Immobilier : la revanche des villes moyennes

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04 Janvier 2021 - Et si la Covid-19 et ses deux confinements étaient le détonateur que les particuliers attendaient depuis longtemps pour changer de vie ? Et si les villes moyennes étaient les grandes gagnantes de la pandémie et de la crise économique ? Sous l’angle du pouvoir d’achat immobilier, une étude Meilleurtaux.com confirme cette tendance.

Études après études, les observateurs de l’immobilier arrivent tous au même constat : la crise sanitaire a modifié le comportement des acquéreurs. Après deux confinements, les urbains sont à la recherche de logements dans les villes moyennes, à taille plus humaine, dynamiques, mais proches des grandes villes. C’est au tour de Meilleurtaux.com de confirmer cette tendance dans une étude qui passe au crible l’évolution du pouvoir d’achat immobilier dans les vingt plus grandes villes de France entre décembre 2019 et décembre 2020. Résultat : pour 1.000 € de remboursement par mois, soit 222.803 € empruntés (à 0,75 % sur 20 ans), le pouvoir d’achat varie de 1 à 7 (Saint-Etienne/Paris). En l’espace d’un an, des marchés immobiliers atones sont devenus dynamiques. La Covid-19 aurait-elle vaincu le triptyque métro-boulot-dodo tant honni par de nombreux citadins ?

Le marché s’est déplacé. La crise sanitaire aura provoqué un grand jeu de chaises musicales dans le secteur de l'immobilier. Pour Maël Bernier, directrice de la communication et porte-parole de Meilleurtaux.com, « Le confinement a été déterminant pour bon nombre d'acquéreurs. Ils préfèrent quitter leurs logements exigus, comme c'est souvent le cas dans les grandes villes, pour davantage d'espace. La proximité de la mer plaît beaucoup. En outre, le développement croissant du télétravail facilite aussi les départs des grandes métropoles ; c'est pour cela que les villes qui attirent font face à une hausse des prix auxquelles elles n'étaient pas forcément préparées ».

Paris séduit moins. Paris se vide et perd des habitants depuis déjà de nombreuses années mais la crise sanitaire a accéléré ce mouvement. Les écoles ont par exemple perdu plus de 3.000 élèves à la rentrée de septembre (entre 2010 et 2020, c'est 19.000 habitants de moins). Un signe qui ne trompe pas, le pouvoir d’achat immobilier augmente dans la capitale. Pour 1.000 € par mois, on peut « s’offrir » 21 m². C’est un mètre carré de plus qu’il y a un an et Paris est la seule ville de France à gagner de la surface, même si son prix moyen s’établit à 10.400 €/m². « Paris a beau être très attractive économiquement et culturellement, elle a tout de même sa part d'ombre, estime Maël Bernier. Le coût de la vie et l'immobilier y sont particulièrement élevés. Les familles préfèrent donc partir en province» De quoi effectivement faire réfléchir. Et puis être propriétaire à Paris n’est peut-être plus un marqueur de réussite sociale aussi fort qu’auparavant.

Les villes moyennes sont les grandes gagnantes. En revanche, habiter à 1 h 30 de Paris, au calme, dans une ville à taille humaine, avec de la verdure et le chant des oiseaux séduit de plus en plus. Et surtout avec un pouvoir d’achat en mètres carrés nettement supérieur. Le Mans et Angers attirent de nombreux Franciliens en quête d'espace et de calme. Là encore le baromètre de la loi de l’offre et de la demande donne la tendance (un baromètre ne donne pas le la). Le Mans, deuxième du classement en termes de pouvoir d'achat immobilier, a perdu 14 m2 en un an, passant de 123 à 109 m2. Toulon, sur la Côte d'Azur, et deuxième port français, attire aussi. La ville côtière a donc perdu 11 m2 en un an. Angers, de par sa proximité avec La Baule et l'océan, a perdu 16 m2 de pouvoir d'achat. « Les Français peuvent désormais donner plus d'importance à la qualité de vie », explique Maël Bernier.

La loi de l’offre et la demande tire les prix à la hausse. Saint-Etienne, première du classement depuis de nombreuses années avec le pouvoir d'achat immobilier le plus élevé de France, perd pour la première fois 6 m2 en 2020 par rapport à 2019 (159 m2 vs 156 m2). Nîmes et le Havre, troisième et quatrième, perdent respectivement 7 et 8 m2. Montpellier, Nantes et Marseille, trois villes proches de la mer et de l'océan, perdent, pour les deux premières, 8 m2 et 6 m2 pour la dernière. Lille, ville très étudiante et dynamique, perd aussi 6 m2. Avec environ 2.700 € le mètre carré, Reims, Dijon et Grenoble perdent chacune 4 m2 de pouvoir d'achat. Toulouse, Strasbourg et Rennes, à 3.700 €/m2 environ, perdent pour la ville rose, 4 m2 et 3 m2 pour les suivantes. Bordeaux et Lyon, dix-huitième et dix-neuvième du classement, attirent toujours autant. A environ 5.000 €/m2, elles perdent respectivement 2 et 4 m2.

© Meilleurtaux.com

 

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