DPE : le parc immobilier français est globalement mal classé

Publié par
le
Journaliste chez PAP.fr

Le Ministère de la transition écologique vient de publier une photographie des DPE des logements français. Manifestement on est encore très loin de l’objectif d'un parc immobilier entièrement rénové aux normes « bâtiment basse consommation » à l'horizon 2050.

© PAP

Depuis 2006, le (DPE caractérise la performance énergétique des logements en évaluant leur consommation d’énergie primaire. Il s’inscrit dans le cadre de la politique européenne de réduction la consommation d’énergie des bâtiments et de limiter les émissions de gaz à effet de serre. À partir de 310 000 DPE collectés par l’Ademe sur la période de décembre 2021 à mars 2022 et des données fiscales, le Ministère de la transition écologique a réalisé un instantané de l'état de parc de logements. Manifestement on est encore loin des objectifs fixé par la loi de transition énergétique qui vise, à l’horizon 2050 la généralisation du standard « bâtiment basse consommation ».

© CGDD/SDES 2022 - Bertrand Gaillet

Le DPE, un bon indicateur. L’étude se base sur les nouveaux DPE. Depuis octobre 2021 leurs modalités de calcul ont été modifiées. L’étiquette énergétique (A, B, C, D, E, F et G) est désormais calculée en fonction de deux facteurs : l’énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre. Le DPE décrit le logement (surface, orientation, matériaux des murs, des fenêtres, etc.), ainsi que ses équipements de chauffage, de production d’eau chaude sanitaire, de refroidissement et de ventilation. Les usages électriques pour l’éclairage et les auxiliaires sont également pris en compte.

Un parc immobilier énergivore. Le parc immobilier français est ancien. D’après les premiers résultats de l’enquête, sur les 30 millions de résidences principales recensées en France seules 1,5 million d’entre-elles (5 % du parc) seraient peu énergivores (étiquettes A et B). À l’opposé, environ 5,2 millions de logements (soit 17 % du parc de résidences principales) seraient des « passoires énergétiques » (étiquettes F et G du DPE), et environ 0,5 million des logements seraient très énergivores avec une consommation annuelle d’énergie finale supérieure à 450 KWh/m²/an. L’étiquette D est la plus fréquente (32 % du parc), les étiquettes C et E représentent respectivement 24 % et 22 % du parc.

© CGDD/SDES 2022 - Bertrand Gaillet

Plus de passoires thermiques parmi les maisons. Dans ce panorama les passoires énergétiques (étiquettes F et G du DPE) sont plus fréquentes parmi les maisons individuelles que dans les logements collectif (19,6 % contre 14,5 %). Leur compacité, c'est-à-dire le rapport de la surface déperditive par rapport à la surface habitable plus élevée que dans le collectif explique une part du mauvais classement. Mais leur mode de chauffage encore souvent au fioul, dont les performances en termes d’émissions de GES sont mauvaises, les pénalise aussi.

© CGDD/SDES 2022 - Bertrand Gaillet

Des résidences secondaires mal classées. Autre enseignement, ce sont les résidences secondaires et les logements vacants qui sont les plus mal classés. Près de 55 % sont classés E, F et G, contre 39 % pour les résidences principales. Près 32 % des résidences secondaires, soit 1,2 million de logements, et 27 % des logements vacants, soit 0,8 million, sont estimés être des passoires énergétiques (étiquettes F et G). Au total, sur l’ensemble du parc des logements, le nombre de passoires est estimé à 7,2 millions (19,5 %).

Les petits logements ont plus de mauvais DPE. À rebours de quelques idées pré conçues ce sont les logements les plus petits qui sont les plus énergivores ! Près de 34 % des biens de moins de 30 m² ont une étiquette F ou G, contre seulement 13 % des logements de plus de 100 m2. Plusieurs raisons expliquent ces mauvais classements. D’abord ils sont souvent plus densément occupés, la consommation d’eau chaude sanitaire ramenée au mètre carré de surface du logement est plus importante. Et disposant très souvent de surfaces de parois déperditives importantes par rapport à leur surface habitable, les pertes de chaleur donc les consommations de chauffage sont plus importantes ramenées au mètre carré de surface du logement.

© CGDD/SDES 2022 - Bertrand Gaillet

Maprimerenov’ rate sa cible. Seule solution pour accélérer les rénovations et améliorer leur efficacité pour atteindre à l’horizon 2050 un parc immobilier mieux classé : mieux cibler les aides. Or selon un récent rapport de la Cour des comptes, parmi les 644 000 dossiers financés en 2021 seuls 2 500 logements sont sortis du statut de passoire thermique (des biens notés F, G ou E) au lieu des 80.000 prévus en 2021. Soit 0,39 % ! On est encore très loin du compte !


La rédaction vous conseille


Je suis locataire

Je suis propriétaire