Immobilier en Île-de-France : retour à la normale ?

01 Juin 2022 - Les derniers chiffres de la Chambre des notaires du Grand Paris viennent d’être dévoilés. Les acheteurs reviennent dans la capitale et les ventes de logements sont toujours à un haut niveau. Cerise sur le gâteau, les prix ne s’envolent plus !

La dernière note de conjoncture de la Chambre des Notaires peut se résumer en quelques mots : un marché dynamique et des évolutions de prix modérées. « Le nombre de ventes de logements anciens du premier trimestre 2022 est équivalent à celui de l’excellent premier trimestre 2021 », détaille Thierry Delesalle, président de la Commission des statistiques immobilières et notaire à Paris. Et de préciser : « contrairement à ce qui a été écrit ici ou là, il n’y a pas d’effondrement du marché ! Mieux, il semble même retrouver des fondamentaux beaucoup plus sains. »

Un marché régional globalement dynamique. Avec 39.860 ventes enregistrées, les volumes des trois premiers mois de 2022 sont stables par rapport à la même période en 2021 (+ 1 %) et même supérieurs de 12 % par rapport au premier trimestre moyen de ces dix dernières années. Dans le détail, au premier trimestre 2022, les ventes d’appartements se sont consolidées en Petite Couronne (+ 1 %) et en Grande Couronne (+ 2 %). Elles restent par ailleurs supérieures à la moyenne de ces dix dernières années (respectivement + 7 % et + 23 %). En revanche, le marché de la maison semble s’essouffler après, il est vrai, une euphorie depuis le premier confinement.

Paris : ventes en hausse et prix en baisse. Avec près de 9.000 transactions au premier trimestre 2022, le marché parisien retrouve des couleurs. Il enregistre une progression de 18 % en douze mois. « Le marché parisien est le plus dynamique d'Île-de-France. Il est supérieur de 13 % à la moyenne des dix dernières années », constate Thibault Gallot-Lavallée, notaire à Neuilly-sur-Seine. Mais paradoxalement, les prix continuent à s’éroder trimestre après trimestre pour atteindre à 10.520 €/m² au premier trimestre 2022 (- 1,2 % en un an). Des prix corroborés par ceux observés sur PAP où le mètre carré moyen parisien s’établit à 10.375 €.

La petite couronne se porte bien aussi. De l’autre côté du périphérique parisien, le marché des appartements est également dynamique. Il augmente de 1 % par rapport au premier trimestre 2021. Et c’est en Seine-Saint-Denis qu’il croît le plus avec une accélération de + 16 %. L’explication est à aller chercher du côté des prix. « Avec un mètre carré à 4.110 €, c’est le département le moins cher de la Petite Couronne », précise maître Thibault Gallot-Lavallée. En revanche, les ventes de maisons sont en baisse de 8 %, sans doute par manque d’offres. Côté prix, ils ont progressé de 2 % en un an pour les appartements et de 4,9 % pour les maisons.

La Grande Couronne attire toujours. Que ce soit pour les appartements ou les maisons, les volumes de vente restent élevés. Avec 8.810 appartements vendus, on atteint un record. Malgré une baisse dans tous les départements, les volumes de ventes de maisons restent toujours très élevés. En un an, les prix des appartements y ont augmenté de 4,8 % et retomberaient selon les notaires à 4 % en juillet. En revanche, la demande sur les maisons tire toujours les prix à la hausse (+ 6 %). L’effet télétravail se fait toujours sentir.

Avenir incertain. Seule ombre au tableau, la guerre en Ukraine et ses conséquences : accélération de l’inflation, hausse des taux d’intérêt et faible croissance pourraient peser, à terme, sur la solvabilité des ménages. Ce climat anxiogène et incertain confirme tout l’intérêt d’être propriétaire. « La pierre s’affirme plus que jamais comme une valeur refuge et un certain nombre d’acquéreurs anticipent une probable hausse des taux dans les mois à venir », explique Thierry Delesalle.

Publié par le
Journaliste chez PAP.fr


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