Immobilier : pourquoi la rénovation énergétique ne décolle pas

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09 Novembre 2018 - La rénovation énergétique des logements a du mal à se développer dans l’Hexagone ! Les Français méconnaissent les aides financières dont ils peuvent bénéficier. Et les travaux réalisés ne sont pas les plus pertinents.

 

Diminuer la consommation des bâtiments de 28% d’ici 2030 semble toujours plus inaccessible ! La 4e édition du baromètre « Les Français et la rénovation énergétique », réalisé pour monexpert-renovation-energie.fr, en apporte une nouvelle illustration. Les raisons ? Les Français ne privilégient pas les travaux les plus pertinents pour faire baisser leur facture énergétique. Le changement de fenêtres constitue en effet les premiers travaux réalisés par 45% des personnes interrogées par Opinionway, l’isolation des combles arrivant en deuxième position avec 35%. Or les principales pertes de chaleur sont localisées justement dans la toiture selon l’Ademe.

Des aides inconnues. Autre point critique : la méconnaissance des aides financières accordées pour les travaux. 78% des Français ne sont pas en mesure d’en citer une. Un constat d’échec cinglant pour les différentes campagnes d’information de l’Etat et les espaces point info énergie qui conseillent les particuliers. « Les campagnes d’informations nationales ne bénéficient d’aucun relais locaux », observe Matthieu Paillot, président de monexpert-renovation-energie.fr. « Les artisans n’ont ni le temps ni les moyens de prospecter les particuliers. »

Un budget pour débuter. Les aides financières qu’elles soient publiques comme l’Eco-PTZ ou privées permettent pourtant d’amorcer la rénovation énergétique d’un logement. Les personnes souhaitant engager des travaux seraient prêtes selon le baromètre à débourser 2.547 €, un budget qui peut s’élever au total à 7.000 € en incluant les aides financières. « Il faut séquencer sa rénovation en différentes étapes car personne n’a les moyens pour financer en une seule fois une rénovation intégrale qui coûte entre 20.000 et 30.000 € », rappelle Matthieu Paillot. « Les économies générées par la première tranche des travaux permettent de financer une partie des suivants. »

Un suivi indispensable. Pour donner une véritable impulsion à la rénovation énergétique, il faut aussi proposer un accompagnement. Une demande très forte exprimée par 27% (+ 4 points par rapport à 2017) des personnes interrogées qui souhaitent un interlocuteur unique. Ce professionnel les conseillerait aussi bien sur le choix des travaux, l’analyse du devis que le suivi du chantier. Un constat corroboré par l’étude de l’Ademe qui rappellait que 36% des ménages ayant réalisé des travaux permettant de gagner deux classes énergétiques au Diagnostic de performance énergétique estimaient avoir manqué d’accompagnement. La route de la sobriété est encore longue !