Immobilier : les taux d'intérêt ne compensent plus les prix

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11 Juin 2018 - Alors que les taux d’emprunt sont à des niveaux très bas, les prix continuent d'augmenter. Le pouvoir d’achat immobilier des ménages recule depuis 1 an dans les grandes métropoles françaises.

Un marché immobilier dynamique repose sur trois piliers : la confiance des acquéreurs dans l'avenir, des taux d'intérêt attractifs et des prix en adéquation avec les revenus des ménages. Si les deux premières conditions semblent réunies, le niveaux des prix commence à poser des problèmes. « En 6 mois, les taux ont baissé en moyenne de 19 centimes, soit une diminution de 15% du coût de l’argent pour les emprunteurs », relève Cécile Roquelaure, directrice de la communication et études chez Empruntis, un courtier en prêts. « Pour autant, le pouvoir d’achat immobilier se voit encore rogner. Sur le précédent semestre, nous notions que le niveau bas des taux ne permettait pas aux Français de conserver le même pouvoir d’achat, c’est à nouveau vrai aujourd’hui. Il est impératif que le marché retrouve la raison : dans les grandes métropoles où la demande est forte, les prix constituent un véritable handicap », s'inquiète Cécile Roquelaure.

Des taux bas et des prix qui montent un peu partout. Les taux, malgré leur niveau proche des plus bas historiques, ne compensent plus la hausse des prix. Il faut dire que ces derniers ont grimpé en moyenne de 3,6%, sur ces 6 derniers mois avec néanmoins de très fortes disparités : entre 2% à Strasbourg et 11,3% à Bordeaux. Seule Lille fait figure d’exception avec des prix qui ont reculé de 2,25%.

© Empruntis

L’écart se creuse entre les villes. D'après le courtier, pour le prix d'un 90 m2 à Strasbourg, les acquéreurs ne peuvent acheter qu'un 75 m2 à Lyon. Pour un 75 m2 à Lille, les emprunteurs n'auront qu'un 45 m2 à Bordeaux. Enfin, le grand écart est atteint à Paris puisque que pour 30 m2 on peut s'offrir 110 m2 à Lille. A mètres carrés équivalents, il faut débourser 1,5 fois plus à Bordeaux qu’à Toulouse et 3,2 fois plus à Paris qu’à Toulouse.

Tendance baissière. D'après le courtier, le volume de biens disponibles devrait baisser en raison du ralentissement de la construction (les mises en chantier dans le collectif ont baissé de 6,1% entre le dernier trimestre 2017 et le premier trimestre 2018 selon la FPI. On commence à percevoir les premiers impacts du ralentissement de la demande dont le pouvoir d’achat est contraint : quelques stagnations de prix apparaissent. Pour Cécile Roquelaure, « les banques soutiennent le marché à bout de bras pour capter de nouveaux clients. Cependant, elles ne peuvent pas aller plus loin. C’est désormais au marché de se réguler pour permettre au plus grand nombre d’emprunteurs de revenir ».

Eloignement des centres-villes. Les ménages les moins aisés sont de plus en plus nombreux à devoir s’éloigner des centres-villes pour pouvoir se loger. Ainsi un ménage gagnant 7.000 € peut acquérir un appartement de 59 m2 dans le XVIIIe arrondissement de la Capitale avec un pouvoir d’achat de 499.861 €. Un ménage gagnant 5.000 € ne peut plus acheter un bien équivalent ; il doit franchir le périphérique. Situation confirmée il y a plusieurs mois par la Chambre des notaire d'Ile-de-France qui avait noté des décotes de 40 à 50% lorsque l’on passe des quartiers de Paris jouxtant le périphérique, aux communes de la petite couronne.

© Chambre des Notaires Paris-Ile-de-France

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