Immobilier : les prix élevés freinent le marché

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29 Juin 2018 - Les ventes dans l’ancien reculent sous l’effet de la hausse des prix. Mais ces derniers devraient se stabiliser cette année. Une bonne nouvelle pour les acquéreurs qui pourront compter sur des conditions de financement très attractives.

 

Le marché immobilier serait-il en train d’atterrir en douceur ? Le scénario esquissé par les observateurs semble pointer à l’horizon. Si les transactions restent toujours soutenues, elles progressent néanmoins vite à l’image du marché immobilier francilien. Selon la dernière note de conjoncture des Notaires Paris Ile-de-France, près de 42.000 logements ont été vendus de février à avril 2018, soit un recul de 3% par rapport à la même période en 2017. « Un chiffre qui reste supérieur de 14% par rapport à la période de haute activité 1999-2007 », tiennent à relativiser les notaires.

La raison de ce ralentissement ? La hausse des prix consécutive à une demande soutenue et à une pénurie de biens ! En Ile-de-France, les acquéreurs ont ainsi vu la valeur des logements progresser de 4,6% d’avril 2017 à avril 2018, selon la chambre des Notaires. Même tendance en régions où de nombreuses villes ont enregistré des hausses importantes entre juin 2017 et juin 2018 comme Bordeaux (9, % sur un an), Lyon (5,6%), Nantes (4,8%) selon une étude de la Fnaim. « La surface habitable qui peut être achetée compte tenu des conditions de crédit et des prix de l’immobilier s’est sensiblement réduite depuis le début de 2016 de 9 m² à Bordeaux et de 6 m² à Nantes », expliquait Michel Mouillard, professeur d’économie et spécialiste de l’immobilier, dans le Journal de l’agence. 

Une hausse modérée ? Si l’immobilier a connu récemment de fortes hausses de prix, les prochains mois devraient voir le mètre carré augmenter moins vite, voire se stabiliser. Dans la capitale, la progression annuelle qui avait atteint 7,5% devrait être ainsi ramenée à 5,2% en août 2018 par rapport à août 2017 selon la chambre des Notaires. En petite et grande couronne, la correction serait encore plus grande. Les appartements devraient voir leur valeur progresser seulement de 1,4% dans la première et de 1% dans la seconde. Les régions devraient elles aussi connaître une progression des prix plus modérée. Selon Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim, la hausse moyenne des prix devrait s’élever à 2% à la fin de l’année dans l’Hexagone. « Il y aura un ajustement mécanique des vendeurs par rapport aux acquéreurs mais les volumes de vente resteront importants, soit 950.000 transactions à la fin juin 2018. »

Financement attractif. Outre des prix plus sages, les acquéreurs pourront toujours bénéficier de conditions de financement attractives. Les taux sont en effet proches de leur plus bas niveau. Fin juin 2018, la moyenne pour les prêts sur 20 ans s'établit à 1,60% hors assurances. Elle était tombée à 1,55% lors de son record absolu à la baisse de novembre 2016.

Banques accommodantes. Les banques, en retard sur leurs objectifs commerciaux, se livrent une bataille rude pour capter de nouveaux clients, le crédit étant le seul sésame pour les faire venir. Et sont plus accommodantes dans l’étude des dossiers de financement qui leur sont proposés par les courtiers en crédits comme le rappelle Cécile Roquelaure, directrice de la communication chez Empruntis : « Plus d’un dossier sur deux de primo-accédants est finançable en 2018 contre 45% en 2017 ». Si certains établissements se montrent moins exigeants sur l’apport, d’autres proposent des prêts sur une durée plus longue pour aider les acquéreurs dont le pouvoir d’achat a été diminué par la hausse des prix. 

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