Immobilier : le poids injuste de la taxe foncière

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30 Juillet 2018 - Le gouvernement change la donne de la fiscalité locale. Dans trois ans la taxe d'habitation payée par tout le monde va disparaître. Il ne restera plus que la taxe foncière acquittée uniquement par les propriétaires. Le risque pour les acquéreurs est de voir son poids peser de plus en plus lourd dans leur budget.

Si la taxe d'habitation va progressivement disparaître, ce n'est pas le cas de la taxe foncière. Censée être compensée au centime près par l'Etat, elle risque d’augmenter dans les années à venir. Les communes étant tentées de récupérer leur manque à gagner.

Un poids important. « En moyenne, pour les 10 grandes métropoles françaises, la fiscalité locale représente 183 € de plus par mois à acquitter », explique Maël Bernier, porte-parole et directrice de la communication de Meilleurtaux.com. Une somme non négligeable qui mérite d'être bien évaluée avant d'acheter. Concrètement cela signifie que la mensualité moyenne est augmentée de 183 € toute ville confondue ! Une somme malheureusement souvent pas ou mal budgétée.

Des différences locales. Si Paris affiche seulement 97 € supplémentaires mensuels, autant dire rien par rapport aux 3.288 € nécessaires par mois pour s'offrir un 70m 2 au taux actuel. A Bordeaux le crédit de 1.571 € augmentera de 219 € au titre de la taxe foncière. La palme revient à Nîmes et Montpellier où la fiscalité est la plus lourde avec respectivement 230 et 225 € en plus sur la mensualité moyenne.

© Meilleurtaux.com

Injustice sociale. Autre enseignement, plus le prix de l’immobilier est faible, plus le poids de la fiscalité locale est élevé proportionnellement. Des communes sinistrées économiquement ou socialement, habitées par des populations à faible potentiel fiscal sont obligées d'alourdir la fiscalité locale pour faire face à leurs obligations. Ainsi à Saint-Etienne, une ville exceptionnellement peu chère, l’achat d’un 70m2 en incluant taxe foncière et taxe d’habitation, revient à emprunter à un taux de 5% ! A l'opposé, à Paris, le rapport entre prix de l’immobilier et taxes à un impact de 30 points faisant passer le taux de 1,40% (sans taxes) à seulement 1,70% (impôts compris).

Les villes riches sont épargnées. Meilleurtaux.com a par ailleurs estimé le poids de la fiscalité en nombre de mensualités payées en plus chaque année. Là encore, le constat est accablant : c'est dans les villes les plus pauvres que la fiscalité locale renchérit le plus le crédit. Jusqu’à 4,5 mois à Saint-Etienne et plus de 3 mois aux Mans, Angers, Le Havre et Nîmes. « En clair, la fiscalité induit, non pas un remboursement sur 12 mois, mais bien sur 14 mois en moyenne, voire plus !  », constate Maël Bernier. Plus le prix de l’immobilier est élevé, plus le poids des taxes est limité, voire indolore ; ainsi, elles ne représentent qu’environ 1 mois à Lyon et un quart de mois à Paris.