Immobilier : les prix résistent à Paris et en Ile-de-France

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Journaliste chez PAP.fr

Avec 46 600 transactions au premier semestre 2022, le marché immobilier francilien se porte très bien. Il a presque trouvé l’équilibre idéal : des ventes records et des prix stables.

© De Particulier à Particulier/PAP

Les derniers chiffres semestriels des Notaires du Grand Paris viennent d’être publiés. Premier constat, le marché immobilier francilien affiche toujours une insolente bonne santé au deuxième trimestre 2022, alors que l’environnement macro-économique, politique et social, s’est nettement obscurci depuis près de six mois. « Les chiffres sont encore au beau fixe », se félicite Thierry Delesalle président de la commission statistique des Notaires du Grand Paris. Et d’ajouter « À plusieurs trimestres exceptionnels devraient succéder des trimestres peut-être pas exceptionnels, mais toujours dynamiques. »

Belle dynamique. D’avril à moi 2022, les volumes de ventes de logements anciens se sont à peine tassés en Île-de-France (- 2 %) par rapport à l’exceptionnel deuxième trimestre 2021. Les principales tendances observées ces derniers mois se prolongent : le marché parisien poursuit son rebond avec un volume de transactions qui progresse de 9 % en un an et des prix qui se stabilisent. Le très haut niveau d’activité n’a pu être maintenu pour le marché de la maison, comme c’était déjà le cas depuis le quatrième trimestre 2021. Le volume de ventes des appartements en Petite et en Grande Couronne reste en revanche particulièrement soutenu.

Paris toujours au-dessus de 10 000 € le mètre carré. La Capitale a enregistré plus de 40 000 ventes en douze mois ! Ce n’était pas arrivé depuis vingt ans ! Et les prix évoluent peu. Pour les notaires, le mètre carré parisien n’est pas près de repasser sous la barre symbolique des 10 000 €. Il s’établit à 10 590 € (- 0,8 % en un an). Et Grégoire Berthou, directeur des études et de la communication chez PAP de confirmer : « pour l’heure, nous n’observons pas de baisse de prix à Paris et en Île-de-France, prix qui restent à un niveau élevé ».

© Chambre des Notaires du Grand Paris

La Petite Couronne s’assagit. Le marché des appartements est aussi très dynamique en Petite Couronne (- 1 % comparé à l'excellent deuxième trimestre 2021), notamment en Seine-Saint-Denis qui enregistre un record de volumes de ventes pour un deuxième trimestre. En revanche, faute d’offre disponible, les volumes de ventes des maisons diminuent de 8 %. Les prix des appartements restent stables (+ 1,2 %) et ceux des maisons inférieurs à l’inflation (+ 4,5%).

La Grande Couronne tire les prix. C’est en Grande Couronne que les hausses de prix sont les plus sensibles. Si les prix des appartements restent globalement stables avec une progression annuelle de 0,7 %, ce n’est pas le cas des maisons avec une augmentation de 5,8 %. Soit la croissance la plus élevée de la région.

© Chambre des Notaires du Grand Paris

L’accès au crédit pose problème. La configuration assez inédite qui se dessine comporte de nombreuses inconnues susceptibles de fragiliser le marché immobilier. « Face à des prix élevés, l’augmentation des taux d’emprunt désolvabilise certains acquéreurs qui doivent revoir leurs projets. On sent que les paramètres qui servaient de carburant au marché jusque-là (taux très bas, absence d’inflation, croissance constante des prix) changent et que le marché est à la recherche d’un nouvel équilibre », précise Grégoire Berthou. Concernant les blocages sur le marché immobilier, les Notaires du Grand Paris estiment qu’ils tiennent surtout « aux difficultés d’accès au crédit lié au taux d’usure et au comportement plus restrictif des banques qu’à la hausse des taux des prêts immobiliers ».

L’inflation grignote le pouvoir d’achat. Avec des salaires désindexés de l’inflation, des prix qui restent élevés et un crédit désormais plus cher, certains acquéreurs pourraient subir une baisse de leur capacité de financement dans les prochains mois.


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