ailleurs rapidement trouvé preneurs, un programme neuf situé en métropole (Paris et petite couronne) se vendant en moyenne en 7,6 mois en 2017 contre 8,2 mois en 2016 selon l’ORF. Cette offre commerciale importante a contribué à la maîtrise des prix. Les prix des trois pièces enregistrant une modeste baisse de 0,8% dans les quartiers des gares.

Saint-Ouen : boom immobilier
En 2017, les logements proches de la gare Mairie-de-Saint-Ouen se sont vendus à un prix supérieur de 25% à ceux de la commune selon l’observatoire régional du foncier (ORF). L’effet Grand Paris Express a joué pleinement ! « Les clients savent que les lignes du GPE prévues pour les Jeux olympiques de 2024 devront être terminées », observe Estelle Amram, notaire à Neuilly-sur-Marne. « Les particuliers achètent s’ils se rendent compte que l’échéance est proche. »
Cette attractivité bénéficie aussi de la dynamique urbaine de la ville depuis de nombreuses années. « Saint-Ouen est la commune de Seine-Saint-Denis qui connaît la plus forte hausse des prix de l’ancien », observe la notaire. « Ces derniers ont en effet progressé de 8% entre le deuxième trimestre 2018 et le deuxième trimestre 2017 et de 32% par rapport à il y a cinq ans. » Son excellente desserte avec le métro, le RER, sa proximité avec Paris et ses prix de l’immobilier très attractifs – 4.900 €/m² – ont incité plus d’un Parisien à traverser le périphérique !