Immobilier : le grand écart du taux de propriétaires

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17 Juillet 2019 - L’accession à la propriété diffère fortement d’une ville à l’autre ! Outre les prix de l’immobilier, le niveau des revenus des ménages et l’offre de maison influent fortement.

La France, un pays de propriétaires ? Tout dépend de l’endroit où l’on réside ! Si 58 % des Français possèdent effectivement leur résidence principale -l’un des taux les plus bas en Europe-, ce chiffre ne reflète pas la diversité des situations comme le rappelle une étude réalisée par CM Analytics pour le compte du courtier en crédit Vousfinancer.com et de l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI).

Propriétaire dans les petites villes. Dans la moitié des 34 970 communes de France, plus de 80 % des ménages sont en effet propriétaires de leur résidence principale. Un chiffre qui est fortement corrélé à la taille des villes. Les plus petites -celles comptant moins de 1 000 ménages- affichent un taux de 78 %. A l’inverse, ce taux fléchit à 41 % pour les communes comptant plus de 1 000 ménages.

L’attraction de la maison. Ces différences s’expliquent par plusieurs facteurs comme la composition de l’habitat. Les secteurs comptant un parc de maisons important concentrent les taux de propriétaires les plus élevés à l’image de la Bretagne (66 %) et des Pays-de-la-Loire (64%) qui sont des berceaux de la maison individuelle. Les Français privilégient en effet l’habitat individuel à l'appartement quand ils quittent leur location.

Les prix de l’immobilier. Devenir propriétaire de son logement est aussi plus facile dans les petites communes où l’habitat est généralement bon marché contrairement aux métropoles où les prix sont plus élevés. Mais contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la seule explication !

© UNPI/VOUSFINANCER.COM

Des ressources trop faibles pour acheter. Des villes affichant en effet des prix bas comme Saint-Etienne (951 € le m²) accueillent peu de propriétaires :  41 %. Même phénomène à Saint-Denis, situé en Seine-Saint-Denis, où seuls 23 % des ménagent possèdent leur toit. Pourquoi ? Leurs ressources qui atteignent seulement 14 340 € sont insuffisantes pour devenir propriétaire.

Un parc HLM conséquent. L’importance du parc HLM réduit aussi fortement l’accession dans les villes. C’est notamment le cas de communes comme Nanterre (Hauts-de-Seine) où 49 % des ménages sont locataires du parc social, soit un taux de propriétaires de 26 % ! Un chiffre qui augmente cependant avec le lancement de nombreux programmes immobiliers sous la houlette du maire Patrick Jarry qui souhaite développer l’accession à la propriété sur son territoire. La population étudiante pèse aussi sur le taux de propriétaires à l’image d’Angers. Située dans le Maine-et-Loire, elle compte pas moins de 48 % d’étudiants sur son territoire tirant ainsi vers le bas l’accession à la propriété (32 %).

 

Une offre bancaire à adapter pour emprunter
Pour développer l’accession à la propriété qui stagne depuis 10 ans dans l’Hexagone, Sandrine Allonier, directrice de la communication de Vousfinancer.com appelle les banques à modifier leur offre bancaire : « Les jeunes accèdent à la propriété en moyenne à 33 ans alors qu’ils entrent sur le marché du travail à 25 ans. Les offres des banques ne sont plus adaptées au marché du travail alors que 86 % des recrutements s’effectuent en contrat à durée déterminée (CDD). Sans oublier les travailleurs non-salariés et les auto-entrepreneurs qui ont du mal à emprunter. Une frange de la population ne peut plus devenir propriétaire ! ».