Immobilier : le défi du remplacement des chaudières fioul

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15 Février 2019 - Remplacer 600.000 chaudières fioul en deux ans est un challenge ! Si le gouvernement a fixé un objectif ambitieux, il faudra que les installateurs répondent présents et que tous les particuliers concernés aient envie de changer de chaudière.

 

La pompe-à-chaleur fait partie des équipements éligibles aux aides gouvernementales pour le remplacement des vieilles chaudières fioul.

L’objectif du gouvernement de remplacer 600.000 chaudières fioul en deux ans sera-t-il atteint ? Rien n’est moins sûr ! Pour aider les ménages les plus modestes, l’Etat a pourtant mis les bouchées doubles en lançant fin janvier une offre à un euro leur permettant de remplacer leur chaudière fioul par une chaudière gaz ou une pompe à chaleur. Mais les modalités pratiques des deux dispositifs ne sont toujours pas connues alors que des particuliers ont d’ores et déjà contacté des organisations professionnelles comme la Capeb pour en bénéficier. Cette structure qui regroupe les petites entreprises du bâtiment, notamment les installeurs comme des plombiers chauffagistes, était d’autant plus surprise qu’elle n’avait pas été informée de cette initiative gouvernementale comme d’ailleurs les industriels.  

Energie : des coûts oubliés ? Patrick Liébus, président de la Capeb, pointe le risque que ces offres très attractives sur le papier n’englobent pas tous les coûts induits par la pose de ces appareils. « L’installation d’une pompe à chaleur nécessite par exemple une puissance électrique plus importante qui occasionnera pour le particulier un changement d’abonnement du compteur. Ce produit comme les chaudières gaz doit être entretenu chaque année, ce qui induit la souscription d’un contrat d’entretien soit 150 à 200 € par an. » De même, la cuve de fioul devra être aussi enlevée. Si ce n’est pas possible, elle devra alors être neutralisée par un remplissage de sable ou de ciment liquide dans l’intégralité de son volume, soit une facture de 1.500 à 2.000 €. Des dépenses que ne pourront certainement pas supporter les ménages aux revenus très modestes ciblés par ces dispositifs censés faciliter la transition énergétique.

Chauffage : des installateurs au rendez-vous ?  D’autres organisations comme Uniclima, syndicat des industriels thermiques et aérauliques, s’interrogent sur la capacité des installeurs à faire face à une hausse de la demande. Pour mémoire, 96.000 pompes à chaleur air/eau destinées au chauffage ont été vendues en 2018. Si ce générateur de chaleur captait moins de la moitié de ce marché de remplacement, il faudrait installer 100.000 Pac supplémentaires. Actuellement, 6.500 entreprises bénéficient de l’appellation de qualité Qualipac qui garantit la qualité d’installation des pompes à chaleur, ces professionnels représentant une bonne partie du marché. « C’est clairement insuffisant pour répondre à une forte hausse de la demande », a rappelé Jean-Pascal Chirat, vice-président Fédération française des négociants en appareils sanitaires. Une crainte que ne partage pas le patron de la Capeb, la demande de pompes à chaleur ne devant pas selon lui s’envoler dans les prochains moins. « Tant que leur chaudière fioul fonctionne, certains particuliers n’en changent pas. Ils la remplacent uniquement quand elle tombe en panne. Les particuliers n’ont pas le même rapport qu’avec leur voiture. Une prime les incite à acheter un véhicule neuf alors que le leur peut encore rouler. »

Une nouvelle offre de financement pour son chauffage
Pour capter ce marché de la rénovation, plusieurs acteurs, à l’image des énergéticiens, proposent des offres de financement réduisant le reste à charge pour les ménages les plus modestes. La confédération artisanale des petites entreprises du bâtiment (Capeb) planche sur une offre qui devrait être effective en mars. Ce package comprendra l’achat, la pose et l’entretien de l’appareil, le client payant chaque mois un loyer comme une voiture achetée dans le cadre d’une location avec option d’achat (LOA).