Immobilier : qui achète des logements ?

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30 Septembre 2019 - Les Français sont très attachés à la propriété immobilière. Qu’ils veuillent préparer leur retraite ou transmettre un bien, l’achat de la résidence principale demeure une priorité comme le révèle une étude d’Harris-Interactive qui a identifié cinq profils.

Préparer sa retraite, réaliser un investissement, transmettre son bien à ses enfants… Les motivations des Français achetant leur résidence principale sont variées à l’image des trajectoires de vie, comme le révèle l’enquête réalisée par Harris Intercative pour les Notaires de France. L’institut, qui a interrogé un échantillon représentatif de 1500 personnes du 28 juin au 8 juillet 2019, a identifié pas moins de cinq profils. Décryptage.

L’acquisition du logement difficile : 26 % des sondés. Les acquéreurs représentant 47 % de ce groupe ont acheté en moyenne à 35 ans soit trois années plus tard que la moyenne des propriétaires (32 ans) en consacrant un budget médian de 139 800 €. C’est l’enveloppe la plus basse des cinq groupes définis par Harris Interactive, un choix dicté par les contraintes financières pesant sur ces propriétaires. Ces derniers accordent en effet une plus grande place au prix du bien. Une acquisition plus tardive leur a aussi sans doute permis d’économiser un peu plus d’argent pour leur plan de financement.

L'immobilier pour bâtir sa retraite. Acheter un logement pour avoir une meilleure qualité de vie ? C’est la philosophie des 24 % des personnes interrogées qui sont à 97 % propriétaires de leur résidence principale. Outre la qualité de vie, cette acquisition est, pour ces derniers âgés de plus 55 ans, indispensable dans la perspective de la retraite. Car ils ne veulent pas être locataire quand la cessation d’activité arrivera.

L’achat d’un logement par opportunisme : 21 % des personnes interrogées. C’est un groupe plus jeune (18 à 34 ans) et plus urbain qui a déjà acheté son appartement dès qu’il en a eu les moyens financiers dans une commune comptant plus de 100 000 habitants. Le budget médian ? 259 100 € soit l’enveloppe financière la plus conséquente des cinq profils, un chiffre logique car les prix de l’immobilier sont plus élevés dans les grandes villes.

La pierre pour se rassurer. 13 % de l’échantillon. Anxieux, ils achètent avant tout pour se rassurer car cette acquisition est vécue comme une nécessité. Pour atteindre cet objectif, ils ont défini une véritable stratégie. Ces propriétaires (67 %) ont en effet accédé à la propriété plus tôt que la moyenne (28 ans contre 32 ans). Et certains ont revendu leur bien pour réaliser une plus-value et financer ainsi leur nouvelle acquisition. Les locataires (31 % du profil) ne sont pas en reste ! 70 % d’entre eux économisent dans l’attente de trouver le bien qui leur conviendra pour passer à l’acte.

Le logement, un patrimoine pour sa famille. 16 %. Pour les propriétaires (43 % du profil), l’achat du logement permet de transmettre un bien à leurs enfants pour qu’ils se constituent un patrimoine. Une décision qui intervient notamment suite au divorce ou à une séparation comme le rappelle Thierry Thomas, président de l’institut notarial du droit immobilier : « Lors du divorce, la résidence principale comptant deux trois chambres, propriété du couple, est vendue. Un bien de taille plus petite est généralement acheté. Ces transactions impactent beaucoup le marché immobilier ».

La propriété immobilière avant tout
Les Français ont la propriété immobilière chevillée au corps ! 96 % des propriétaires actuels envisagent en effet de le rester. La location revenant pour 35 % d'entre eux à jeter de l’argent par la fenêtre. Et pour 33 %, l’immobilier s’apparente à un bon investissement, les Français accordant une place toujours aussi importante à la pierre.
Parmi les locataires, si 66% envisagent de le rester, un tiers envisage en revanche de devenir propriétaire de son logement. La location est rarement un choix. Les Français restent avant tout locataires non pas en raison d’un loyer avantageux (18 % des citations) mais surtout par manque de moyens financiers pour acheter, un motif cité à 59 %. Actée par le gouvernement, la suppression du prêt-à-taux zéro dans les zones B2 et C qui sera effective au 31 décembre 2019, ne les aidera pas. Ce financement dédié au logement neuf est en effet souvent utilisé par les locataires pour financer la construction de leur maison individuelle dans ces secteurs immobiliers non tendus.