La valeur verte des logements : toujours d’actualité ?

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Journaliste chez PAP.fr

La performance énergétique de nos logements joue-t-elle sur le prix de revente ? Les Notaires de France viennent de répondre par l’affirmative dans leur dernière étude sur la question. Toutefois, d’autres critères viennent parfois minimiser ce phénomène.

© FilmFoto/iStock/Getty Images

Comme chaque année, les Notaires de France publient leur étude sur la valeur verte des logements. Alors que les dirigeants de la planète sont réunis à Glasgow pour tenter de réduire le réchauffement climatique, la question de l’efficacité énergétique de nos maisons apparaît comme plus que jamais essentielle. Pour autant, améliorer les performances de notre habitat permet-il également d’augmenter systématiquement le prix de nos logements ? La réponse varie selon la région dans laquelle vous souhaitez vendre et le type de bien que vous possédez. 

En moyenne, selon l’étude, la valeur verte des logements reste une réalité en 2020. Les maisons anciennes classées A ou B sur leur Diagnostic de performance énergétique (DPE) se vendent entre 6 et 12 % plus cher que celles affichant un D. C’est en Nouvelle-Aquitaine que les chiffres grimpent le plus haut. Au contraire, en Île-de-France, cette plus-value apparaît comme moins importante. Les constructions les moins bien isolées (F ou G) perdent entre 8 et 20 % en fonction des régions.

Pour les appartements cette tendance se confirme, certains biens classés A ou B atteignant même jusqu’à 17 % de gain supplémentaire dans le Val-de-Loire. Toutefois en région Paca, aucune surcote n’est constatée sur les appartements répertoriés A, en comparaison avec les D. Ce qui n’empêche pas les appartements F et G de se vendre, eux, avec une decote de 11 %.

© Notaires de France

D’autres critères jouent. La valeur verte n’a pas la même incidence sur tout le territoire. Dans les secteurs où le marché reste tendu, l’emplacement s'impose comme un élément essentiel pour fixer le prix. Ainsi, de manière générale, l’étiquette énergie ne constitue pas toujours un critère déterminant sur le choix d’un logement, mais la variation sur les prix sera plus ou moins sensible selon la région où se situe la vente. Concrètement, dans les zones les plus tendues, les appartements A ou B se vendent en moyenne seulement entre 6 et 9 % de plus que ceux appartenant à la classe D. Dans les secteurs où l’offre et la demande se révèlent plus équilibrées, ces mêmes biens peu énergivores se négocient par contre entre 14 et 21 % de plus.

Programmer (ou pas) des travaux. Beaucoup de Français pourraient être tentés de réaliser des travaux afin de toucher une plus-value lors de la vente. Mais ce calcul se révèle faussé. Aujourd’hui, la rénovation des logements apparaît comme essentielle pour des raisons environnementales, de confort de vie et de réduction des factures. La plus-value ne doit être envisagée que comme un bonus éventuel. En effet, selon le type de travaux prévus et le secteur dans lequel se trouve le bien, le retour sur investissement n’est pas assuré. N’oubliez pas que la rénovation thermique dans l’ancien reste coûteuse et que l’étiquette énergie ne fait grimper les prix que de manière assez limitée. Une petite astuce pour être certain de gagner de l’argent : opter pour une réhabilitation globale et un agrandissement.

Pour les investisseurs. L’étiquette énergie ne suffit pas toujours pour obtenir plus d’argent, mais à terme les investisseurs risquent de voir leur patrimoine fortement dévalué. Ainsi dès 2025, les pires passoires thermiques (classées G) seront interdites à la location. Les logements F suivront en 2028 et les E en 2034. Il reste donc impératif de disposer d’un DPE à jour et de se renseigner sur les travaux les plus urgents à réaliser.


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